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Téléphonie 3G de nouveaux concurrents en piste

11 juin 2004, 20:00

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Alors que la téléphonie mobile de troisième génération (3G) débarque en Europe, avec deux ans de retard et après 100 milliards d?euros d?investissement de la part des opérateurs, de nouvelles technologies plus rapides la menacent déjà. Ces normes permettront d?accéder à Internet plus rapidement et pour un coût réduit, ainsi que de diffuser des vidéos en haute définition, ce que la troisième génération promettait sans parvenir à l?offrir.

Les régulateurs européens s?apprêtent en outre à permettre aux opérateurs de choisir la technologie qu?ils veulent utiliser.

D?importants fournisseurs de services de communication sans fil, comme Nextel aux Etats-Unis ou le Britannique Vodafone, testent actuellement le Flash-OFDM (pour «orthogonal frequency division multiplexing»), une nouvelle technologie capable de transporter les données dix fois plus vite que les réseaux 3G, pour dix fois moins cher.

«D?après nous, un opérateur peut offrir le service à ses clients pour un investissement de 10 dollars par personne. Par mégabit, nous arrivons à un dixième du prix d?un réseau de troisième génération», a déclaré à Reuters Andrew Gilbert, directeur de la branche européenne de l?américain Flarion, qui a inventé le Flash-OFDM. Un des actionnaires de Flarion est -Ventures, lié à T-Mobile, deuxième opérateur mobile européen derrière Vodafone.

LES RIVAUX

Le Flash-OFDM sera lancé dans un premier temps à destination des utilisateurs d?ordinateurs portables, qui disposeront ainsi de connexions haut débit sans interruption, ce qui permettra par exemple à quelqu?un d?accéder au réseau de son entreprise comme s?il était au bureau.

Autre rival de la 3G: la technologie WiMax, soutenue par Intel, qui permet l?accès à Internet haut débit sur une distance de 45 kilomètres. Ses promoteurs veulent en faire la version longue distance des systèmes sans-fil WiFi, actuellement en cours de déploiement en Europe.

Flash-OFDM est la dernière innovation à la mode chez des industriels déçus par la 3G. Les premiers réseaux de troisième génération lancés cette année devaient en effet offrir un débit de deux mégabits par seconde, une vitesse suffisante pour la vidéo haute définition.

Mais, en plus d?être en retard de deux ans par rapport à la date de lancement prévue, le débit des réseaux UMTS a été réduit à 400 kilobits par seconde.

Pire: le débit réel pourrait être divisé par trois quand ces réseaux seront largement utilisés, ce qui est à peine suffisant pour diffuser du son haut définition. Pour noircir encore le tableau, les opérateurs s?étaient engagés lors de l?achat de leur licence à utiliser ces fréquences radios uniquement pour des réseaux 3G de téléphonie mobile.

Cette condition devait garantir l?interopérabilité des réseaux 3G en Europe, ce qui avait fait le succès de la norme GSM, actuellement utilisée.

Voilà pourquoi Vodafone teste le Flash-OFDM - qui n?est pas une technologie 3G - au Japon. D?autres opérateurs européens testent également cette technologie en secret,a indiqué une source du secteur.

Pour les analystes, la restriction de l?usage de fréquences constitue un obstacle qui baisse la valeur des licences et qui entraînera le gaspillage d?une partie du spectre radio lorsque des réseaux plus avancés pourront faire transiter plus de données.

Les régulateurs cherchent à assouplir ces restrictions. Erkki Liikanen, commissaire européen chargé de la société de l?information, avait indiqué le mois dernier lors d?un discours que: «Nous allons probablement devoir abandonner les restrictions technologiques concernant l?allocation du spectre radio».

LES DOUTES

Ceci ouvrirait la porte au Flash-OFDM, qui utilise les mêmes fréquences et les mêmes antennes que l?UMTS, et pourrait donc se greffer sur les bornes UMTS, a indiqué Flarion.

Tout le monde n?est néanmoins pas convaincu de la réussite de Flarion dans le téléphone portable. Les industriels rappellent que l?UMTS sera amélioré l?an prochain grâce à la technologie HSDPA, qui permettra d?augmenter le débit. «Nous nous intéressons à toutes les technologies, mais il est peu probable actuellement qu?une d?entre elles parvienne à dépasser les capacités du Wideband-CDMA», a indiqué à Reuters Kai Konola, directeur de la stratégie et du développement de Nokia Networks.

Le Wideband-CDMA est la norme utilisée dans les réseaux UMTS en cours de construction. Nokia et ses concurrents Qualcomm, Ericsson et Siemens, possèdent des brevets cruciaux sur le Wideband-CDMA et ont intérêt à le voir réussir, tandis que Flarion possède les brevets du Flash-OFDM.

Quant au WiMax, Nokia n?a pas renouvelé sa licence cette année, estimant que cette technologie n?était pas assez souple. «Pour le moment, nous ne voyons pas d?application commerciale pour les opérateurs à partir de ces technologies propriétaires», a ajouté Kai Konolan

<B>par Lucas VAN GRINSVEN</B>

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