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Symboliquement économique
Après ses visites d?État plutôt réussies en Inde, en France, à Mada-gascar et au Mozambique, Paul Bérenger reprend son bâton de pèlerin pour arpenter le Koweït et le Pakistan. Pour y faire quoi ? Un communiqué du bureau du Premier ministre énumère tous les accords économiques qui seront signés et les dossiers qui seront abordés. Mais tout cela laisse un arrière-goût de « pas assez ».
Pour sa visite au Mozambique en mai dernier, l?agenda de Paul Bérenger était aussi chargé, sinon davantage, que pour la tournée qu?il a entamée depuis hier. Prenons le Koweït. Le PM y va avec une liste de commissions réduite. Il y signera, selon toute vraisemblance, un accord consolidant le traité de non double imposition qui existe déjà entre les deux pays.
Le Kuwait Fund pourrait également octroyer un prêt à l?État pour qu?il mène une étude sur l?exploitation des ressources halieutiques du pays. Depuis sa création, ce fonds a déjà prêté $ 57,6 millions, soit plus de Rs 1,6 milliard, à Maurice pour financer divers projets. On peut donc nourrir un optimisme prudent au sujet d?une aide supplémentaire. Mais il ne faut pas non plus espérer des enveloppes d?aide pharaoniques !
À Islamabad, les ambitions ne pourront pas non plus être trop grandes. Deux accords visant à consolider les flux commerciaux entre les deux pays seront signés. Mais il se trouve que le Pakistan a pour voisin l?Inde. Et ce pays occupe le terrain à Maurice grâce à des avantages comparatifs indéniables dans presque tous les domaines de coopération économique.
Ainsi, le fil indien est déjà très utilisé dans le textile. De plus, les universités de la Grande Péninsule attirent des centaines de Mauriciens. Enfin, l?Inde est l?alliée stratégique de Maurice, avec la France, dans le développement du secteur des technologies de l?information et de la communication. Le flux d?investissements internationaux transitent plus par New Delhi que par Karachi pour atteindre l?Afrique, l?Asie ou l?Europe. Le Pakistan, vu sous cet angle strictement économique, ne représente qu?un intérêt relatif pour Maurice.
C?est à se demander si une délégation menée par Pravind Jugnauth, le ministre des Finances et Jayen Cuttaree, celui des Affaires étrangères, n?aurait pas suffi. L?un aurait négocié et paraphé les accords de coopération économique, tandis que l?autre aurait poursuivi dare-dare sa campagne pour l?élection au poste de directeur général de l?Organisation mondiale du commerce. Un poste que beaucoup lui promettent désormais.
Alors quoi penser de cette mini-tournée ? Eh bien? il fallait que Bérenger la fasse ! Car après ses visites en Afrique, en Inde et en Europe, Paul Bérenger ne pouvait pas ne pas se rendre dans une région du monde qui partage des affinités culturelles et cultuelles avec Maurice. On le lui aurait reproché, à un moment ou un autre.
Et si c?était, en fait, la principale raison de son déplacement ? Qui ne serait que, somme toute, que symboliquement économique !
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