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Transfert des profs : allégations d?ingérence politique
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Transfert des profs : allégations d?ingérence politique
L?exercice de transfert et d?allocation des classes des enseignants au primaire serait perturbé par des ingérences po- litiques. C?est ce qui est soutenu par certaines sources au ministère de l?Education et au sein des syndicats. Toutefois le ministère de l?Education invite ceux qui font des allégations dans ce sens de venir avec des preuves pour enquête.
La situation serait à ce point grave que la Mauritius Head Teachers? Union (MHTU) compte manifester devant le quartier général du ministère à l?IVTB House, à Phoenix. «Il y a trop d?interférences politiques au niveau des allocations des classes et des transferts de profs, se plaint Bhoseduth Ramsewak, président de la MHTU. Cela cause un mécontentement général chez des maîtres d?école. Comment pourra-t-on gérer un prof qui bénéficie d?une protection d?en haut ?»
Plusieurs cas sont cités dont celui d?une école primaire du gouvernement, à Flacq. «J?ai eu deux coups de fil, un d?un député et l?autre du bras droit d?un ministre. Ils m?ont dit de faire le nécessaire concernant un enseignant qui voulait une autre classe. Je n?ai pu que céder», affirme le maître d?école de l?établissement.
Une autre source, d?une zone directorate du ministère confirme : «Cette année, nous avons eu beaucoup d?interventions à haut niveau et notamment au niveau des écoles primaires les plus populaires.» On cite, d?ailleurs, le cas de la nièce d?un ministre qui vient d?être transférée, grâce à un petit coup de pouce, d?une école du Nord vers un établissement coté de la capitale.
«Des ordres venus d?en haut»
Même constat du côté de la Government Teachers? Union (GTU) où le président, Vinod Seegum, avance que les procédures habituelles n?auraient pas été respectées. Les règles veulent que les transferts des enseignants soient discutés et avalisés par une instance connue comme le «comité transfert» composé des éléments de la GTU et des inspecteurs.
«Il y a aussi d?autres transferts qui ne figurent pas sur la liste que nous avons avalisée mais qui ont eu lieu. Lorsque nous avons demandé des explications, certains inspecteurs nous ont avoué que les ordres venaient de très haut et qu?ils n?y pouvaient rien», allègue Vinod Seegum. Il va plus loin en disant : «Des députés m?ont aussi appelé pour me demander si je pouvais les aider à transférer tel ou tel prof mais je n?accède pas à ce genre de demandes.»
Les enjeux sont grands. Pour un prof, qui donne des leçons particulières durant son temps libre, la classe et l?école allouées sont d?une importance capitale. Si cet enseignant est posté dans une école cotée et s?il enseigne dans une classe d?upper-primary, il sera assuré de récolter pas mal d?argent grâce aux leçons. Aussi, certains n?hésitent pas à se faire «parrainer» pour une bonne classe dans une bonne école.
Chaque année, l?exercice de transfert occasionne des polémiques et son lot d?allégations, mais cette fois-ci les plaintes semblent plus nombreuses. C?est du moins ce qui est avancé de part et d?autre.
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