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SSR : la désobéissance civile est un désastre liberticide?
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SSR : la désobéissance civile est un désastre liberticide?
Un séminaire des Jeunes Fermiers et de la Fondation Friedrich Ebert sur la ? schisosomiasis et sur la résistance aux ?pesticides, permet au Premier ministre de s?épancher et de dire ce qu?il a sur le c?ur depuis le vendredi 22 juin 1979 de la désobéissance civile. SSR ne comprend pas ce recours à un tel extrémisme pouvant détruire la démocratie : ?Bon Dié conné ki faire dimoune excité. Ki faire zotte faire la grève zénérale. Pas comprend ki souffrance zotte éna !? Certains ont eu beaucoup en peu de temps. Mais nous devons préserver ce que nous avons. Il n?y a pas de dictature et mon gouvernement compte à son actif tant de réalisations. Ringadoo aide le pays à joindre les deux bouts. L?alternative à mon gouvernement c?est la dictature ». Se rapprochant enfin du thème du séminaire, il révèle que l?environnement à Maurice est menacé par des forces? fascistes !
Abusant de la liberté de la presse (Ramgoolam dixit), l?express donne la parole à Harish Boodhoo, ?un jeune politicien qui tente de voir les choses sans fard et sans se soucier du qu?en dira-t-on?. Le crédit de la désobéissance civile, il le laisse à la population active, du planton au chef d?entreprise. Il habite déjà à Belle-Terre. Redonnons-lui la parole : Tant que SSR sera à la tête du PTr et du gouvernement, de changement et d?épuration il n?y en aura point ; il est contesté mais vainement au sein du PTr ; on y a peur de lui dire en face certaines vérités ; un Senior Minister l?a reconnu publiquement au Guest House (Clarisse House) ; un autre a dit : ?let?s do away with the dirigism?; je suis la voix de la conscience de la majorité des parlementaires travaillistes ; SSR n?a plus à c?ur l?intérêt de la nation et s?intéresse désormais au pouvoir ; sa devise est devenue : après moi le déluge ; on a tort de croire qu?un leader de parti est irremplaçable. Ramgoolam enfin parti, les députés du PTr sauront donner à ce parti le leader qu?il lui faut ; un leader capable de l?épurer ; de remplacer l?exécutif ; de le réorganiser scientifiquement ; de choisir les meilleurs candidats disponibles ; d?élaborer un manifeste électoral aussi socialiste que ceux des années 1950 ; un leader conscient des problèmes mauriciens pouvant être résolus par des experts mauriciens.
Boodhoo estime que l?affluence à ses meetings témoigne de la nécessité d?une troisième force politique. L?électorat veut d?un changement. Il suffit de trouver des candidats inédits, ayant une bonne notion de la politique mais aussi des mains pures. Dans la confusion actuelle, la question d?une 3e force est prématurée.
Il conclut : ?La désobéissance civile est avant-tout un appel à chacun de sonder sa conscience?.
Gaëtan Duval n?est pas non plus inactif en ces jours de grande confusion. Les négociations, entre Ringadoo et les 30 organisations responsables de la journée de désobéissance civile, sous-entendent que le ministre des Finances serait prêt à transiger au sujet de 90% des mesures fiscales de la première version de son budget 1979/80. Se prétendant l?arbitre de la situation, le PMSD exigera que le secteur industriel, les contribuables et les consommateurs n?aient pas à faire les frais des gaspillages du gouvernement. Pas question donc de freiner l?industrialisation ou de taxer exagérément la consommation. En revanche, le gouvernement devra, pour une fois, se serrer la ceinture, suspendre les privilèges hors taxe pendant un an, abolir les ambassades inutiles. Le gouvernement doit vivre selon les moyens dont dispose le pays. Il y a match nul entre désobéissance civile et gouvernement. Prolongation et résultats définitifs seront bientôt connus. L?arbitre demeurant, comme de bien entendu, le PMSD de Gaëtan Duval.
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