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Souvenez-vous. Il s?appelait Bean, Mister Bean.
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Souvenez-vous. Il s?appelait Bean, Mister Bean.
Ce personnage loufoque et maladroit a fait de Rowan Atkinson, le comique le plus en vue du petit écran. Cet Anglais s?est fait rare au cinéma depuis le succès mondial de Bean, le long-métrage. Le comique revient sous les feux des projecteurs dans la caricature de l?un des personnages les plus archétypaux du cinéma : James Bond.
Sortie sur les écrans américains et européens le 16 juillet dernier, Johnny English, l?agent triple zéro, est déjà le troisième succès de l?année en France.
Austin Powers peut aller se rhabiller ! C?est Johnny English qui est désormais au service de sa Majesté. Appelé à sauver les bijoux de la reine, l?agent secret Johnny English découvre un complot ourdi par Pascal Sauvage, un couturier français dont le seul dessein est de dérober les joyaux de la couronne. Johnny English, celui qui «n?a peur de rien, et qui ne comprend rien», va tenter de déjouer les plans de l?horrible bonhomme. De maladresses en catastrophes, l?agent English déclenche des fous rires incontrôlables chez les cinéphiles.
Johnny English, comédie bouffonne par excellence, ne ressemble nullement aux parodies classiques. Ecrite par Neal Purvis et Robert Wade, les scénaristes de Meurs un autre jour et Le monde ne suffit pas, Johnny English fonctionne selon la même logique qu?un véritable James Bond : cascade à bord d?un hélicoptère, gadgets en tous genres, les bons et les méchants qui s?affrontent en toute impunité.
involontairement drôle
Les scénaristes ont eu la main heureuse en s?inspirant d?une série de spots publicitaires dans lesquels Rowan Atkinson, déguisé en agent secret, était le héros. Ces spots vantaient de 1992 à 1997, la carte de crédit britannique Barclaycard. L?acteur incarnait un espion gaffeur, victime d?accidents à répétition.
Réalisé par Peter Howitt, le personnage de Johnny English est, selon celui-ci, ni un crétin, ni un incompétent. «Il est réellement malin, mais cela ne l?empêche pas de commettre des erreurs de jugement. Il se reprend après chaque gaffe, car rien ne semble pouvoir entamer sa confiance,» explique le réalisateur. Grimaçant, maladroit, malhabile et involontairement drôle, Johnny English redessine les traits de James Bond en lui attribuant des mimiques à la Mister Bean.
L?échine courbée, les yeux hagards, Johnny English est prêt à se battre et à s?embrouiller un peu plus à chaque fois. Toujours prompt à agir, prêt à faire des prises de karaté, comme il en ferait dans sa baignoire, il multiplie les maladresses et rate le coche à chaque fois.
Les pitreries de Rowan Atkinson, à peine renouvelées depuis les aventures de Mister Bean, ont attiré la grande foule dans les salles obscures. En Allemagne, trois millions de cinéphiles se sont amusés de ses maladresses. Dans trente-huit autres pays où il a été projeté, le film a rapporté 120 millions de dollars, soit le plus gros triomphe non américain de l?année. Cette rentabilité repose en grande partie sur les talents comiques de Rowan Atkinson.
L?acteur de quarante-huit ans, ingénieur diplômé d?Oxford, est devenu célèbre dans plus de 238 pays où les aventures de Mister Bean ont été diffusées. Rowan Atkinson est indubitablement rattaché au personnage légendaire qu?il incarnait. Mister Bean, individu peu bavard, à l??il fourbe et au nez trop long, a vu le jour en 1989.
«Bean, c?est un petit garçon coincé dans un corps d?homme. Il a grandi physiquement mais pas mentalement. Je trouve que quelqu?un d?aussi imprévisible, égoïste et dépourvu de bonnes manières ne peut être que drôle à regarder,» dit Rowan Atkinson de son personnage. Cantonné à ce personnage de grand dadais, malgré quelques apparitions au cinéma, Rowan Atkinson a trouvé en Johnny English le moyen le plus convaincant de pousser encore plus loin la farce.
du meilleur dans le pire
L?anti 007 ne pouvait pas trouver mieux que Rowan Atkinson. Face à la déferlante de mimiques bouffonnes, deux autres personnages gravitent : Pascal Sauvage, un John Malkovich à l?opposé de tous les personnages qu?il a incarné jusqu?ici, et Natalie Imbruglia, la chanteuse australienne, égérie de Gap et de l?Oréal, qui épouse les traits de la charmante Lorna Campbell.
Après un passage éclair dans la série à succès Neighbours, l?interprète du hit Torn, fait des débuts assez remarqués au cinéma. Malgré ce casting de choix, la mayonnaise monte avant de s?essouffler. D?une part, l?épouvantable accent français de John Malkovich finit par énerver, et d?autre part, le scénario simple parfois même simpliste, pèse lourd dans la balance. Cela dit, Johnny English accrochera ceux et celles qui aiment la franche rigolade.
Le tournage de Johnny English s?est déroulé à Londres. Rowan Atkinson et Natalie Imbruglia n?ont pas hésité à faire eux-mêmes les cascades du film. Ce simulacre de James Bond, mille fois mieux que les graveleux Austin Powers, noyé dans l?absurde, fait du meilleur dans le pire et du pire dans le meilleur, tout cela, ponctué de gros éclats de rire. L?autodérision est totale, surtout lorsque les serviteurs de sa Majesté titillent au passage le bien-fondé de la couronne britannique.
Qui mieux que Rowan Atkinson aurait pu être Johnny English ? Une mission impossible pour bien des acteurs, mais pas pour l?homme à la tête de pois. Ses grimaces simiesques, sa bonhomie touchante et son sens inné du ridicule, font que l?acteur excelle dans le rôle de cet agent gaffeur mais attachant.
Martine LUCHMUN
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