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Sunil Kumar Bundhoo
<I>Chef du département d’économie et de statistiques à l’université de Maurice</I>
● <B>Existe-t-il d’autres alternatives à la politique économique qu’on mène actuellement ?<</B>
Se dressent devant nous des défis majeurs dont la restructuration économique et le développement de nouveaux piliers afin d’atteindre un taux de croissance qui entraîne une réduction du taux de chômage et de la pauvreté. Au niveau macroéconomique, nous n’avons pas le choix. Mais c’est au niveau microéconomique que se posent certaines difficultés.
● <B>Quelles sont-elles ?</B>
L’une des conséquences de la réforme, c’est le sacrifice auquel on est soumis. Il est cependant injuste que ce soit les seuls revenus moyens, voire les revenus quelque peu supérieurs, qui doivent porter ce sacrifice alors que les classes les plus aisées continuent à profiter des avantages et mesures incitatives que leur accorde l’État. Certains, au nom du business, continuent à profiter des faveurs. Lesquels faveurs sont financés par l’État au détriment des salariés et des classes moyennes.
Comment expliquer aux gens qui doivent payer les frais d’examens de leurs enfants qu’il faut se sacrifier alors que la corporate tax est ramenée de 25 % à 15 % ? Il importe, par conséquent, d’interroger toute la politique des mesures incitatives fiscales et monétaires car certains du secteur privé en tirent avantage sans investir et sans assumer leur responsabilité sociale et ne pensent qu’au profit.
● <B>Le secteur privé est donc, selon vous, responsable de la stagnation économique ?</B>
Il faut nuancer les choses et ne pas effectuer des généralisations. En même temps, la réalité demeure que de nombreux programmes d’encouragement ont été mis en place pour le développement du monde des affaires.
Or, au lieu d’une hausse des investissements privés, certains ont développé une mentalité de rentiers. Ce n’est pas au gouvernement seulement d’entreprendre des changements majeurs. Il faut plus de corporate social responsability et aussi plus de prise de risque.
● <B>L’un des grands débats actuellement concerne le ciblage. Quelle est votre position sur cette question ?</B>
Dans le contexte d’une population vieillissante, le ciblage est important. On ne peut accorder des subventions à des gens qui n’en ont pas besoin. L’important dans ce dossier est de bien définir le plafond et de prendre des décisions qui reposent sur des normes conformes aux réalités économiques du pays.
Il faut aussi savoir que dans toute stratégie de ciblage, il faut une certaine flexibilité qui tienne en compte les cas exceptionnels qui seront exemptés même s’ils se situent dans les paramètres établis.
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