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Télé privée Naissance Difficile

22 mai 2004, 20:00

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lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

On n?y croyait plus. La télévision privée à Maurice relevait de l?utopie. Pendant plusieurs années, le gouvernement a tergiversé sur le meilleur moyen d?avoir une télévision privée. Trois possibilités existaient : la privatisation de la troisième chaîne télé de la MBC, l?aménagement d?une sixième chaîne analogique et la télévision numérique terrestre.

Dans le premier cas, la MBC a su convaincre le gouvernement que cette chaîne lui est indispensable alors qu?elle a à peine une audience de 11%. Celui-ci, bon prince, s?est laissé convaincre entravant ainsi pour de longues années, la libéralisation télévisuelle. En ce qui concerne l?aménagement d?une sixième chaîne analogique, il aurait fallu hypothéquer pour longtemps encore l?introduction du numérique. La seule solution a été le numérique terrestre.

En 2001 déjà, Ashok Radhakissoon, président de l?IBA, disait que ce procédé permettrait d?avoir une vraie libéralisation des ondes pour la télé mauricienne. Aujourd'hui, il se montre moins enthousiaste. Les courageux candidats devront avoir les reins financièrement solides. Les investissements de départ pour une télévision numérique terrestre sont de l?ordre de Rs 60 millions. Ce chiffre ne prend pas en compte les dépenses mensuelles.

Prenons, l?exemple de la Réunion. En 1981, lors de la libéralisation des ondes, de nombreuses radios sont nées. La télévision a pris plus de temps pour naître. Deux télévisions privées, Télé FreeDom et Antenne Réunion sont nées. La première a dû fermer ses portes sur ordre du gouvernement. Antenne Réunion a résisté aux difficultés financières. Lorsqu?elle a commencé ses opérations en 1991, elle avait des dettes s?élevant à Rs 180 millions. Aujourd?hui, elles sont évaluées à moins de Rs 30 millions.

La publicité ne pourra pas apporter le soutien financier nécessaire pour faire vivre plusieurs télévisions. Le marché publicitaire mauricien est restreint. Elle continuera de privilégier la télé publique et ce jusqu?à ce que la télé privée ait terminé son rodage. Une réaction commerciale logique.

Le téléspectateur, de son côté, ne sera pas entièrement gagnant, comme cela a été le cas avec l?arrivée des radios privées. Contrairement aux radios, il y a fort peu de chance pour que les télévisions privées puissent opérer gratuitement. Il devra débourser au départ une somme d?environ Rs 2000 afin de s?acheter une boîte de conversion pour recevoir les chaînes en numérique terrestre. Néanmoins, s?il ne le fait pas maintenant, il devra le faire plus tard. De nombreux pays s?accordent environ dix ans pour basculer complètement au numérique. Maurice a choisi d?emboîter le pas à des pays avancés. Le fait-elle trop tôt ? Seul le temps le dira. Pour le moment, le pays a choisi de suivre le mouvement international du numérique. La technologie analogique disparaîtra à long terme.

Offrir ce que le service public n?offre pas. Apporter la nouveauté, l?impertinence qui manque à la MBC. Etre tout ce que qu?une chaîne publique, avec ses multiples contraintes, ne peut être.

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