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Tout feu, tout flamme!
Une jeune femme épanouie, qui pourrait discourir des heures sur la JCI et ses bienfaits pour ses membres et la communauté, c?est tout Aruna Pulton-«C?est une passion, ça vous prend?», assure-t-elle les yeux pétillants d?enthousiasme.
A l?entendre, avant de faire partie de la JCI, elle était très timide. Elle n?arrivait pas prendre des décisions, et encore moins à travailler en équipe ou à faire confiance aux autres, résultante d?une enfance et d?une adolescence surprotégée du fait qu?elle soit la benjamine de quatre enfants.
Etat qui ne l?empêche toutefois pas de poursuivre ses études secondaires, filière scientifique, au Queen Elizabeth College. Et de se rendre à l?étranger après avoir terminé sa Form VI pour entamer une licence en chimie et en mathématiques. Cependant, au bout de trois mois, Aruna prend littéralement ses jambes à son cou et rentre au pays natal poursuivre des études similaires à l?Université de Maurice. A l?époque, elle veut être ingénieur textile car il y a un boom dans ce secteur.
Sa licence obtenue, elle prend le premier emploi qui s?offre à elle, à savoir responsable du contrôle de qualité dans un laboratoire de cosmétologie. Si la nature du travail lui plaît, son côté solitaire lui pèse. «J?étais seule à travailler dans le laboratoire. J?ai tenu trois ans.
A la fin, je parlais à mes pipettes et à mes burettes», se remémore-t-elle en riant.
L?aspect contrôle de qualité lui ayant beaucoup plu, Aruna poursuit ses études en assurance de qualité, se familiarisant notamment à toutes les normes de certification ISO auprès de l?Industrial and Vocational Training Board. Son diplôme obtenu, elle suit des cours approfondis en assurance de qualité auprès de plusieurs organismes comme la Société Générale de Surveillance.
C?est durant cette période qu?elle entend parler de la JCI et de ses bienfaits pour ses membres qui doivent avoir entre 18 et 40 ans, de même que pour la communauté bénéficiant de ses projets. Elle se fait admettre au sein de l?organisation locale à Quatre-Bornes et suit les cours d?introduction et toutes les formations offertes par cette organisation et qui sont destinées à renforcer leurs capacités de leadership et leur esprit d?entreprise. C?est là qu?elle se découvre des aptitudes pour la formation. Au fil des années, elle devient formatrice nationale. «On dessine des modules de formation. On forme. On dirige et on pousse les autres à contribuer au bien-être de la société. On devient un citoyen actif. C?est extraordinaire».
Professionnellement, Aruna se joint à une institution bancaire en tant que Quality Officer et met en place les procédures d?ISO 9002, système de gestion de qualité, au sein de quatre départements traitant avec l?international, à savoir le e-banking, l?offshore, le commerce international et le security. Le temps pour elle d?établir des procédures pour les autres départements, elle se laisse débaucher par un groupe hôtelier qui la nomme Quality Manager. Elle a la responsabilité d?introduire des systèmes de gestion de qualité dans deux hôtels.
Dans ces établissements, elle applique l?ISO 9001, qui est la progression de l?ISO 9002, l?ISO 22000 qui a trait à la sécurité alimentaire, l?ISO 14000 qui concerne l?environnement et le Total Quality Management, qui est un système de gestion totale de qualité, conçu selon le modèle de l?expert américain Malcolm Baldridge. Ne serait-il pas plus judicieux de commencer avec l?application du système global de qualité? A cela, Aruna explique que l?ISO 9001 est comparable à un squelette. «L?ISO 9001 est une base très solide pour la qualité. C?est comme un squelette. Le Total Quality Management est la chair et le gras que l?on vient poser sur le squelette. Une fois la base établie, on vient ajouter d?autres normes en fonction de la demande du client ».
Le client se laisse convaincre plus facilement du bien-fondé de ces normes quand Aruna enrobe son argumentaire dans un papier d?emballage émotionnel. «Ces procédures rationnelles viennent changer des habitudes établies. Pour que la pilule passe mieux, il faut toujours montrer au client et aux employés ce que cela va leur apporter non seulement en terme de rentabilité mais aussi en terme de développement personnel. C?est en faisant appel à leur esprit mais aussi et surtout à leur c?ur que l?on parvient à les faire accepter».
Ce qu?elle apprécie dans son travail, c?est le fait de créer des procédures à partir de l?existant ou parfois du non-existant. «Parfois, il s?agit d?ajouter des normes sur un système qui existe déjà. D?autres fois, il n?y a rien qui soit en place. Il faut alors partir de zéro, créer et former aux procédures. J?adore ces deux aspects de mon travail».
Du côté de son engagement auprès de la JCI de Quatre-Bornes, elle finit par présider cette organisation au niveau local et à l?échelon national et à passer formateur international pour la JCI. Ce qui l?amène à beaucoup se déplacer en Afrique et à côtoyer des ténors parmi les formateurs. Aruna s?investit tellement dans ces activités pourtant bénévoles, qu?elles finissent par la propulser dans les hautes sphères de la JCI.
Ainsi en 2006, elle est élue vice-présidente internationale et a la responsabilité de veiller au bon déroulement des organisations nationales de 10 pays d?Afrique du Sud, de l?Est, de Madagascar, des Comores et de Maurice. Et à la fin 2007, elle est élue Executive Vice President de la JCI pour la zone Afrique et Moyen- Orient. Elle est impliquée dans tout ce qui se décide pour les organisations nationales de cette zone en particulier. «Mais j?ai aussi mon mot à dire par rapport aux autres zones».
<I>«On dessine des modules de formation. On forme. On dirige et on pousse les autres à contribuer au bien-être de la société».</I>
Pour ne pas empiéter sur sa vie professionnelle, elle prend ses vacances pour se déplacer en tant qu?Executive Vice President et en profite aussi pour assumer son rôle de formatrice internationale. D?ailleurs, elle aborde les autres membres avant tout en tant que formatrice internationale. «Lorsque l?on monte dans la hiérarchie de la JCI, (NdlR : il n?y a que quatre Executive Vice Presidents après le président de la JCI) les membres ont tendance à vous mettre dans une tour d?ivoire. Je préfère me présenter d?abord comme formatrice internationale et cette approche facilite les choses».
Comme la JCI a signé une Convention avec le Pacte Mondial des Nations unies, dont un des thèmes-phares est la responsabilité sociale des entreprises, elle encouragera les organisations nationales des pays tombant sous sa responsabilité à promouvoir ce concept.
Vu la manière exaltée dont elle s?exprime à propos de la JCI et de son fonctionnement, on s?étonne qu?elle rejette l?idée de se positionner pour devenir présidente de cette organisation internationale à la fin de son actuel mandat. «Cela demande une année sabbatique et de voyager de par le monde. Je suis sûre que c?est une expérience extraordinaire mais je ne pense pas être prête pour cette aventure, du moins pas pour l?instant ».
Dans trois ans, elle sait qu?elle ne pourra plus faire partie de la JCI. «Je trouverai autre chose à faire. Mais je serai toujours présente pour la JCI ». C?est ce qu?on appelle JCI à la folie?
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