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Teeren Appasamy arrêté en Grande-Bretagne

6 novembre 2007, 00:00

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Teeren Appasamy, l?homme d?affaires mauricien basé à Londres, a été arrêté vendredi, suivant l?exécution du mandat d?arrêt émis contre lui. C?est ce que fait ressortir le Home Office de la Grande-Bretagne dans un message dont ont pris connaissance les autorités mauriciennes hier.

Après avoir été présenté au City of Westminster Magistrate Court, à Horseferry Road, à Londres, il a été relâché sous caution en attendant sa prochaine comparution. ?He was brought before the magistrate court and bailed out ?, fait ressortir le message. Sa prochaine comparution a été fixée au 10 décembre. Toutefois, le tribunal n?a pas encore arrêté de date précise pour entretenir la demande d?extradition (?The court has not yet fixed the date for the extradition hearing?). L?ambassade de Maurice à Londres a été informée de ce développement.

Dans les milieux concernés, on avance cependant qu?il appartient maintenant à la justice anglaise de décider s?il y a lieu de l?extrader. Teeren Appasamy fera entre-temps l?objet d?une surveillance rapprochée. Son passeport a été saisi. Il doit se présenter au poste de police d?Epsom tous les samedis entre 9 heures et midi.

La police britannique avait pu localiser Teeren Appasamy, recherché par les autorités londoniennes, lorsqu?il a été admis à l?hôpital. Le 17 septembre, le Home Office britannique indiquait qu?il avait subi une attaque (?Mr Appasamy has been admitted in hospital as a result of a stroke?).

<B>Visites vaines</B>

Les limiers britanniques étaient sur la piste de l?homme d?affaires depuis un certain temps. La demande d?extradition signée par l?ancien ministre des Affaires étrangères, Jayen Cuttaree, depuis 2005, a été examinée et jugée en règle.

Teeren Appasamy est soupçonné d?être le principal bénéficiaire des fonds détournés du National Pension Fund (NPF) à la Mauritius Commercial Bank. La banque allègue qu?elle a jusqu?ici pu déterminer que Teeren Appasamy aurait bénéficié directement et indirectement de Rs 406 310 049 25 des fonds du NPF. Le scandale a été mis au jour en février 2003.

A la suite du mandat d?arrêt, les autorités britanniques avaient annoncé aux autorités mauriciennes dans leurs messages précédents qu?elles faisaient le nécessaire mais que des visites à sa demeure s?étaient avérées vaines. Suite à quoi, l?Independent Commission against Corruption (ICAC) avait initié une enquête discrète en vue de remonter la piste de Teeren Appasamy.

L?ICAC a sollicité la collaboration du Passport and Immigration Office. Les recherches sont remontées à 1972, pour connaître ses allées et venues. Ces investigations ont permis d?établir qu?il est venu à Maurice en de nombreuses occasions après 1972, mais ensuite, rien. Il passait régulièrement par la France pour se rendre à Londres. Il a utilisé un autre passeport pour voyager que son passeport mauricien.

Quatre ans se sont écoulés depuis la découverte de la fraude. La première tentative de l?ICAC d?interroger Teeren Appasamy à Londres date de 2003. Demande qui n?avait pas abouti car il avait imposé trop de conditions.

Un an après que le scandale financier a éclaté, les procédures pour l?extradition avaient été enclenchées. Une première démarche a été de chercher une collaboration avec le Serious Fraud Office de Londres. En mars 2005, les procédures d?extradition ont franchi une autre étape. L?ordre d?extradition a été obtenu et le magistrat Lutchmee Parsad Aujayeb a émis un mandat d?arrêt international contre lui.

Le bureau de l?Attorney General a alors remis ce dossier au ministère des Affaires étrangères. C?est donc par la voie diplomatique que la demande d?extradition a été faite au Home Office britannique. A son tour, celui-ci a présenté la demande au Crown Prosecution Service, l?équivalent du Directeur des poursuites publiques mauricien.

Par ailleurs, une correspondance du 19 octobre, dont l?auteur affirme qu?il est Teeren Appasamy, a été adressée à l?express. Il donne l?adresse suivante comme étant la sienne : Sylvan Lodge, Outwood Lane, Chipstead Coulsdon CR5 3NF UK. Il est écrit qu?il n?a pas volé cet argent mais l?a seulement emprunté. Il donne également les noms des personnes qui seraient en possession des fonds.

Toutefois, nous n?avons pu établir si Teeren Appassamy était effectivement l?auteur de la lettre, bien qu?elle porte une signature. ?I would like to clarify that although my official address is 12 Deerswood Close, Catherham, Surrey, CR3 6DE U K, my genuine address is Sylvan Lodge, Outwood Lane, Chipstead Coulsdon CR5 3NF UK. I would also like to clarify that with regards to the MCB and NPF scandal, I have not stolen the money but have only borrowed the money. This money is now safely kept in accounts (?)?. Les autorités mauriciennes nous ont confirmé que l?adresse officielle mentionnée dans le dossier d?enquête est bien 12, Deerswood Close, Catherham, Surrey, CR3 6DE, U K.

<B>Les suspects</B>

■ <B>Teeren Appasamy</B> : désigné comme le principal bénéficiaire des fonds détournés. Ce businessman réside en Grande-Bretagne d?où il aurait tiré les ficelles, en collusion avec les principaux mandataires de ses compagnies (Dev Manraj, Donald Ha Yeung, Ravi Ramdewar) à Maurice. Mais, depuis l?affaire, il affirme qu?il a obtenu des ?prêts de Rs 401 millions contre des garanties en bonne et due forme".

■ <B>Robert Lesage</B> : considéré par la banque comme le ?chef d?orchestre? du scandale, il est ex-chief manager. Il invoque l?immunité obtenue de l?Icac, qui le mettrait à l?abri de toute poursuite. Robert Lesage a toujours dit qu?il a agi selon les instructions de la direction de la MCB. Dans une plainte à la police, la MCB, elle, dit que ce dernier a personnellement encaissé une partie des fonds détournés.

■ <B>Dev Manraj </B>: dit ignorer les transactions frauduleuses. Il reconnaît cependant avoir été directeur et consultant des compagnies de Teeren Appasamy. C?est lui qui rencontre Pierre-Guy Noël peu avant l?éclatement de la fraude pour évoquer des ?mere problems?sur les dépôts du NPF à la banque. Il aurait effectué un paiement illégal de Rs 169 625 au nom d?Angel Beach Resorts, une des compagnies d?Appasamy.

■ <B> Donald Ha Yeung</B> : mandataire de Teeren Appasamy pour différentes compagnies, Donald Ha Yeung soutient que les transactions bancaires effectuées au nom des compagnies avaient obtenu l?aval de la MCB, alors représentée par Robert Lesage et d?autres officiers. Il dit ignorer la provenance de cet argent. En tant qu?unique signataire et mandataire de Handsome Investment Ltd, il aurait reçu Rs 2 millions de l?argent détourné.

■ <B>Ameenah Rojoa </B>: celle qui a découvert la fraude et qui l?a révélée au Premier ministre d?alors, est maintenant aussi en attente de la décision du DPP. Accusée provisoirement de complicité avec Robert Lesage, elle est d?avis que cette décision tarde trop.

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