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Surmonter La perte d?un enfant

5 juillet 2003, 20:00

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«Je déteste Dieu pour ce qu?il m?a fait. Toute ma vie, je l?ai prié. Je ne lui ai jamais demandé ni argent, ni belle voiture. Je ne lui demandais qu?une bonne santé pour mes enfants. Il a pris ma fille. Je ne pourrai plus me tourner vers lui. » La colère de Nishi Jeetun est mêlée de larmes. Sa fille de 21 ans a été emportée par la maladie et le vide qu?elle a laissé ne cesse de croître. Comme cette mère, beaucoup de parents vivent cette épreuve atroce que les mots arrivent difficilement à décrire. Ils ont la conviction que leur chagrin sera éternel, que la blessure ne se refermera jamais. On peut imaginer le calvaire qu?ils vivent. Les tragédies de ces derniers mois n?ont cessé de mettre l?opinion en émoi. Nadine Dantier, violée et étranglée tout près de chez elle, Razaala Mansoor, 18 ans, morte au terme d?une intervention chirurgicale qui avait pour but de lui extraire trois dents. Le petit Sunil brûlé vif par deux enfants de son âge? Accident, homicide, suicide? quand la mort arrive sans crier gare, c?est comme si le ciel vous tombait sur la tête. « On est précipité dans une crise, on est désorienté, on encaisse le choc. On voit sa vie changer en l?espace d?un instant et on crie à l?injustice », explique le psychologue Mahen Motah. De nombreux témoignages soulignent que l?être disparu était en bonne santé, ce qui sous-entend qu?il est parti trop tôt. Les parents éprouvent de la colère, un sentiment d?échec et parfois de culpabilité car leur enfant ne devrait pas mourir avant eux. « On a besoin de réunir le plus d?informations possibles sur ce qui s?est passé pour faire le deuil », répètent les Buffion dont le fils a été tué par balles sur un terrain de chasse. Les Sourmarie, eux, ne comprennent pas encore ce qui a pu passer par la tête de leur fille. « Elle s?est toujours indignée face au suicide des autres. Comment a-t-elle pu se pendre ? », se demandent-ils. C?est surtout la soudaineté d?un tel décès qui est insupportable et le sentiment qu?il aurait pu être évité hante les proches. « Quand la mort est anticipée, on s?y prépare et on pleure », affirme le psychologue. On souffre de voir l?enfant s?affaiblir, mais on sait qu?il est encore là. L?entourage éprouve le même désespoir que pour une mort subite. Ce deuil prend-il fin un jour ? « Ce n?est jamais vraiment fini. On s?en accommode », répond Mahen Motah. On peut donner un sens à la mort en écrivant un livre. Tout dépend des caractères. « Cer-tains affrontent la mort plus facilement que d?autres. Mais les anniversaires, les jours de fête font ressurgir les émotions. » La relation avec un mort perdure au-delà de la tombe, mais il faut vivre avec le deuil et non sous son emprise.

Corina JULIE

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