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Soudan : Les élections s''ouvrent dans la confusion
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Soudan : Les élections s''ouvrent dans la confusion
L''''ouverture des premières élections pluralistes en 24 ans au Soudan a été marquée par des confusions, des retards et des accusations de fraude, dans un test décisif pour la fragile unité du pays.
Il s''agira pendant trois jours d''élire le président et le parlement soudanais, le président et le parlement du Sud-Soudan, les gouverneurs et les assemblées des Etats. Le président Omar Hassan al Bachir, poursuivi par la justice internationale pour crimes de guerre au Darfour, espère sortir renforcé du scrutin.
Il devrait en tout cas être maintenu au pouvoir, tout comme Silva Kiir, le président du Sud-Soudan, largement autonome.
La crédibilité du vote est sérieusement entamée par le retrait des deux principaux partis hostiles au président sortant, qui accusent le pouvoir de fraudes massives.
Dans tout le pays, de longues files d''attente se sont formées devant les bureaux de vote. C''était aussi le cas à Khartoum, dont les rues d''ordinaire animées affichaient un calme inhabituel, sur fond de forte présence policière.
Le scrutin a été placé sous haute sécurité. Les autorités ont annoncé le déploiement de 100.000 policiers dans le nord du pays pour protéger les bureaux de vote.
Les opérations de vote se sont parfois déroulées de façon chaotique.
Le président du Sud-Soudan, Salva Kiir, a dû patienter vingt minutes sous un arbre à Juba, la capitale de la région semi-autonome, avant l''ouverture du bureau. Il a ensuite perdu le bénéfice de son premier vote, ayant placé son bulletin dans la mauvaise urne.
"C''est la première fois que je vote, c''est un bon début pour le retour de la démocratie", a-t-il lancé. Les partis d''opposition dénonçaient une centaine de cas de fraudes ou d''erreurs, et affirmaient que le vote n''avait même pas commencé en fin d''après-midi dans l''Etat du Nil Blanc en raison de la mauvaise tenue des listes électorales.
Le Mouvement de libération du peuple soudanais (SPLM) de Kiir a demandé que le scrutin soit étalé sur sept jours au lieu de trois dans le Sud-Soudan, en raison de l''ouverture tardive de nombreux bureaux de vote et des difficultés rencontrées par les électeurs.
"Nous dénonçons la très mauvaise tenue du scrutin dans tout le Sud", a déclaré le directeur de campagne de Kiir, Samson Kwaje.
A Khartoum, certains électeurs, hommes et femmes dans des files distinctes, ont dû attendre plus de trois heures pour déposer leurs bulletins pour les différents scrutins - huit dans le nord du pays, douze dans le sud. Un doigt trempé dans de l''encre verte indélébile prouvait qu''on avait rempli son devoir électoral.
Dans le quartier de Ryadh, El-Fatih Khidr, un pilote de 55 ans, se plaignait du nombre insuffisant de bureaux de vote face à l''affluence. "Il y a vraiment beaucoup de monde et les gens auraient dû être mieux informés car beaucoup n''ont jamais voté."
Venu voter, le président Bachir a crié "Dieu est grand" à ses partisans et a pris dix minutes pour déposer ses bulletins dans les urnes en carton.
A Malakal, dans le Sud, 300 femmes en robes chamarrées ont dû attendre plus d''une heure qu''on trouve un véhicule pour apporter les bulletins de vote.
Ces élections ont été plusieurs fois reportées. Un scrutin a bien eu lieu en 1996 mais un seul parti était représenté. Les élections de 2000 ont été boycottées par la plupart des partis d''opposition.
UN RÉFÉRENDUM AU SUD-SOUDAN L''AN PROCHAIN
Pour les pays occidentaux, notamment les Etats-Unis, la priorité est qu''un référendum puisse être organisé dans le calme l''an prochain sur l''indépendance du sud du pays, à dominante chrétienne et animiste, qui a mené pendant 22 ans, jusqu''en 2005, une lutte armée contre le Nord musulman.
Tous les partis d''opposition sont d''accord pour dire que le parti du Congrès national de Bachir, au pouvoir depuis 21 ans, tente de truquer les différents scrutins mais ils n''ont pu se mettre d''accord sur une riposte concertée.
Malgré ces réserves, des observateurs de l''Union européenne et de la Fondation Carter supervisent le déroulement des opérations de vote mais l''UE a retiré les siens du Darfour.
"Ce ne sera pas une élection parfaite (...) Mais si nous voyons que la volonté des électeurs peut s''exprimer correctement, ce sera déjà une bonne chose à dire", a déclaré l''ancien président américain Jimmy Carter, présent à Khartoum.
 
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