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Sucre : Arvin Boolell réclame un lobbying ?efficace?
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Sucre : Arvin Boolell réclame un lobbying ?efficace?
La réforme du régime sucre de l?Union européenne (UE) inquiète l?opposition. Particulièrement pour la menace qu?elle représente pour l?avenir des petits planteurs, devenus ?extrêmement vulnérables?. Arvin Boolell, le porte-parole du Parti travailliste sur le dossier sucre, estime que Maurice doit faire un lobbying ?efficace et significatif? sur le plan international si elle veut minimiser l?impact de la baisse des prix annoncée.
Un gouvernement qui se veut ?responsable?, a déclaré Arvin Boolell lors d?une conférence de presse hier, doit mobiliser tous les partenaires du secteur sucrier pour un débat national débouchant sur l?élaboration d?un plan d?action. Celui-ci portera sur les stratégies à être adoptées sur le plan local et international dans le sillage de la réforme annoncée par la commission européenne. D?autant plus, dit-il, qu?en 2008, les réformes proposées peuvent s?accélérer.
Avec cette réforme, le prix du sucre importé des pays d?Afrique, des Caraïbes et du Pacifique (ACP) par les pays de l?Union européenne accusera une baisse de 37 % d?ici 2007. Il faut aussi tenir compte du fait que l?Organisation mondiale du commerce (OMC) a invité l?UE à revoir son régime sucrier à la suite du litige déclaré par le Brésil, l?Australie et la Thaïlande. Ce qui constitue une menace pour le sucre mauricien, même si le verdict du panel de l?OMC n?est que préliminaire.
?Le ministère de l?Agriculture a dit que les ACP vont rechercher une compensation intégrale dans le contexte de cette éventuelle réduction de prix. Cela doit être clairement défini et les modalités doivent être élaborées de façon appropriée?, dit Arvin Boolell.
Il est essentiel, dit-il, que notre lobbying fasse le poids car la commission européenne veut effriter la solidarité entre les Etats-membres des ACP quand elle fait mention de mesures d?accompagnement spécifiques pour chaque Etat-membre de ce bloc.
Ce lobbying, ajoute le parlementaire rouge, doit être mené à tous les niveaux : Parlement européen, Conseil des ministres, raffineurs et betteraviers et avec les Etats membres européens, tels que la France, l?Allemagne et l?Espagne, et l?Irlande avec lesquels nous avons des intérêts communs.
La réunion entre les ministres de l?Agriculture de l?UE et des ACP prévue pour octobre est une occasion en or pour mettre en exergue l?importance du Protocole sucre et de l?accès au marché préférentiel avant que les ministres européens ne se rencontrent en novembre pour prendre une décision finale sur la question.
Selon Arvin Boolell, le Premier ministre, Paul Bérenger, aurait dû être présent au sommet des ACP en juin à Maputo. Cela, dit-il, a été une occasion ratée pour les chefs d?Etat des ACP de préparer une déclaration conjointe pour rejeter les propositions du commissaire européen, Franz Fischler, ayant trait à la réforme du régime sucre de l?UE.
?C?est dommage que dans la situation d?urgence économique où se trouve le pays, le PM n?a pas encore eu une réunion avec le leader de l?opposition pour discuter de la question du sucre.?
Le PTr propose la création d?un Small Planters Reserve Fund pour permettre, entre autres, aux petits planteurs de préparer leurs terres et de bénéficier de subventions sur les tarifs d?électricité et d?irrigation. Arvin Boolell soutient qu?en raison du retard dans l?exécution de certains projets ayant trait à l?irrigation dans le Nord, les planteurs de cette région ont encouru des pertes cumulées d?environ Rs 1,2 milliard ces trois dernières années. ?Avec les réformes annoncées, ce sont eux qui seront les premières victimes.? Pour cette raison, estime Arvin Boolell, il est impérieux qu?ils reçoivent un traitement spécial et différencié. Car contrairement aux usiniers-planteurs, aucune mesure d?accompagnement n?a été clairement définie pour sauvegarder leurs intérêts.
Créer un institut de biotechnologie
?Le gouvernement a abdiqué devant ses responsabilités concernant le secteur agricole. Si on ne fait pas attention, la communauté des planteurs risque de disparaître. Ce risque est réel?, dit-il.
Selon lui, la communauté des planteurs est ?révoltée? par le projet de création d?un institut de biotechnologie alors qu?il existe l?université de Maurice et le Mauritius Sugar Industry Research Institute. Il s?en est pris aussi à l?aide financière accordée à des pays de la région ?alors que les petits planteurs font face à de nombreux problèmes?.
Le PTr propose aussi la création d?un Democratisation Fund (ou Equity Fund) afin que les planteurs puissent investir, comme pour le Sugar Investment Trust, à un taux nominal dans les centrales thermiques bagasse-charbon.
Le prix auquel le CEB achètera de l?énergie de la centrale d?Union St.-Aubin, actuellement en construction dans le Sud de l?île, a été critiqué. Cette centrale va brûler uniquement le charbon. ?C?est 60 sous l?unité plus cher que le prix obtenu des centrales bagasse-charbon?, dit-il.
Le député rouge s?est attardé sur les profits ?intéressants? réalisés à Ebène par Mon-Trésor-Mon-Désert dans les ventes de terres dans le cadre du Illovo Deal.
Selon Arvin Boolell, aucun secteur économique n?a connu une baisse d?emploi aussi importante que l?industrie sucrière ces 15 dernières années. Depuis 1986 à ce jour, plus de 32 000 personnes ont quitté ce secteur dans le contexte de la centralisation et le Voluntary Retirement Scheme (VRS). Malgré cela, dit-il, la Mauritius Sugar Producers Association maintient que le coût de production demeure très élevé.
?Les sucreries ont recours au VRS pour réduire leur coût de production alors que les coûts de leurs overheads restent excessifs?, dit Arvin Boolell. Ce dernier estime que le recours au VRS a créé des problèmes sociaux pour un certain nombre de personnes.
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