Publicité
Talipot, le mystère reste entier
Sept Mauriciens s?envoleront pour la Réunion pour la mise sur pied de Mâ Ravan, un spectacle de la troupe de théâtre Talipot. Le stage de création des Talipot continue cette semaine mais en individuel cette fois. ?Nous sommes là dans l?étape?, explique Philippe Pelen, l?un des directeurs de cette troupe. Le mystère de la création reste entier, Philippe Pelen en dira très peu de Mâ Ravan, mais il nous livre les points de travail de la troupe cette semaine.
La troupe des Talipot était en stage de formation chez nous du 8 au 15 avril. Si Philippe Pelen continue ce stage en individuel cette semaine, il nous livre aussi la liste des sept Mauriciens qui repartiront à la Réunion avec lui. Ils sont : Michael Marmite, Thabo, Thierry Françoise, Yannick Nanette, Percy Yip Tong et deux Malgaches, Djiva et Héry.
Le travail de cette semaine a été un retour aux racines. ?Nous avons travaillé entre la danse et le mouvement. C?est par les énergies et les mouvements que nous nous sommes rapprochés de la mémoire de la ravanne?, raconte Philippe Pelen. Mâ Ravan illustrera sans doute ?une recherche de la mémoire du patrimoine?. Les artistes se sont mis à fouiller le secret qui habite cet instrument à la peau tendue.
<B>?La ré-appropriation de soi?</B>
En ce faisant, cette formation révélera aussi les talents masqués des artistes. Les chanteurs dansent alors que les danseurs chantent. ?Ils se découvrent, livre encore Philippe Pelen. C?est la ré-appropriation de soi. Les artistes oublient ce qu?ils font mais viennent se redécouvrir dans le stage. Ces artistes se demandent : c?est quoi leur fonction au sein de la société mauricienne?. Après de multiples stages, Philippe Pelen avoue découvrir encore des aspects remarquables chez les artistes mauriciens. Ils trouvent que chacun d?eux possède ?une grande pureté?. ?Je suis touché par ce pays, touché par le travail de ces artistes qui s?engagent. Leur qualité artistique est incroyable.?
Talipot, c?est aussi ce fourmillement de racines et d?origines. Philippe Pelen a choisi de travailler en individuel pour mieux révéler tout cela. éveiller les origines. ?Ils ont tous une intimité au fond d?eux. Et en groupe, c?est très difficile de capturer cette intimité. Je ne savais pas que Michael, par exemple, possédait une telle voix. Une voix qui vient du centre, chargée d?émotions, qui se modifie.?
Ce sont des artistes qui ne mesurent pas le poids de leur talent. Ils dégagent une telle force. Comme le dit le directeur de la troupe, ce sont des ?êtres excellents qui ne connaissent pas leur potentiel?. À l?instar de Yannick Nanette, à la voix puissante. ?à vous dresser les poils?, laisse échapper Philippe Pelen.
Deux stages nous ont révélé toute l?intensité de leur art. Ils s?appliquent à gérer les émotions qui les entourent. Talipot s?inspire aussi des liens qui se tissent entre les artistes.
Mâ Ravan, sera présenté au public mauricien au mois de juin. Ce ne sera qu?une esquisse de la représentation qui aura, elle, lieu vers le mois d?octobre. Philippe Pelen espère que la troupe trouvera suffisamment de financement pour cette représentation. ?C?est très important aussi d?encourager le mérite et le travail de ces artistes. Il faudra les payer comme il se doit et nos espoirs se placent sur ceux qui financeront les représentations.? En attendant cette représentation, la troupe réunionnaise des Talipot présentera Kor, La Maison du Vent, au théâtre de Port-Louis le 27 mai.
Publicité
Publicité
Les plus récents