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Taxe pour l?environnement : c?est le consommateur qui paie au final

28 avril 2008, 00:00

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Taxe pour l?environnement : c?est le consommateur qui paie au final

«L?initiative est bonne et bien louable, mais il faudra que quelqu?un en paie le prix. Et, malheureusement, ce sera le consommateur dans ce cas précis.» Propos de Didier Lecourt, manager du département des pièces de rechange chez Axess, qui s?inquiète des répercussions de l?Environment Protection Fee (EPF), cette taxe imposée pour la protection de l?environnement qui sera payée, finalement, par le consommateur.

«Nous répercuterons automatiquement l?EPF sur le consommateur final», dit aussi Adrien Lam, chef des ventes chez ABC Motors. Il n?entend pas laisser sa marge s?amenuiser, déjà qu?elle est contrôlée à 22 %, précise-t-il.

En effet, initialement prévu pour les entreprises hôtelières et celles du secteur de la construction, l?EPF intégrera, à partir du 1er mai, les producteurs ou importateurs de téléphones mobiles, d?accumulateurs et de pneus de voiture. Ces nouveaux contribuables de l?EPF devront verser, chaque mois à la Mauritius Revenue Authority (MRA), une taxe de Rs 50 sur chaque unité de produits vendus.

«Je viens de découvrir l?information dans la presse. Construira-t-on une usine de recyclage de pneus ? Je n?en sais rien, mais le gouvernement aurait mieux fait de commencer par là. Je suis d?accord sur le principe qui existe d?ailleurs en Europe. Michelin étant une entreprise pro-environnement, nous saluons l?initiative», dit Bruno Goder, collègue de Didier Lecourt.

Ce dernier se pose des questions : «Que fait-on des batteries usagées ? Il faudra penser à retirer les produits nocifs de l?île. L?EPF doit servir à nettoyer l?île et à la rendre plus propre à une vie paisible.» Il souhaite, comme d?autres, que ce fonds serve à la mise en ?uvre d?actions concrètes pour la protection de l?environnement.

<B>Les hôteliers pénalisés</B>

Pour les entreprises de construction, l?EPF est maintenu à 0,75 % du chiffre d?affaires mensuel, alors que les entreprises du secteur hôtelier ont vu leur EPF passer de 0,75 % à 0,85 %. La réaction de l?Association des hôteliers et restaurateurs de l?île Mau-rice (AHRIM) ne s?est pas fait attendre : dans un communiqué de presse du mercredi, 23 avril, cette association exprime sa surprise au constat de l?augmentation de l?EPF concernant les hôteliers. Avec un taux de 0,75 %, la contribution du secteur hôtelier à l?EPF s?élèverait à environ Rs 210 millions pour l?année financière 2007?2008. Elle pourrait atteindre Rs 240 millions à la suite de l?augmentation.

Les hôteliers se sentent singularisés et pénalisés par une augmentation qui ne concerne que leur secteur, pour lequel ils estiment que les résultats de l?année en cours seront probablement bien inférieurs à ceux de 2007. Par la voix de l?AHRIM, les hôteliers et restaurateurs souhaitent rencontrer les autorités le plus rapidement possible pour protester contre cette augmentation.

Pour être répertoriées, les entreprises nouvellement concernées par l?EPF doivent se faire enregistrer auprès de la MRA au plus tard le 16 mai 2008. «La loi sera en vigueur le 1er mai 2008 et nous invitons les nouvelles entreprises concernées (fabricants, assembleurs, et importateurs de téléphones mobiles, batteries et pneus de voiture), à s?enregistrer. Ces entreprises devront relever leur chiffre d?affaires mensuel sur lequel la taxe sera calculée», précise Judicaël Thanay, responsable de la communication à la MRA.

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