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Taxe touristique à l?arrivée : les opérateurs voient rouge
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Taxe touristique à l?arrivée : les opérateurs voient rouge
Les hôteliers et les tour-opérateurs ont peur pour l?industrie du tourisme. Leurs deux associations ont d?ailleurs écrit, chacune de son côté, aux ministres des Finances et du Tourisme, Pravind Jugnauth et Anil Gayan, pour exprimer leur mécontentement par rapport au Tourist Arrival Fee annoncé dans le discours du budget. Ils espèrent persuader le grand argentier de revenir sur la décision de faire payer une taxe d?arrivée de 20 euros par adulte et de 10 euros par enfant aux touristes étrangers.
L?Association des hôteliers et des restaurateurs de l?île Maurice (AHRIM) et l?Association des Inbound Operators de Maurice (AIOM) déplorent toutes deux le manque de vision de l?exercice budgétaire alors que l?industrie fait face à une croissance faible. Pire encore, beaucoup d?opérateurs craignent que le Tourist Arrival Fee ne signale un retour aux taxes sectorielles, qui mettront un frein au développement.
La construction de 17 nouveaux hôtels prévus avant fin 2006 risque de précipiter le manque d?oxygène dont souffre l?industrie. ?C?est inadmissible qu?on nous impose quelque chose comme ça à un moment où il n?y a pas de croissance. Cela envoie un très mauvais signal. Les tour-opérateurs étrangers font un très gros effort pour promouvoir Maurice mais la tâche devient de plus en plus difficile. On a réagi et on espère qu?ils reviendront sur leur décision?, déclare Bruno Lebreux, président de l?AIOM.
Cette taxe vient s?ajouter à l?Environment Tax, la Hotel and Restaurant Tax et l?Air Service Charge de Rs 500 payable au départ du pays. L?augmentation du prix du billet d?avion à la suite de la hausse du pétrole est une migraine supplémentaire. ?Le Tourist Arrival Fee est en fait une double imposition. ça commence à faire beaucoup. Selon toute probabilité, il aura des répercussions sur les packages qu?achètent les clients?, déplore Arnaud Martin, président de l?Ahrim.
Rs 350 millions par an
Suresh Ramburn, directeur général de Tropical Heat Holidays, pense que cette mesure pourrait sonner le glas pour les petits opérateurs, qui traitent principalement avec le marché asiatique. ?C?est catastrophique. Je travaille surtout sur l?Inde et mes clients ne voudront pas payer 1 200 à 1 500 roupies indiennes. Les Indiens commencent à beaucoup voyager mais ils iront vers des destinations moins chères comme la Malaisie ou le Sri Lanka.? Etant donné qu?environ 40 millions d?Indiens vont en vacances chaque année, le Tourist Arrival Fee risque d?exclure Maurice d?une tranche d?un gâteau considérable.
Selon des calculs basés sur le nombre d?arrivées du premier trimestre de 2004 du Central Statistics Office, les recettes du Tourist Arrival Fee équivaudraient à environ Rs 350 millions par an. Une somme pour le moins importante. ?Nous comprenons qu?il y un a besoin de solidarité mais nous pensons qu?il est possible à cette industrie d?amortir la taxe?, a déclaré Anil Gayan lors de son intervention sur le budget mardi.
Le fait que le Tourist Arrival Fee sera absorbé par les caisses de l?Ètat et non réinvesti dans le tourisme explique le mécontentement des hôteliers. Ils déplorent que l?augmentation du budget de marketing de la Mauritius Tourism Promotion Authority ne soit que de Rs 20 millions seulement.
?Le tourisme est à la croisée des chemins. Les opérateurs ont déjà beaucoup investi dans des projets hôteliers. Il faudra vraiment focus sur cette industrie avec un comité au plus haut niveau et se demander où on veut aller avec le tourisme?, explique Christian Dalais, président de Sun Resorts.
D?autres destinations touristiques ont dans le passé souffert de l?imposition de taxes similaires. ?Les Seychelles ont essayé la même chose avec le système de gold card et ils ont perdu beaucoup de clients. Certaines compagnies aériennes avaient même arrêté de desservir la destination. Cet exemple devrait nous interpeller?, met en garde Bruno Lebreux.
En revanche, les Maldives, qui imposent un bed tax de $ 8 par nuit, continuent à jouir d?un fort taux de croissance. Toutes les taxes ne condamnent donc pas le secteur touristique au déclin. La perception que les groupes hôteliers sont des trous sans fond où on peut puiser indéfiniment, alors qu?ils doivent investir des sommes importantes dans la rénovation, mériterait néanmoins d?être révisée.
Plusieurs protagonistes de l?industrie du tourisme pensent aussi que la taxe pénalise au lieu d?encourager un secteur reconnu pour son efficacité et son souci d?excellence. Certains se rappelleront la taxe de sortie sur la canne à sucre, qui avait finalement été abolie par le ministre des Finances, Vishnu Lutchmeenaraidoo, dans les années 80.
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