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Sylvio Michel, l?équilibriste

24 avril 2004, 20:00

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Le ministre Sylvio Michel tient un discours ambigu. Tantôt il défend avec acharnement le bilan du gouvernement et chante les louanges de Paul Bérenger. Tantôt, il défend son parti, Les Verts-Fraternels, et se dissocie des actions gouvernementales : « J?ai opté pour le combat, même si cela signifie pour moi la réprobation de mes camarades de l?alliance », nous a-t-il déclaré hier.

Jeudi soir, lors du congrès MSM-MMM à Vacoas, Sylvio Michel, tout sucre, a pris la parole pour inviter les militants du n° 16 à venir en masse, le 1er mai, au meeting du gouvernement à Rose-Hill (voir aussi pages 10-11) : «Bizin donn enn enkourazmen a Bérenger pour qu?il continue son travail.» Dans le même souffle, il s?en prend à l?express qui, dans son édition du 20 avril, annonce que « Les Verts sont en stratégie de rupture avec le MSM-MMM».

Devant Pravind Jugnauth, il s?élève : «Mo finn gagne sok par sa lartik L?express là. Dimounn rakont ninport kwa. E zot, piblie saki fer zot plaisir ! » Il ajoute qu?il n?a aucunement l?intention de quitter le gouvernement et que même s?il n?est plus ministre, il siégera comme backbencher du gouvernement. Sylvio Michel veut ainsi mettre un terme aux rumeurs de rupture et offre, louangeur, une image lisse de l?action gouvernementale?

Mais à l?intérieur de son parti, la posture de Sylvio Michel n?a pas fait que des heureux. Au sein des Verts-Fraternels, il y a deux courants de pensée : l?un est pour le maintien du parti au sein du gouvernement et l?autre, exaspéré, proteste : « Nou mari emerdé parski pe pran nou pou larzan kontan », confie un membre de cette faction.

Face à une telle situation, Sylvio Michel joue à l?équilibriste. A l?express-dimanche, il résume les positions divergentes qui existent au sein des Verts-Fraternels, en tentant maladroitement d?être réconciliant.

«Si avant les élections, nos partenaires nous avaient parlé de leur position sur les OGM, nous n?aurions sans doute pas conclu d?alliance politique avec eux. Et sur la compensation ma position est connue (?) Nous avons dû faire pression pour faire respecter cet engagement qui pourtant figure sur le programme gouvernemental. »

Ces deux dossiers ont provoqué l?ire des Verts-Fraternels. Et Sylvio Michel reconnaît que «ce n?est pas de cette façon que l?on traite un partenaire ».

Les Verts uniquement des «spectateurs»

Pour comprendre le litige entre les Verts et le MSM-MMM, il faut remonter jusqu?en 2000, avant la conclusion de l?accord Medpoint entre le MSM et le MMM. Les Verts-Fraternels avaient déjà négocié et conclu un arrangement électoral avec Sir Anerood Jugnauth, alors leader du MSM. Par la suite, celui-ci a décidé de s?allier avec le MMM. Même si les Verts-Fraternels ont finalement obtenu deux tickets, Sylvio Michel estime qu?« il y a eu et il y a toujours une confusion ».

Mais le grief du parti, c?est que leur couleur et leur symbole « n?ont jamais figuré sur les affiches de l?alliance ». Ce qui fait dire à Sylvio Michel : « Nous avons l?impression d?être accessoirement des partenaires et notre rôle est confiné à celui de spectateurs. »

Le ministre de la Pêche peut haranguer la foule pour lui dire de soutenir le gouvernement à Rose-Hill, mais lui, ce 1er mai, il sera à Mahébourg, avec son parti.

« Quand viendra le moment d?un nouvel accord politique, si mon parti est invité, je dis bien, si nous sommes invités, il fera connaître ses propositions? »

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