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SSR pourfend la presse anti-travailliste

14 décembre 2005, 20:00

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Nos journaux et plus particulièrement certains éditorialistes s?émeuvent, ces jours-ci, de la récente sortie antimédiatique de Navin Ramgoolam et de ses énièmes menaces de sévir contre les journalistes réticents à accepter sans rechigner ses diktats. Rien de nouveau sous le ciel de Maurice puisque son père et celui de la nation, Sir Seewoosagur Ramgoolam, vouait déjà aux gémonies, en décembre 1980, la presse mauricienne et tous ses journalistes, accusés, sinon de lèse-majesté, du moins de faire montre d?hostilité à l?égard du Parti Travailliste, fondé en février 1936 par Maurice Curé.

Seuls trois journaux trouvent grâce aux? yeux de Ramgoolam : The Nation de Satcam Boolell, Mauritius Times de Bickramsing Ramlallah et, bien sûr, Advance de Seewoosagur Ramgoolam. Voilà les seuls journaux que les Mauriciens peuvent lire en toute quiétude, ?sans ki banne là coquin zotte l?esprit?, SSR dixit. Le MMM et la MTPA (Tax Payers Association) n?ont pas meilleure presse et sont logés à la même enseigne que la presse anti-travailliste rétive à la pensée unique.

Ainsi vitupère SSR, lors d?un congrès quatre-bornais de la Ligue Féministe Travailliste : ?La gazette propriété banne bourzois. Banne-là pas ti lé donné zotte droit de vote. Banne-là pas ti lé progrès la masse. Ou pas capave prend pou arzent comptant l?opinion ou banne l?ennemi. Nous, socialistes, pas capave nourri nous l?esprit ek banne l?idées capitalistes. Pas faire l?errère zour lélections. ?

SSR en veut à ceux qui exagèrent l?ampleur de la dette publique. Elle s?élève, à son dire, à Rs 2 milliards, à la mi-1980. Les revenus annuels de l?industrie sucrière seulement sont de Rs 3,5 milliards. La dette nationale est donc supportable. Cela n?empêche pas que l?opposition prend tout qualité bâtons pou batte sa pauvre Ringadoo, nous kam?rade miniss Finances. Ces coups anti-Ringadoo sont d?autant plus injustes qu?il peut compter sur les revenus touristiques annuels de Rs 400 millions et sur ceux de la zone franche manufacturière (Rs 600 m.). Mauvais zournalistes, mo dire ou !

D?ailleurs si la roupie de Ringadoo est dévaluée de 30 % c?est à cause des grèves syndicales (que ne faisaient pas, bien sûr, Anquetil, Ramnarain et Rozemont) et de la journée de désobéissance civile organisée par des patrons et une association de contribuables. Et sans la contribution des contribuables, il n?y a pas de budget possible. D?ailleurs la dévaluation n?est pas une mauvaise chose en soi. La France, l?Angleterre, la Russie, les colonies soviétiques derrière le Rideau de Fer, dévaluent au besoin, leur monnaie. La dévaluation fait marcher l?économie. Seuls les imbéciles affirment qu?il n?y aura pas de dévaluation de la roupie. ?Péna meilleur miniss Finances ki nous kam?rade Ringadoo. Li ène expert dans Finances?.

Les Mauriciens parlent de corruption. Après 30 ans de pouvoir travailliste, ils n?ont pu épingler que deux ministres et, là encore, le doute est permis. Ils parlent de corruption à la douane. Le gouvernement ne saurait être responsable s?il y a des fonctionnaires véreux et malhonnêtes, affirme Seewoosagur Ramgoolam. Ou capave empesse dimoune coquin ? Si dimoune coquin, gouvernement pas capave repsonsable !

Le MMM est, pour sa part, accusé d?être communiste, antidémocratique, anticapitaliste et surtout de prôner la nationalisation de l?industrie sucrière et des grosses entreprises. Bref de vouloir doubler le PTr sur la gauche. La menace est d?autant plus sérieuse que le MMM est au moment de donner son c?ur à Harish Boodhoo et, la main sur le c?ur, ce dernier se prépare à rompre ses fiançailles avec l?UDM de Guy Ollivry pour faire alliance avec le parti des Mauves.

L?histoire se répète et on en veut par preuve les vacances parlementaires de décembre 1980 à fin mars 1981. C?est l?occasion d?un bilan parlementaire. La coalition PTr-PMSD-CAM compte, à la fin de décembre 1976, 36 députés + Paul Cheong Leung (le Rama Valayden de 1980) et le MMM 34. Depuis la coalition a perdu trois contestataires (Boodhoo, Gungoosingh et Beedassy) mais gagne quelques transfuges (Suresh Moorba, Augustave, Harris Ramphul, K. Coonjan). Trois ex-MMM siègent en indépendants (Bizlall, Jundoosingh et Vijay Venkatasamy). Ce qui donne un total de 37 voix à la mi-décembre 1980, à la coalition PTr-PMSD-CAM, 27 voix au MMM, trois voix indépendantes et trois voix en PSM. SSR siège au parlement depuis 1940, Ringadoo depuis 1952, Boolell depuis 1953. Trois femmes siègent à l?Assemblée législative (Ghislaine Henry, Vidula Nababsingh et Shirin Aumeeruddy-Cziffra). L?Assemblée législative est constituée, en 1980, d?une vingtaine d?enseignants, d?une quinzaine d?avocats et d?avoués, de sept syndicalistes, de six planteurs et propriétaires, de six journalistes, de cinq médecins, infirmiers et pharmaciens, de cinq cadres de compagnie, d?un commerçant (Sunnassee), d?un courtier (Malherbe), d?un comptable (Ramchurn), d?un chimiste, d?un footballeur (Harris Ramphul) et d?un travailleur social (Harish Boodhoo).

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