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Téléphonie : les faisceaux hertziens font leur preuve
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Téléphonie : les faisceaux hertziens font leur preuve
L’express révèle que le 27 novembre 1981 a lieu l’inauguration et la mise en service d’un nouveau réseau téléphonique fonctionnant à partir de faisceaux hertziens. Après trois mois de fonctionnement, la satisfaction générale est de mise. Onze grandes antennes, d’immenses paniers à salades précisent les persifleurs, sont installées à Triolet, Grand- Baie, Mapou, Goodlands, Rose Hill, Floréal, Flic en Flac, Tamarin, Rose Belle et Plaisance. Des relais le sont aussi au Trou aux Cerfs, à Bambous et à Grand Bassin.
Quelque 28 000 des 42 000 abonnés des services téléphoniques sont reliés aux nouveaux faisceaux hertziens. Les 14 000 autres doivent continuer à se contenter de l’ancien système de connexion par câbles.
Chaque central équipé de faisceaux hertziens peut transmettre un demi-millier d’appels téléphoniques simultanément. Les communications se font par ondes radio. Les grandes antennes sont reliées à des émetteurs récepteurs radio, travaillant à très haute fréquence, soit à deux milliards de Hertz. Ils transmettent instantanément toute communication aux autres centrales. Là, le réseau conventionnel prend le relais et transmet l’appel à l’abonné sollicité.
Les voix des différents appels téléphoniques sont codées dans un langage binaire pouvant être compressé et expédié par ondes hertziennes. Il suffit ensuite qu’un autre central reçoive l’appel ainsi codé, le déchiffre en le décodant pour que la voix de l’appel redevienne intelligible à celui qui le reçoit. Tout citoyen, possédant un récepteur peut capter les signaux à haute fréquence. Il ne comprendra toutefois pas un mot du message téléphonique à moins de disposer également du décodeur pouvant interpréter la voix codée. Cette merveille coûte toutefois une fortune.
Dès qu’un central approche du seuil de saturation de 480 appels simultanés, il suffit de lui adjoindre une nouvelle plaquette, du volume d’un paquet de cigarettes, pour doubler sa capacité de réception et de transmission, sans même devoir ajouter d’autres antennes et autres appareils coûteux.
L’électronique demeure toutefois tributaire aux pannes d’électricité. Il craint aussi l’excès d’humidité. Le système peut disposer certes de batteries, permettant de pouvoir fonctionner sans électricité pendant un maximum de sept-huit heures. Au-delà de ce délai c’est la panne sèche. Il est toutefois question d’installer des groupes électrogènes permettant d’assurer le service téléphonique même en cas de panne d’électricité prolongée.
La mise en place d’un réseau téléphonique à l’aide de faisceaux hertziens a bénéficié d’une généreuse aide de la France, ou plus exactement de sa caisse de coopération économique. Celle-ci s’élève à 4,5 millions de francs, soit Rs 7,7 millions.
Mais il y a le bouche à oreille qui sera toujours plus rapide, à Maurice, que les faisceaux hertziens les plus sophistiqués. Il s’agit du mystérieux ralliement des rodeurs de boutte. L’encre des paraphes validant les writs d’élections n’est pas encore séchée que des prétendus chômeurs se rassemblent en nombre croissant devant la maison de Seewoosagur Ramgoolam. La rumeur veut que le PTr distribuera, à la pelle, des promesses préélectorales d’emplois, non productifs de préférence, afin d’empêcher l’inévitable : la fin du règne ramgoolamien. Pas besoin ici de système binaire ni de décodeur. Il y a un boutte à gagner. Ça suffit pour multiplier le nombre de solliciteurs, jour après jour. Il paraît même que c’est une question d’heure...
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