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Sutherland : ?A moi la gloire !?
La première impression n?est pas du tout la bonne. Justine Sutherland aime se la jouer timide et discrète, mais elle ne l?est pas, mais alors là pas du tout.
Brillante lauréate du Trophée Saab dans le tableau relevé des moins de 15 ans, la jeune Sud-Africaine a même le verbe très facile. Elle parle de tout et de rien, sait ce qu?elle veut et prend toujours le soin d?utiliser les mots justes et réfléchis. C?est ce qu?on appelle une fille intelligente.
Et puis, Justine est ambitieuse. Terriblement ambitieuse. Elle veut croire en ses rêves et se donne toujours les moyens de les concrétiser. Venue à Maurice pour inscrire son nom au palmarès du tournoi, elle a repris l?avion avec la « satisfaction du devoir accompli ». Car, dit-elle, « il fallait que je prenne ma revanche ». « J?ai eu bien du mal à digérer ma défaite à la Réunion, à l?occasion du Top Jeunes. Et je me suis dit, « Justine il faut que tu gagnes ce tournoi-là ». Je crois que je n?aurais pas été capable d?accepter une nouvelle défaite. Perdre une fois, d?accord, mais pas deux fois. C?est vraiment dur d?échouer quand on est si près du but », explique la petite Sutherland.
Sa finale contre Suzelle Davlin ne fut pas très jolie à voir. C?est d?ailleurs elle qui le dit : « J?ai fait plein de fautes. J?étais vraiment nerveuse avant de monter sur le court et cela s?est ressenti dans mon jeu. La pression était énorme. Je crois que c?est à cause de l?enjeu », explique celle qui, jusqu?ici, n?avait jamais défendu les couleurs sud-africaines à l?étranger.
Et Justine Sutherland d?ajouter : « La chance que j?ai eue, c?est que Suzelle était encore moins bien préparée que moi. Du coup, j?ai gagné. »
Ce titre, la jeune Sud-Africaine le dédie à ses nombreux supporters qui n?ont eu de cesse de l?encourager tout au long de la semaine phénicienne, mais aussi à Saab, le sponsor de la compétition, et aux organisateurs « qui ont tout fait pour nous rendre heureux ».
Gagner le Trophée Saab, c?est bien. Mais Justine a d?autres objectifs bien plus glorieux. On vous l?a dit, elle est terriblement ambitieuse !
« Je veux être numéro un mondial et je le deviendrai un jour », enchaîne la Sudaf. « Il est hors de question que je consacre autant de temps au tennis pour me contenter des miettes à l?arrivée. Non, non, je veux faire partie des meilleures joueuses du monde et, croyez-moi sur parole, je vais réussir. »
Pas facile pourtant de briller en WTA quand on doit croiser la route des Hénin, Clijsters et autres Williams : « Don?t worry, I?ll be there for them », répond-elle mi-naïve, mi-insolente.
Sa réussite future servira à une bonne cause, promet-elle. « Avec l?argent que je vais gagner, je vais aider les jeunes joueurs talentueux qui n?ont pas les moyens d?intégrer les filières de formation traditionnelles. »
Justine Sutherland sait toutefois que le chemin vers la gloire est encore long : « Long et difficile », reconnaît-elle. « Mais je ne m?arrêterais pas tant que je n?aurais pas atteint mon objectif. That?s my gold for life. » Et d?ajouter : « Je sais que je dois encore progresser, que ce soit au niveau du jeu qu?au niveau du mental. Quand je joue mal, j?ai tendance à m?énerver sur le court et mes adversaires le savent. Ils exploitent à fond cette faiblesse. Je dois vraiment faire un effort de ce côté-là », avoue Sutherland, originaire de Johannesburg, métropole déchue qu?elle porte dans son coeur envers et contre tout.
Un petit mot sur Maurice avant de conclure ? « Ah oui, comment oublier ça ! Franchement, j?ai passé une semaine magnifique ici. C?est le plus beau tournoi auquel j?ai participé. C?est un super pays. J?aime l?île Maurice, j?aime les Mauriciens. Et je reviendrai forcément? »
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