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Soirée Play-Station
L’Europe du football était dans tous ses états mardi. Pour cause, le grand théâtre qu’est la Ligue des champions a une fois de plus proposé, pour notre plus grand bonheur, un spectacle déjanté. 31 buts en huit matches, ça ressemble à s’y méprendre à une soirée Play-Station.
L’Oscar de la meilleure équipe revient, une fois n’est pas coutume, au Real Madrid. Pitoyable et méconnaissable en début de partie, ce qui a d’ailleurs permis à la Roma de mener très tôt 2-0, les pseudos Galactiques, inspirés par la révolte de l’immense Santiago Bernabeu, se sont réconciliés avec le football à l’entame de la demi-heure. Dès lors, un autre match pouvait commencer et la pauvre Roma était renvoyée à ses études sans autre forme de politesse sous la forme d’un éblouissant 4-2.
D’un point de vue plus individuel, Roy Makaay et surtout Wayne Rooney ont été les grands bonhommes de cette folle soirée européenne. Makaay, star malgré lui, a désillusionné sa Hollande natale en marquant les trois premiers buts du Bayern Munich face au vieux rival qu’est l’Ajax Amsterdam. 4-0, la différence de niveau était forcément criante. Le Bayern, en tout cas, s’est réconcilié mardi avec son public du stade Olympique et peut déjà entrevoir les huitièmes de finale.
Super Makaay, héroïque Rooney. Absent des terrains depuis un triste quart de finale de l’Euro 2004, en juillet, le nouveau prodige du football anglais a mis le feu à Old Trafford pour son retour à la compétition et, de facto, son premier match sous les couleurs mancuniennes. En une seule soirée, Man U a balayé à la fois ses criantes incertitudes et les Turcs de Fenerbache sous la forme d’un cinglant 6-2 qu’on croyait réservé aux préliminaires de la Coupe de l’UEFA. Il n’est plus permis d’en douter : Rooney, alias Roonaldo, est une grosse pointure du football. Et Ferguson, qui n’a pas compté les euros quand s’est présentée l’opportunité de l’acheter d’Everton, a peut-être raison de rappeler qu’il est “le meilleur jeune joueur que l’Angleterre ait vu naître ces trente dernières années”. Beckham appréciera.
Si Man U peut se réjouir de son mardi gras, Liverpool, en revanche, doit se poser des questions. Gagner à Anfield c’est bien, encore faut-il tenir la route en déplacement. C’est, pour le moment, loin d’être le cas. La défaite subie sur la pelouse de l’Olympiakos, 1-0, vient confirmer que Rafael Benitez n’est pas près de soigner les blessures nées du passage à Anfield de Gérard Houiller.
La France, pour sa part, a retrouvé des couleurs. Lyon, c’était attendu, est allé s’imposer 2-1 à Prague pour rester au contact de Manchester United, tandis que Monaco, hanté par le souvenir du 8-3 infligé à La Corogne la saison dernière, a su éviter le piège face aux Galiciens, se contentant cette fois d’un vaillant 2-0.
Face à une équipe du Sparta déjà résolue à l’élimination, l’OL du président Aulas a eu du retard à l’allumage, les Tchèques ouvrant même le score. Mais il était écrit que les triples champions de France, souvent souverains en déplacement, allaient renverser la tendance, histoire de se racheter du douloureux match nul concédé à Man U il y a quinze jours quand ils avaient laissé filer une avance de deux buts.
Face à Prague, Sylvain Wiltord en a profité pour inscrire son premier but sous les couleurs lyonnaises. Un but venu d’ailleurs qui, à bien vouloir, pourrait servir de déclic psychologique et l’aider à relancer sa carrière en dents de scie.
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