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Toujours se protéger des produits avariés

20 janvier 2007, 00:00

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lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

par Nazim ESOOF

Aucun pays n?est à l?abri du phénomène des produits avariés. Ici comme ailleurs, les autorités et organismes responsables du contrôle et de la détection des aliments impropres à la consommation humaine font un travail méticuleux. Mais les mauvaises surprises sont régulières.

Dans le cas du corned-beef avarié découvert dans cinq pays européens, il faut savoir que les autorités européennes ont pu remonter la filière après que deux lots de viande impropre à la consommation ont été repérés en France. Malgré les garanties données par les autorités, les médias devaient quand même faire ressortir que la viande en question était non seulement impropre à la consommation humaine mais aussi à la «consommation animale». Comment se protège-t-on de pareils drames à Maurice ?

Inspecteurs formés

Aux Veterinary services du ministère de l?Agro-industrie, on se montre optimiste sur les moyens et les mécanismes mis en place pour détecter les produits avariés. C?est ce département qui octroie le permis d?importation que le pays exportateur doit respecter. Une fois les documents reçus de l?exportateur, les veterinary services s?efforcent de vérifier s?ils sont conformes aux normes mauriciennes. à titre d?exemple, la température des produits frais ne doit pas être entre deux et huit degrés; pour les produits congélés la température de conservation doit être de 18 degrés.

«À leur arrivée à Maurice, avant même les analyses, on peut déterminer si un produit est propre ou impropre à la consommation. Les produits avariés, par exemple, se signalent par une sorte de glaire. De manière générale, nous relevons un échantillon pour être analysé au Food Technology Laboratory, à Réduit», explique le Dr Deodass Meenowa, principal agricultural officer aux Veterinary services. Ce dernier assure également que les inspecteurs vétérinaires mauriciens sont formés pour remplir leur mission.

Une fois les produits étrangers sur le sol mauricien, les Veterinary services octroient un permis provisoire qui permet à l?importateur de dédouaner ses marchandises qui sont placées en quarantaine. à ce stade, les vétérinaires se rendent dans les dépôts de stockage pour vérifier la cargaison. Le permis final n?est accordé qu?après le résultat de l?analyse des échantillons. Lorsque le produit arrive sur le marché, ce sont les officiers du ministère de la Santé qui sont responsables d?effectuer le suivi et le contrôle.

Les Veterinary services sont aussi responsables de l?analyse des conserves. «On est équipé pour tous les types d?analyses même s?il est vrai qu?il y a toujours des possibilités de perfectionnement», fait remarquer le Dr Deodass Meenowa. En ce qui concerne les produits animaliers mauriciens, il souligne que ce sont des vétérinaires formés qui inspectent les animaux avant et après l?abattage.

La Société générale de surveillance qui ?uvre dans le privé, propose également ses services pour l?identification des produits avariés. Elle a ainsi entrepris la démarche d?acquérir l?accréditation ISO 17025 pour ses laboratoires. «Il s?agit d?une première à Maurice et dans la région, permettant de garantir aux clients le bénéfice de prestations de haut niveau et d?accroître leur capital confiance auprès de leurs partenaires», affirme Aktar Emrith, le responsable des laboratoires. «Il fournit une réelle valeur ajoutée à toutes les entreprises ou organisations qui choisissent d?y faire appel dans la mesure où la certification délivrée est une garantie de qualité suffisante pour qu?il ne leur soit pas nécessaire d?effectuer d?autres analyses», explique Dimitri Schaub, directeur de l?entreprise.

Faisons entre parenthèses ressortir qu?on a essayé en vain d?obtenir un officier dudit ministère pour qu?il explique la manière d?opérer des autorités à ce niveau. Il nous a été donné de comprendre qu?une directive venant d?un officier supérieur interdise au personnel du ministère de s?adresser aux médias. Comme quoi, question transparence, il reste encore du chemin à parcourir.

Carences

C?est justement la principale critique qu?émet Mosadeq Sahebdin, coordonnateur à l?Institute for Consumer Protection (ICP). à cet effet, il rappelle le cas des poulets contaminés découverts en décembre 2005. Sans l?intervention des ONG, il maintient que c?est quelque 12 tonnes de poulets avariés qui se seraient retrouvées sur le marché.

«Le fait même que ces produits se soient retrouvés sur le marché démontre que les opérateurs avaient obtenu les autorisations nécessaires. Si tel est le cas, cela implique qu?il n?y a pas eu le contrôle adéquat. Il est clair que ni les opérateurs ni les autorités n?ont agi de manière responsable», insiste Mosadeq Sahebdin.

Afin d?éviter que des produits ne soient jetés à la mer parce qu?ils seraient avariés, les autorités disposent de qua-rante différents tests permettant de détecter les bactéries. Ces tests auraient pu être réalisés par les opérateurs mais les délais qui leur sont imposés sont trop longs et contraires aux impératifs de fonctionnement de l?industrie.

Mosadeq Sahebdin rappelle aussi que les analyses qui ont été effectuées par la suite sur ces poulets ont été mises sous la responsabilité des opérateurs qui n?auraient jamais accepté les résultats des spécialistes sud-africains. «Finalement le gouvernement mauricien devait expédier des échantillons fournis par les opérateurs en Angleterre. Après six mois et d?incessantes sollicitations de notre part, les autorités nous ont répondu, à travers une lettre laconique, que ces poulets ne souffraient d?aucune contamination», assure Mosadeq Sahebdin qui maintient qu?il n?y a eu aucune transparence dans la gestion des crises alimentaires à Maurice.

Abordant le chapitre des légumes, le coordonnateur de l?ICP allègue que les autorités ne s?assurent pas que les légumes contiennent un taux résiduel de pesticides inférieur au seuil autorisé. «De surcroît, les planteurs ne respectent pas la période de rémanence surtout lorsque les prix des légumes sont à la hausse», précise Mosadeq Sahebdin. Ce dernier attire aussi notre attention sur les produits dont l?emballage ne mentionne pas s?ils contiennent des organismes génétiquement modifiés.

Le fait est que la vigilance doit être de mise sur ce dossier. Il ne s?agit pas de trouver des coupables mais seulement d?une responsabilité que chacun doit pleinement assumer. Des opérateurs aux autorités en passant par le public et les ONG. L?intoxication alimentaire est un sérieux problème qui ne peut être traité à la légère.

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