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Tony Blair voit dans le voile islamique une ?marque de séparation?

19 octobre 2006, 00:00

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Tony Blair avait d?abord refusé, le16 octobre dernier, de se laisser entraîner plus avant dans le débat sur le port du voile islamique dans les lieux publics, après la suspension d?une jeune institutrice qui refusait de l?enlever à l?école. ?Ces questions sont des questions d?opinion personnelle, pas de politique gouvernementale?, avait expliqué le porte-parole de M. Blair lors de son point de presse quotidien.

Avant-hier, le Premier ministre britannique a pourtant fait part, publiquement, de son opinion personnelle. Lors de sa conférence de presse mensuelle, M. Blair a estimé que le voile musulman était une ?marque de séparation? et ?c?est pour cela que cela met mal à l?aise certaines personnes extérieures à la communauté?. Le chef du gouvernement s?est néanmoins dit hostile à toute idée d?interdiction.

?Je pense que nous devons aborder la question?, a-t-il affirmé, ?mais je ne dis pas que quiconque devrait être forcé à faire quoi que ce soit?. ?Personne ne veut dire que les gens n?ont pas le droit de le faire?, a-t-il insisté. ?Cela irait trop loin.?

<B>?Nous devons mener ce débat?</B>

M. Blair, jusqu?à présent très prudent, a également estimé que la question du voile, largement débattue depuis deux semaines au Royaume-Uni, faisait partie d?un débat plus large, en cours dans de nombreux pays européens. ?Il y a une vraie question au sujet de l?intégration et mon opinion est que nous devons essayer de mener ce débat de manière sensible. Mais nous devons mener ce débat?, a-t-il insisté, évoquant un nécessaire ?équilibre entre intégration et multiculturalisme?.

Le débat sur le voile a été lancé au Royaume-Uni le 5 octobre par l?ancien ministre des Affaires étrangères, Jack Straw.

Il avait révélé qu?il suggérait aux femmes dont il ne voyait que les yeux de dévoiler leur visage lorsqu?elles venaient le voir à sa permanence parlementaire. Depuis, le cas d?une jeune institutrice suspendue d?une école de Dewsbury, dans le West Yorkshire, pour avoir refusé d?enlever son voile à l?école, a alimenté la polémique. Mais sur ce point, le premier ministre a toutefois réaffirmé tout son soutien aux responsables qui avaient géré ce dossier.

© Le Monde 2006

Distribué par The New York Times Syndicate</B>

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