Publicité

Textile : la difficile quête de main-d??uvre

27 novembre 2006, 00:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

Les sans-emploi ne se bousculent pas aux portes des usines de textile. Un millier de postes restent vacants dans la zone franche malgré les licenciements massifs dans ce secteur ces dernières années. D?ici cinq ans, avec les investissements en cours et d?autres projets à venir dans le textile-habillement, les besoins en main-d??uvre se chiffreront à 4 000 à 5 000 paires de bras additionnels. Mais la confection change de look et les métiers évoluent avec.

En effet, il n?y a pas que des machinistes qui sont en demande. C?est toute la panoplie de métiers de l?habillement qui est concernée. Des superviseurs aux responsables de production en passant par les techniciens de laboratoire, les designers, les dyeing technicians ou les ingénieurs informatiques.

Ce manque de bras n?est pas sans gêner l?Export Processing Zone (EPZ), qui amorce une légère reprise après des années de récession. La restructuration de l?industrie commence à rapporter ses fruits. Les nouveaux investissements reviennent et donnent un nouveau souffle aux diverses activités de la confection, mais voilà que l?absence de main-d??uvre (quantitative et qualitative) vient jouer les trouble-fête.

Le Human Resources Development Council (HRDC), l?organisme chargé d?évaluer et de former les ressources humaines nécessaires pour les différentes industries, cherche des solutions pour combler ce déficit.

Le type de main-d??uvre recherchée n?est, certes, plus le même que celui qui avait contribué à lancer l?EPZ au début des années 80. Les entreprises cherchent des machinistes et des cadres qualifiés à tous les niveaux de la production.

Le HRDC a publié la semaine dernière un rapport qui fait un premier constat de la situation de la main-d??uvre dans le secteur manufacturier. L?agence fera une évaluation plus détaillée de la demande des usines de la zone franche en effectifs et en formation. ?Il nous faudra davantage d?employés qualifiés qui puissent s?adapter aux nouvelles technologies de production?, dit Mookeshwar Gopal, président de la Mauritius Employers? Federation. Il a présidé le comité qui a préparé le rapport.

?Notre capacité d?expansion est limitée en raison de la contrainte de main-d?oeuvre. Nous ne pouvons pas faire appel aux cadres du management de l?étranger non plus. Ils ont une culture différente. Il nous faut former notre propre personnel?, explique Ali Parkar, président et Chief Executive du groupe Star Knitwear.

Le pays compte quelque 54 000 chômeurs dont une grosse partie sont des licenciés de la zone franche. Ne peut-on puiser dans ce pool? Les opérateurs n?y croient pas trop. ?La compression du personnel de ces dernières années a touché en majorité des personnes âgées de plus de 40 ans. Elles n?intéressent pas trop les entreprises. Parmi les licenciés, il y a beaucoup de femmes qui ne veulent pas retourner dans le textile?, dit Ali Parkar.

Le secteur est perçu comme étant fragile et n?offrant pas de sécurité d?emploi, selon le rapport du HRDC. L?industrie et les autorités devront projeter une nouvelle image de la zone franche. Ce qui passe par une revalorisation des métiers du textile-habillement.

?L?origine du problème se trouve dans notre système éducatif qui est extrêmement élitiste. Les métiers et le travail manuel ne sont pas reconnus à leur juste valeur à Maurice?, déplore François Woo, le Managing Director de la Compagnie mauricienne de textile (CMT).

Certaines entreprises investissent gros dans le développement de nouvelles compétences à différents niveaux. La CMT en fait partie. Elle a initié plusieurs programmes de formation à différents niveaux techniques. Elle démarre bientôt trois écoles de formation à Curepipe, à Phoenix et à la Tour-Koenig, destinées aux jeunes qui ont complété au moins une année à l?IVTB. ?Nous leur donnons une formation de confectionneur. Ce n?est plus le travail de machiniste uniquement. Il faut plus de connaissance pour cette opération?, souligne François Woo.

La CMT consacre aussi une grande attention aux grades supérieurs tels les cadres du middle management, les stylistes, ingénieurs de production, ainsi que d?autres catégories d?employés techniques, et de commerciaux. Le groupe a mis en place, conjointement avec l?université de Maurice, un ambitieux programme d?enseignement de deuxième cycle universitaire.

Publicité