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Tout nettoyer à La Nouvelle-Orléans, un préalable aux retours

29 septembre 2005, 20:00

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Les autorités de La Nouvelle-Orléans veulent voir revenir ses habitants, mais pas avant l’enlèvement de la montagne de détritus répandus par deux ouragans successifs. La cité berceau du jazz est jonchée de maisons détruites et de voitures endommagées. On estime qu’il faudra déblayer 22 millions de tonnes de détritus, dont une grande partie sont toxiques ou dangereux et nécessitent une prise en charge particulière. Jim Pogue, un porte-parole du Génie militaire, a déclaré mercredi que les débris répandus par l’ouragan Katrina dans tout le sud-est de la Louisiane pourraient remplir 3,5 millions de camions.

Placés à la queue-leu-leu, ces camions couvriraient la circonférence de la Terre et il en resterait pour couvrir la distance entre New York et Denver. Après le passage de Katrina, le 29 août, sur les côtes du Golfe du Mexique, Rita a balayé le week-end dernier une région située plus à l’ouest, détruisant de nouvelles maisons avec leur contenu. On ignore encore dans ce secteur quelle sera l’ampleur des opérations de déblaiement.

Les personnes qui avaient fui les ouragans et qui rentrent chez elles ne trouvent parfois rien qui vaille la peine d’être conservé, et, par dépit, jettent souvent tout dans leur cour. Kenny Deluane, 51 ans, habite à St. Bernard Parish, à l’est de La Nouvelle-Orléans. Muni de bottes et d’un masque respiratoire, il a traîné ses meubles - à peine reconnaissables – hors de sa maison. Le dégoût se lit dans son regard. “Je ne peux pas déblayer ça et je ne paierai pas quelqu’un pour le faire”, dit-il. “Ce n’est pas ma faute si la maison est inondée.”

<B>“C’était ma maison”</B>

A quelques rues de là, Lisa Ramos pleure. Cette femme de 36 ans a pris dans ses bras tout ce qu’elle a pu sauver: un parapluie, une boîte de pièces anciennes recouverte de coquillages, deux plaques commémoratives et une liasse détrempée de chèques annulés, et elle est repartie. “On ne peut rien récupérer d’autre”, sanglote-t-elle. “C’est affreux de voir ça. C’était ma maison.” A La Nouvelle-Orléans, on estime à 160 000 le nombre de maisons endommagées au point de ne plus être réparables, et il se pourrait que 300 000 voitures aient été abandonnées.

La plupart des débris ont baigné dans un mélange peu ragoûtant qualifié de “soupe bactérienne” par le ministère de l’Environnement : les inondations se sont mêlées à des eaux usées issues d’une vingtaine d’usines de retraitement détruites. Les opérations de nettoyage pourraient prendre un an, selon le Génie militaire, et coûter 1,5 milliard de dollars.

Selon un porte-parole de l’Agence fédérale de gestion des urgences (Fema), cette dernière est encore en train de faire les calculs pour Rita. Les dégâts causés par cet ouragan, qui n’a pas frappé de grand centre urbain, sont cependant bien moindres. Le Génie militaire travaille avec les résidents des régions touchées. Certaines disposent déjà de plans de déblaiement tandis que d’autres peinent encore à retrouver leurs esprits. “Nous faisons tout notre possible”, assure le porte-parole du Génie. “Nous voulons déblayer au moins autant que les habitants.”

Ce serait simple s’il s’agissait seulement de raser les bâtiments détruits. Mais l’on doit condamner officiellement les maisons une par une, puis les démanteler morceau par morceau. Dans chaque maison, les ouvriers devront en outre manipuler avec précaution les quelque litres de substances toxiques qu’on trouve généralement sous les éviers: détachant, pesticides, javel, etc. Pour ce qui est des voitures, elles doivent être asséchées, le fréon retiré des systèmes de climatisation, les pneus enlevés et toute trace de mercure effacée avant que les épaves ne partent à la casse.

Ellen WULFHORST</B>

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