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Tany Manga sur scène
Si, comme l?indique son nom, Tany Manga veut dire ?belle terre? ou ?terre sacrée?en langue malgache, il symbolise aussi cette terre source d?inspiration d?où le trio fougueux, Tao Ravao, Vincent Bucher et Émile Biayenda puisent leurs mélodies.
À l?initiative du Centre culturel Charles Baudelaire, Tany Manga, présentera son album Soa au Conservatoire François Mitterrand, le jeudi 7 octobre à 20 heures.
Soa, aussi le nom d?une femme, est avant tout une musique de joie qui mêle tablas, maracas, percussions diverses, cordes claquantes, slide guitar et harmonica pour signifier un nouvel amour ? celle du blues qui vient de loin. Musique tout aussi mélancolique que militante. Car, Jean-Luc Raharimanana, le parolier est aussi un poète malgache exilé.
Qu?il soit en anglais, en français ou en malgache, le texte est toujours une évocation d?exile, de libération et des racines. La révolte se conjugue alors avec le patriotisme pour donner naissance au souffle épique du blues malgache. Entre la spiritualité et la nostalgie, le rythme flirte sans arrêt.
Sans doute, ce sont les affinités entre le blues et les terres malgaches qui sont à l?origine du groupe Tany Manga. Tao Ravao, chanteur et guitariste est lui-même originaire de Madagascar. Né de père français et de mère malgache, Tao, optant pour une vie de voyage, passe d?une terre à l?autre, à la recherche non seulement d?un parfait ?chez soi? mais aussi d?un inclassable style.
S?il conçoit ses douze premières années passées à Madagascar comme l?époque irréversible d?une liberté perdue, c?est en France que se précise sa carrière. Car, c?est là qu?il fait sa rencontre avec d?éminentes personnalités du blues. Et c?est là aussi, qu?en 1968, il découvre la guitare électrique pour laquelle il délaissera le banjo.
L?amitié de Tao pour Vincent Bucher date de 1978, année de leur premier duo. Ce dernier, parisien né à Lens, a découvert le blues à seize ans. S?il est un passionné du rock, il a appris à donner à l?harmonica sa langue. Il possède également des talents prometteurs d?un chanteur, dévoilés dans son interprétation du Ségatier. S?intéressant aux musiques africaines et caraïbes, il se laissera entraîner à partir de 1996 dans le mood africain.
C?est en 2003, lors du Festival Musiques Métisses, qu?Émile Biayenda fait sa rencontre avec Tao Ravao avant de rejoindre le groupe. Sa formation à la batterie de jazz lui a offert l?occasion de fréquenter la scène du jazz français. Ses recherches sur la musique centrafricaine l?ont poussé à trouver un moyen d?unir le jazz au rythme local. Émile Biayenda vit à Angoulême depuis 1999.
Gageons que le public du 7 octobre ne sera pas déçu. On peut sans hésitation parier sur les performances hors pair des trois musiciens. Si Tany Manga est un jeune trio, les expériences de ses membres sauront donner du poids à cet arc-en-ciel sonore des îles, métissé et languissant.
Rendez-vous le 7 octobre au Conservatoire François Mitterrand. Prix de places : Rs 150. Les billets sont en vente au CCCB (Rose-Hill), au CCEF (Curepipe), à l?Alliance française (Bell Village) et au Cifod (Port-Louis).
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