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Terrains vagues : un problème épineux pour les autorités
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Terrains vagues : un problème épineux pour les autorités
Le meurtre de Nadine Dantier le 25 juin et l?émanation de chlore d?un cylindre ayant causé la mort de Pierre Calou le mois dernier à Albion ont mis en exergue un problème de taille : celui des terrains vagues.
Servant trop souvent de dépotoirs ou de repaires aux drogués et aux voleurs, ces terrains en friche constituent une véritable nuisance pour la société. La situation est telle aujourd?hui que les autorités ne savent plus sur quel pied danser. Maurice compte en effet plusieurs dizaines de milliers de terrains en état d?abandon. Et en retrouver les propriétaires pour leur servir une notice peut s?avérer très compliqué.
A travers divers audits de l?environnement, les officiers des administrations régionales l?auront vite compris. ?Il est souvent impossible de retracer les propriétaires. Soit, ils ne sont pas au pays, soit le voisinage ne les connaît pas ou encore ils habitent trop loin pour se soucier de s?occuper de leur terrain?, explique Ananda Rajoo, conseiller au ministère de l?Environnement.
Lors d?un récent audit consacré aux terrains abandonnés, les officiers des enforcing agencies ont répertorié pas moins de 1 080 infractions aux lois relatives à l?environnement en un seul jour. Et les coupables n?ont toujours pas été retrouvés.
<B>239 notices servies</B>
Toutefois, la bonne volonté et la collaboration des uns et des autres débouchent parfois sur des actions qui mènent à des solutions probantes. Ainsi, depuis fin juin, la police de l?environnement, conjointement avec des officiers des administrations régionales ont appliqué strictement les lois ayant trait aux terrains vagues à Albion.
Résultat : pas moins de 239 notices ont été servies aux propriétaires de terrains abandonnés. Avec l?aide des propriétaires des morcellements de la région, les inspecteurs du conseil de district de Rivière-Noire et la police de l?environnement ont pu passer la région au peigne fin en utilisant la liste des noms des propriétaires de terrains.
Selon la loi, ces propriétaires ont un délai de 30 jours pour nettoyer leurs terres. S?il s?y trouve des déchets nuisibles à la santé, le nécessaire doit être fait dans les 48 heures suivant réception de la notice.
Mais pour les habitants d?Albion, les autorités s?y sont prises trop tard car le mal est déjà fait. Les représentants de Solidarité Albion Phase II comptent bien évoquer ce problème lors d?une rencontre qu?ils ont sollicitée avec le Premier ministre.
Les autorités, elles, rejettent le blâme sur les propriétaires des terres. ?C?est leur terrain. Il leur incombe de faire preuve de civisme. Nous ne pouvons nous permettre de détacher un inspecteur pour plusieurs jours pour rechercher le propriétaire d?un terrain abandonné?, déclare un cadre de la municipalité de Rose-Hill.
Du côté du ministère de l?Environnement, c?est le même son de cloche. ?Chacun a des efforts à faire, les administrations régionales, les propriétaires de terrains, le Morcellement Board. Pour notre part, nous n?allons pas augmenter la pression?, souligne Ananda Rajoo.
Pour ce dernier, il serait fou de brûler ou de répandre des herbicides à tous les vents pour se débarrasser des terrains vagues. ?Du point de vue purement écologique, ce n?est pas une solution?, ajoute-t-il.
Le ministère soutient que ces terrains doivent être entretenus et pas nécessairement défrichés. Par ailleurs, le Local Authorities Act stipule qu?un terrain ne peut pas être une nuisance pour le voisinage et ne doit pas être entièrement rasé.
En attendant, les autorités se sont attaquées au problème des bâtiments en état d?abandon. Un dossier préparé récemment par les ministères des Administrations régionales et de l?Environnement a été envoyé au ministère des Infrastructures publiques. Ce dossier compile toutes les constructions délabrées qui devraient être démolies.
Les seuls fonctionnaires habilités à émettre des demolition orders sont les ingénieurs attachés au ministère des Infrastructures publiques. La balle est donc dans leur camp.
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