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Spécialiste en réanimation médicale et référent en antibiothérapie (France)

3 août 2007, 00:00

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Comment définit-on la réanimation médicale, une spécialité encore peu développée à Maurice ?

La réanimation médicale assure la prise en charge de patients souffrant de défaillances multi-viscérales, c?est-à-dire une atteinte de plusieurs organes vitaux. Ces défaillances peuvent survenir au cours d?une pathologie aiguë (infections graves, infarctus massif du myocarde, insuffisance rénale aiguë, coma) ou dans le cadre d?une maladie chronique (insuffisance respiratoire chronique, insuffisance cardiaque...).

Dans certaines situations, la réanimation peut être amenée à assurer la prise en charge postopératoire de chirurgies lourdes. Dans ces différents contextes, les organes ne sont plus capables d?assumer seuls leur rôle et le recours à une assistance type respiratoire, circulatoire et rénal devient une nécessité pour le patient.

Par ailleurs, la réanimation médicale participe à l?activité de prélèvements multi-organes et certains services sont munis de caisson hyperbare permettant de traiter certaines pathologies spécifiques ainsi que certains accidents de plongée.

Cette discipline comme toute autre spécialité nécessite une réactualisation continuelle des connaissances. Nous participons également à la formation du personnel médical et paramédical ainsi qu?à la publication de travaux dans des revues scientifiques.

La technologie est-elle d?un apport important dans ce domaine ?

Effectivement. En réanimation médicale, la technologie est continuellement au service du malade pendant son séjour dans le service. Il y a un monitoring continu des paramètres vitaux du patient (trace ECG, pression artérielle, fréquence cardiaque, fréquence respiratoire, teneur du sang en oxygène, etc.) et d?autres paramètres spécifiques qui se surajoutent en fonction de la maladie traitée.

Notre unité en France est dotée de chambres individuelles et chacune est munie au moins d?un respirateur et d?un scope de monitoring de dernière génération avec un report des données sur un poste central. Par ailleurs, nous devons également acquérir divers gestes techniques car nous munissons nos patients de dispositifs médicaux invasifs (dispositifs intra vasculaires, cathétérisme cardiaque, sonde d?intubation?).

Sur quels critères un patient est-il admis dans le service de réanimation médicale ?

La prise en charge débute généralement dans l?urgence ou parfois peut-être anticipée. Les réanimateurs sont en bout de chaîne et sont amenés à gérer les patients provenant directement du service des urgences ou des services de cardiologie, de pneumologie, de néphrologie, de gastro-entérologie, de neurologie ? des services de médecine majoritairement et parfois de chirurgie ? quand la prise en charge ne peut plus être assurée par le service lui-même.

Quelle est la durée moyenne des traitements en réanimation médicale et quelles sont les chances pour que les patients surmontent leurs conditions par ce biais ?

La durée moyenne de séjour dans notre service est d?environs sept à huit jours et dépend bien évidemment de la pathologie causale. Après amélioration de cette phase aiguë de décompensation, les patients sont transférés principalement dans leur service d?origine pour la suite de leur prise en charge.

En raison de la gravité initiale des patients admis, la technologie et l?homme feront face à leurs limites et ne pourront pas apporter de miracle dans certaines situations. Plus de 70 à 75 % des patients connaîtront une issue favorable.

Etant donné ses caractéristiques, quels sont les autres aspects de cette spécialité ?

En raison du contexte dans lequel le patient est pris en charge, la réanimation demande des exigences scientifiques et techniques. De plus elle procure une charge émotionnelle importante avec des moments difficiles mais les compensations sont multiples.

Parlez-nous de vos expériences...

Pour ce qui est de notre expérience, nous avons tous été récemment marqués par l?histoire d?un homme de 40 ans ayant eu un arrêt cardiaque à domicile et qui a été réanimé initialement par ses proches. Il a ensuite été pris en charge dans notre unité. Après la mise en place d?une assistance circulatoire, d?une réanimation lourde d?un mois émaillée de plusieurs complications majeures et d?un coma prolongé, il a pu quitter le service, reprendre son activité professionnelle et dispenser ses cours universitaires.

Quel est votre constat du système de santé mauricien après avoir discuté avec les professionnels dans le domaine ?

J?ai eu l?occasion de faire un stage dans un hôpital mauricien pendant mes études et j?ai eu l?honneur de travailler et de croiser tout récemment des gens possédant un fort potentiel et exerçant leur métier avec passion. La gratuité des soins implique une responsabilisation ainsi qu?un respect mutuel tant du côté des prestataires que du côté des bénéficiaires pour que le système fonctionne. Tout système de santé a un coût (son bon côté) et c?est l?intégration de plusieurs paramètres qui lui permettra d?être optimal et de perdurer.

La médecine actuelle n?est pas seulement basée sur l?administration de traitements en vue de la guérison de la maladie. Elle doit travailler en amont afin de prévenir la survenue de la maladie. Cela se traduit par la mise en place d?un plan de formation des professionnels et d?éducation de la population sur la prévention primaire.

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