Publicité
Sucre : une baisse de 29 % évoquée
Lueur d’espoir dans les couloirs de l’Union européenne (UE). Une dizaine de pays européens qui contestent l’ampleur de la réforme du régime sucrier, soutiennent qu’une baisse de 29 % au lieu de 39 % du prix garanti, serait suffisante et soutenable.
Cette position est débattue par Maurice et le groupe d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique (ACP), sur qui pèse une menace de prix drastique de 39 %.
Le ministre de l’Agro-Industrie, Arvin Boolell, insiste sur l’importance de la dimension politique et du lobby au niveau des chefs d’Etat et des ministres, pour tenter in extremis d’obtenir une réforme plus souple et des soutiens financiers plus généreux.
C’est ce qu’il a déclaré à l’express hier, de retour d’une mission à Bruxelles, suivie d’une conférence ministérielle au Kenya. “Cette locomotive politique prend de la vitesse. Elle devient un TGV. Elle ne déraillera pas”, affirme-t-il.
Le dynamisme politique s’appuie sur cette position du groupe des like-minded countries de l’UE notamment l’Espagne, le Portugal, l’Italie, la Finlande, la Pologne et la Grèce. Ces pays se réunissent le 12 octobre pour peaufiner leur position finale, en attendant la réunion cruciale du Conseil des ministres européens de l’Agriculture prévue pour la fin du même mois.
<B>Contradiction totale entre l’UE et les politiques</B>
De leur côté, les ACP comptent alerter les chefs d’Etats des pays européens sur les dangers que représente une baisse de 39 % pour leur économie. “La commission n’a pas tenu compte dans ses propositions de réforme de l’engagement politique, légal et moral que l’UE a pris envers les ACP. Il y a une contradiction totale entre la position de la Commission européenne et la classe politique”, souligne le ministre Arvin Boolell.
Les ACP comptent également faire ressortir que l’Organisation mondiale du commerce (OMC) n’a jamais demandé à l’UE d’entreprendre une réforme sucrière de cette ampleur. Au contraire, en juillet 2004, l’OMC a même demandé d’accorder un délai plus long, soit huit ans, pour permettre aux ACP de s’ajuster à la baisse des prix.
Qui plus est, des correspondances avec les pays comme l’Australie, le Brésil et la Thaïlande révèlent que ces derniers n’ont jamais remis en question l’accord entre l’UE et les ACP.
Les ACP, qui disposent déjà du soutien des Pays les moins avancés (PMA), comptent aussi alerter le G90 pour soutenir leur cause, au niveau de l’UE et, dans un proche avenir au niveau de l’OMC.
Le ministre Arvin Boolell, lors de sa mission en Europe, a réaffirmé la position à l’effet que les ACP ont toujours exporté un volume de 1,3 million de tonnes de sucre et pas plus. Il n’y pas de crainte de dumping de la part des PMA dans la mesure où ce groupe demande un cadre définissant les volumes et les prix pour pouvoir exporter, ce qui n’existe pas actuellement.
Lors de cette même mission, le ministre Boolell a multiplié les contacts pour passer ce message politique. A Kisumu, lors de la conférence spéciale des ministres sur le sucre, les ACP ont adopté une déclaration finale où ils déplorent le fait que la commission n’a pas été à l’écoute de leurs demandes. Mais ce sont des technocrates qui parlent le langage des chiffres…
Publicité
Publicité
Les plus récents