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St.-Félix : l?impatience bouillonnante des employés
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St.-Félix : l?impatience bouillonnante des employés
9 h 30. C?est la période de la coupe, mais, dans les environs de l?usine de St.-Félix, la vie a l?air de rouler au ralenti. Les artisans, en bleu de travail, sont là, mais ne font plus que de ?petits boulots?, souvent très éloignés de leur profession. Et ils n?ont plus le c?ur à l?ouvrage. Cela fait deux ans que ces 134 tourneurs, électriciens, mécaniciens, peintres et autres artisans de l?usine, qui se rendent à leur lieu de travail sont au chômage technique. Ils veulent être fixés sur leur sort, le conseil d?administration de la compagnie usinière de St.-Félix ayant approuvé une recommandation de mise en liquidation de la société.
?Nou pe cont lor gouvernmen pou kone ki li propoz fer pou nou. Nou pa pou gayn travay apre laz 40 an?, fait ressortir un artisan de 40 ans, employé à St.-Félix depuis l?âge de 20 ans. La moyenne d?âge des employés de l?usine est de 50 ans.
Les artisans de St.-Félix souhaitent que leur cas soit considéré sur une base individuelle. Cette année, les usines de Riche-en-Eau, Mon-Trésor et Mon-Loisir ont aussi soumis une demande de fermeture. La fermeture de ces trois usines ayant été liées à certaines conditions, les négociations sont toujours en cours entre l?Etat et les sucriers.
A St Félix, les travailleurs attendent pluôt la solution à leur problème. ?Nous sommes inquiets. Les autres usines, par exemple celle de Bel-Ombre, ont fermé rapidement. Les employés ont eu leur compensation rapidement?, insiste Gaëtan Letendrie, skilled worker à St.-Félix depuis 40 ans et secrétaire du syndicat, l?Organisation de l?unité des artisans. Ils espèrent recevoir une compensation qui équivaudrait à deux mois et demi de leur dernier salaire, par année de service, en conformité avec le Blueprint.
Aujourd?hui, c?est surtout leurs finances qui s?en ressentent. ?Pendant la coupe, les travailleurs comptent d?habitude beaucoup sur les heures supplémentaires pour alimenter le budget familial?, explique Jean-Claude Dercy, responsable des relations publiques de St.-Félix. En moyenne, les artisans et travailleurs touchent Rs 6 000 par mois. Avec les heures supplémentaires, cette moyenne monte jusqu?à Rs 8 000 à Rs 10 000, en fonction des attributions.
?Se enn situasyon difficil? raconte Gaëtan Letendrie. ?Ena certin paymen pas pe kapav efektue ek nou rasyon ne plis parey? ajoute ce père de trois enfants. ?Depi 2 an, nou pa pe kone kot nou pou ale. Nounn endete ek nounn pren bann loan? confie Dev Debydin, plombier depuis 37 ans à St.-Félix. ?Selmen ek nou la payy li dir pour fer enn fami viv?, ajoute-t-il.
Après la coupe en 2005, le 14 octobre, St.-Félix, la plus petite sucrerie du pays avait soumis une demande de fermeture au gouvernement. Depuis, la frustration a grandi chez les employés. ?Problem se ki moral fatige. Nek nou pe attann. Proprieter ti pe dir azorid pou bizin arete, dimin, apre dimin? explique Soopaya Coopen, peintre. Agé de 57 ans aujourd?hui, cela fait plus de 40 ans qu?il travaille sur la propriété sucrière.
Le management de la compagnie parle aussi d?effets néfastes par rapport à la santé des travailleurs. ?A travers un survey fait par notre département médical nous avons remarqué que le nombre d?hypertendus a augmenté. C?est la même chose pour d?autre maladies liées au stress, comme la gastrique ou l?insomnie?, affirme Jean-Claude Dercy.
Les travailleurs sont là du lundi au samedi entre sept heures et midi. Ils vaquent à quelques occupations mineures : un coup de peinture par ci, une réparation de tuyau par là. Certains esprits s?échauffent rapidement lorsque le sujet de la fermeture est évoqué. ?Bizin dir gouvernmen li ena enn bassin dilo trankil la, fer tansyon cave ena enn debordmen?, s?exaspère André Lamoureux, metal worker ayant 43 ans de carrière.
Malgré que l?usine ne roule pas, la compagnie sucrière a dû verser des salaires à ses employés. ?L?employeur n?a fait que payer. C?est un argent non productif et les salaires tournent autour de quelques centaines de milliers de roupies par mois?, soutient Jean-Claude Dercy. Il tient aussi à rappeler ?la vocation sociale de St.-Félix dans le factory area?. L?entreprise a fait don au fil des années de plusieurs lopins de terre dans la localité pour la création de marchés ou de gare routières, entre autres.
MIEUX-COMPRENDRE
<B>Taux de compensation</B>
■ Selon le ?Blueprint? de l?industrie sucrière, les employés en retraite prématurée ont droit à une compensation qui équivaut à deux fois et demie le dernier salaire reçu, par année de service. En fonction de leur âge et de leurs années de service, les employés doivent aussi recevoir des lopins de terre d?une superficie variant entre 10 à 16 perches.
La ?Multi Annual Adaptation Strategy? (MAAS) définit quant à elle les modalités du ?Voluntary Retirement Scheme 2? (VRS 2). L?âge minimal pour bénéficier d?une compensation de deux mois par année de service est de 45 ans pour les femmes et de 50 ans pour les hommes. Les employés qui sont plus jeunes bénéficieront d?une compensation moyenne d?un mois et demi par année de service. Des programmes de formation sont aussi prévus dans la MAAS pour ceux qui s?engagent dans le VRS 2.
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