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Stefan Hartde Keating slam master

21 mai 2004, 20:00

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Torse nu devant son ordinateur qui renvoie parfois le portrait de sa fille Beverly et de sa compagne Anneke, son verre de chocolat avalé, le regard clair, mal rasé, Stefan Hart travaille. Son hôtel renferme le c?ur de ce poète qui est soudainement devenu plus calme. Entre les nuages de sa cigarette qui s?effiloche, le slam master égratigne les mots et découpe son histoire. Celle d?un garçon aux rêves fous, celle d?un aventurier intarissable qui ?uvre depuis le 16 septembre 2002 à lancer le slam à Maurice.

Cet art oratoire qu?il a découvert lors d?un voyage en France après la diffusion du film Slam de Marc Levin. Ce même mouvement qui consiste à déverser des pigments de poésie sur une scène improvisée. Après avoir fait plus d?une centaine de sessions slam dans des bistrots, des cités ou en plein air, le slam master revient cette fois avec le Slam National, le dimanche 30 mai, un spectacle de poésie haut en couleur sous forme de concours. La nouveauté cette fois, c?est que Digital Studio filmera tout de cette journée. La caméra prendra en cliché de jeunes poètes à l?état d?ébauche.

Sur les traces de celui qui malaxe les mots et les sonorités, l?on découvre aujourd?hui un Stefan Hart, slam master jusqu?à l?os, posé et réfléchi. C?est un poète qui vole des vers et des proses dans l?instant de l?inspiration, un homme qui sculpte sa vie dans sa tête et qui fonce sur les occasions de partir à l?aventure. «Cela fait treize ans que j?écris. Avant j?étais un grand révolté parce qu?on ne m?ouvrait pas les portes. Les gens ne croyaient pas à la poésie ! Depuis j?écoute cette voix d?adolescent qui me souffle, suis tes rêves? » confie-t-il. Ses écrits reflètent sa vie, ses recueils de poésie comme La nuit et le jour en 1997, Pages d?une vie en 2001, Pérennité en 2002. Les Arts Editions a aussi publié Slamers 1 et Slamers 2 en 2003.

Ce «gourmet de culture» a une grande influence sur les jeunes. Le slam pour lui c?est un moyen d?entendre de la poésie, sortant de l?âme de rappeurs, de chanteurs, de jeunes à la recherche d?une scène pour oser et s?exprimer. «Le slam a été un tremplin pour de nombreux artistes. C?est un moyen de reprendre confiance en soi»,explique-t-il. Pour le Slam National du 30 mai, le slam master souhaite ardemment que les slameurs soient à la hauteur. 40 slameurs déclameront leur poésie devant au moins 200 spectateurs. C?est à l?aide d?un fax seulement que Stefan a pu organiser cet événement culturel.

Perfectionniste, il est de ces gens qui lancent spontanément «Un jour je ferais ça?» et qui finisse par le faire. Avec le slam qui signifie littéralement «Claquer», Stefan claque la scène, mime les sentiments et déverse ses coups de gueule en public. Politiquement incorrecte, contre l?injustice, contre la pollution, pour lui le tabou au slam n?existe pas. Même s?il en a marre de ces poètes qui passent leur temps à se plaindre, Stefan guérit les autres et lui-même à travers ses poèmes.

Adolescent, Stefan rêvait d?être metteur en scène, ou encore auteur de chansons. Ce dont il rêvait aussi, c?était de vivre sur une île déserte. Tous ses rêves se sont exaucés. Il s?est battu pour cela. De ses poèmes il en fait des chansons, à travers le slam il devient scénariste, metteur en scène et il a même vécu sur l?Ile aux Aigrettes pendant deux ans de 1990 à 1991. Homme aux multiples métiers, de soudeur, vendeur d?assurance à matelot? Mais le réveil de Stefan, c?est Richard Bach qui en est la source. Ce grand écrivain français, auteur de Illusions, c?est lui, qui a incrusté un grain d?aventurier en Stefan. Subjugué par le vol d?avion de cet auteur, Stefan opte depuis pour une liberté sans limite.

Sur scène, il n?a qu?une envie, celle de semer sa poésie comme des bulles d?oxygène dans l?air pollué de l?inculture. « Je suis un aventurier qui n?a peur de rien, qui aime surtout faire bouger les choses. Je veux faire de la poésie dans les cités, j?envoie des poèmes par mails maintenant, c?est plus vivant parce qu?éditer un livre est une perte de temps et d?argent! ». A brûle-pourpoint, Stefan se métamorphose, il n?est pas « provocateur » mais a maintenant développé une sagesse et une tranquillité d?esprit qu?il ne possédait pas avant.

Chez lui résonne des chansons de méditation, ou d?autres comme Indochine. Avec son chat «Pippi» comme compagnon, c?est derrière son écran que Stefan réalise ses projets. Des idées, il en a plein la tête. On pourrait le prendre pour un homme qui porte un fragment d?âme poétique, un double de Jim Morrisson, chanteur américain qui est l?inspirateur de Stefan. Ou on dirait tout court que Stefan Hart de Keating, c?est un poète qui ose, claque les vers et respire jour et nuit les senteurs salées de la poésie. Mais il faudra attendre d?aller au Théâtre du Plaza à partir de midi le 30 mai pour voir ces quarante poètes slameurs à l??uvre. Le spectacle de mots est d?ores et déjà assuré.

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