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Subana, du mauricianisme dans le biscuit
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Subana, du mauricianisme dans le biscuit
?MAURITIUS Biscuit, c?est moi.? Assis devant son large bureau tapissé, Noopnarain Sukai a de quoi être fier de lui. Depuis 1971, le directeur exécutif de Mauritius Biscuit Making Ltd veille sur son entreprise comme sur un bijou. L?espace de quelques lignes, il nous dévoile les dessous de son joyau?
A Bell-Village, le parfum que dégagent les biscuits Subana embaume l?air. Dans l?entrepôt de stockage, les sacs de matières premières attendent : farine, sucre, sel d?être mélangés dans les batteuses. Lorsque Noopnarain est pris, c?est Dharam Puttyah, 52 ans et production manager qui supervise les opérations. ?Pou ène variété, mélanz bane ingrédian capav dir deux heures?, dit-il. La salle du mélange est aussi le royaume des arômes : caramel, coco, custard, fraise, limon, orange, toffee ou vanille. Tous les ingrédients sont de premier choix, du sucre raffiné au lait entier. ?Nou mem gard ène boite pou bane biscuits kasé. Lerla, nou kraz zot ek nou fer ène lapoud avan reservi li dan lapat?, explique Dharam.
Le vacarme des machines fait vibrer l?usine. L?un des ouvriers pousse une benne chargée à ras bord de pâte. Il laisse sa cargaison dans un monte-charge qui la soulève à cinq mètres au-dessus du sol. Par un mouvement de bascule, le tombereau verse la pâte dans un entonnoir métallique, qui dirige le mélange vers le tapis roulant. Trois rouleaux compresseurs étalent la pâte en une couche graduellement plus fine. ?Nous fer dabor huit millimètres, après cinq et en dernier un mm. Sa même lepaisser ki bizin pou cuisson.? D?autres rouleaux impriment dans la pâte les motifs appropriés ? cercles ou carrés, bordures en queue d?aronde ou rectiligne ? choisis en fonction des commandes.
Après ce rouleau d?impression, un second découpe les biscuits et sépare la pâte non-utilisée. Chez Mauritius Biscuits, on ne connaît pas le gaspillage. Le résidu de pâte sera de nouveau recyclé vers l?entonnoir, et ainsi de suite. Quant à la pâte en forme de biscuits, au four !
Celui-ci, vieux de 22 ans, fonctionne au diesel. Il étend sa carcasse métallique sur 33 m. Son ronflement intimide. Il faut six minutes à un biscuit pour le traverser à une température de 260°C.
A l?autre bout du four, les biscuits couleur ébène et or sortent un à un. Trop mous, ils sont encore impropres à la consommation. Sur le tapis roulant, ils glissent à température ambiante vers la salle d?empaquetage.
Production et marché
Là, fichus et tabliers blancs s?agitent. Le geste docile, les ouvrières enlèvent les biscuits du tapis pour les disposer dans des caisses. L?usine dispose de deux machines d?empaquetage. ?L?une est complètement automatique et l?autre, assistée manuellement?, explique Noopnarain.
La première, longue de 4 m, occupe tout un local et empaquette les biscuits en sandwich. Les ouvrières alimentent en tranches de biscuit la machine qui les tartine de crème avant de procéder à l?emballage de 32 paquets à la minute.
Rajesh, l?opérateur, sans cesse en alerte, veille à rembobiner un rouleau de larges feuilles plastiques qui forment, après découpe et scellage automatique, l?emballage du produit. ?Rentre en ligne, madame !? lance-t-il à une ouvrière avec autorité. Fin prêts, les paquets de biscuits seront distribués à travers l?île par la flotte de camions. Ne compter que sur soi-même : telle est la devise de la marque Subana.
Mauritius Biscuits commercialise quarante types de biscuits : du salé (Kris, Cream Crackers), au sucré (Marie, Petit Beurre, Duchess) à la gaufrette ou au diététique (Wheat Crackers). Autre activité moins connue : elle fabrique des cornets de glace revendus aux marchands itinérants et aux grands groupes alimentaires: Veneziana ou Kentucky Fried Chicken. L?entreprise, certifiée ISO 9001 en 2002 et privilégie une politique de bas prix, ne fonctionne qu?à 60% de sa capacité en raison de la saturation du marché.
SUCCESS STORY
Le sourire après la galère
- Mauritius Biscuits réalise un chiffre d?affaires de Rs 75 millions et emploie 240 personnes. Noopnarain Sukai lance Mauritius Biscuit Making Ltd en 1971, avec un capital de Rs 714, 000. La Banque de developpement lui accorde un prêt de Rs 400 000 car l?Etat encourage la diversification non-sucre. L?entrepreneur reçoit l?assistance technique de Franck Stockton, un ingénieur britannique qui installe la première machine semi-automatique en septembre 1971. Un mois plus tard, la compagnie entre sur un marché inondé de produits importés. ?Dimoun ti pensé : importé pli bon, local pa bon. Azordi mo pa koir?, affirme le directeur.
Mauritius Biscuit connaîtra deux ans de galère, essuyant de lourdes pertes. Puis Stockton quitte l?entreprise. En 1976, acquisition pour Rs 4,5 millions d?une machine allemande automatique, de la marque Hecrona. Les belles années commencent. Deux ans après, la compagnie entame la production de gaufrettes. L?exportation est marginale : seuls 2 %de la production sont dirigés vers Madagascar, les Seychelles et le Kenya. En 1994, une seconde unité de fabrication est inaugurée à Pailles. Cette année Noopnarain envisage l?inclusion du chocolat composé dans ses produits et négocie avec des fournisseurs d?Afrique du Sud et du Moyen-Orient.
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