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On tourne en rond

14 octobre 2007, 00:00

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On perd du temps inutilement dans le football mauricien. A la Mauritius Football Association (MFA) et au ministère de la Jeunesse et des Sports (MJS) on s?évertue à tout faire, sauf de s?occuper de cette discipline afin de l?éradiquer tous les maux qui le rongent.

On s?affronte même pour des peccadilles, comme on l?a vu cette semaine.

Entre le MJS et la MFA, le ton est monté de plusieurs crans pour ensuite revenir à la normale. La cause fut la nomination du nouvel entraîneur national. Le ministre Sylvio Tang a, du reste, fait une sortie en règle, mercredi dernier, contre la fédération sur sa manière de faire concernant la titularisation d?Ashok Chundunsing à ce poste.

Un bras de fer s?était donc installé entre les deux instances. Non pas sur le choix de Chundunsing, mais surtout sur le manque de considération de la part de la fédération à l?égard du ministère qui fulmine de n?avoir pas été consulté avant cette prise de décision alors qu?il est un partenaire de la MFA.

Le ministère devait-il être consulté par la MFA pour la nomination d?un coach national ? Le ministre, qui s?autoproclame comme un fervent défenseur de la liberté d?action fédérale, fait fausse route. La nomination de l?entraîneur national est et sera toujours la prérogative d?une fédération. Jusqu?à preuve du contraire, Sylvio Tang ne dispose pas des compétences techniques requises pour décider à qui confier les destinées de la sélection, et ce, même s?il a été, dans le passé, le président du Club M.

Sur cet aspect, le ministre ne peut pas avoir raison, mais il n?a pas tort aussi de dire qu?il n?a pas encore été avisé officiellement de la nomination d?Ashok Chundunsing. C?est incongru de la part de la MFA, lorsque l?on sait qu?elle est souvent demandeuse de plusieurs faveurs auprès du MJS. La décence ne semble pas faire partie du vocabulaire de cette fédération.

Cependant, la frustration de Sylvio Tang et de son ministère est compréhensible. L?attitude de la MFA a été assez cavalière sur cette question. La précipitation avec laquelle la fédération a procédé à la titularisation d?Ashok Chundunsing étonne.

Y avait-il urgence pour nommer un entraîneur national ?

Sans compter la légèreté avec laquelle le choix a été fait. Et que dire du manque de discussion et de sélection au niveau fédéral sur un sujet aussi sensible qui a été traité, il faut le dire, avec amateurisme ?

En entérinant la nomination d?Ashok Chundunsing à la tête du Club M en petit comité, la MFA et surtout son président, Prem Jodha, ont perdu de leur crédibilité. Du moins, ce qu?il en restait. Le choix de Chundunsing ressemble à du copinage. On a précipité sa nomination à l?insu de certains membres. On a voulu aller vite, pour faire plaisir à quelques personnes. Finalement, on a mis la charrue devant les boeufs et on attend toujours que le principal concerné soit confirmé à son poste après trois semaines.

Vu la rapidité avec laquelle l?entraîneur national a été nommé, alors que le prochain match officiel du Club M ne se fera pas avant février de l?année prochaine, on se demande pourquoi on n?a pas fait de même pour dénicher un Directeur technique national (DTN) ? N?était-il pas plus urgent d?avoir un DTN pour le football mauricien par les temps qui courent ?

Depuis des lustres, on s?entend dire que notre football a besoin d?un DTN ? et on sait à quel point c?est vrai ? mais rien n?a été fait jusqu?ici. La fédération autant que le ministère tergiversent sur ce dossier. La venue d?un DTN est bien plus prioritaire. La MFA et le MJS gagneraient à trouver un DTN pour le football local plutôt que de diluer leurs efforts sur des sujets secondaires.

On tourne en rond dans cette discipline. On se contente d?expédier les affaires courantes. On n?attaque pas les problèmes de fond principalement la formation, qui est la principale cause de la régression de notre football. La faute à une fédération et à un ministère qui tardent à prendre le taureau par les cornes.

La MFA étonne dans sa gestion avec ses décisions saugrenues, tandis que le MJS se croit tout permis parce qu?il accorde un financement fort conséquent à cet organisme.

Bref, chacun fait ce qui lui plaît, avec pour résultat que les priorités passent au second plan. Ni l?un ni l?autre n?a un projet d?avenir pour le football. C?est aussi inquiétant que dramatique. Les lendemains ne s?annoncent guère réjouissants pour notre ballon rond. On n?ira nulle part ainsi. L?avenir s?assombrit?

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