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Sobha au temps de la mémoire
Plus d?une centaine de photographies laminées, en noir et blanc et en quadrichromie, titrées Mémoire d?une Ville? C?est ce que propose Djaffar Houssain Sobha, photographe, dans le cadre des Fêtes de la Cité, sous l?intitulé, Port-Louis : Ville Mémoire. Le vernissage aura lieu demain et l?exposition se poursuivra jusqu?à samedi, de 9 à 17 heures, dans le patio de la municipalité.
L?exposition s?articule autour de trois volets : les bâtiments ; les lieux ; et les personnalités. Djaffar Houssain Sobha donne à voir, cette fois, des tirages argentiques et numériques. Archives qu?il porte dans ses pas aux semelles de lumière. La photographie est, pour cet homme, du moins, pour la présente manifestation, un partage de mémoire, plus qu?une technique à affûter pour exprimer la créativité artistique.
D?un père charpentier, qui partira pour l?armée lors de la seconde guerre mondiale, l?enfance pauvre du petit Djaffar, alias Ti-Bye, se déroule à la rue David, en prolongement de la rue La Reine, qui longe le marché Central. Mais l?indigence ne lui ferme pas la porte aux jeux de son âge. Ses flaques d?enfance recèlent des échappées aux pieds nus, non dénuées de rêve.
Il jouera au ballon sous les ponts; aux billes dans les drains ; au sapsiway dans la rue. Le sapsiway, par son seul visage, est un vecteur de rêve. Il s?apparente à un volant de badminton, que l?on ferait rebondir sur le talon d?un pied replié, tout en sautant sur l?autre. Mais ici, de réelles plumes d?oiseaux remplacent le plastique du volant.
Cours d?histoire
Si Sobha parle peu de ce temps, il s?étend, par contre, sur le retour de ce père, avec un petit appareil photo, qui fera de lui ?le photographe de la famille?. La petite boîte noire exerce sur l?enfant sa magie. Ainsi, la lumière captée et restituée en images, inscrira à jamais dans l??il du photographe d?aujourd?hui, ce point lumineux qui pétille quand il parle de Port-Louis.
Ce sont les pierres et le bois qui l?émeuvent. Aussi se souvient-il du démantèlement de l?Imprimerie du gouvernement le c?ur serré. La Ferme du Rhum, transférée à Vacoas, renforce sa nostalgie. Les images décuplées qu?il offre, sont plus qu?une invitation au voyage. C?est un cours d?Histoire. Et de poésie. Le poète, n?est-il pas voué au ressouvenir ?
L?on prendra plaisir à errer au long du faubourg de l?Ouest, à Les Salines. Nommé d?après l?industrie salinière du temps de Labourdonnais. Léoville L?Homme, le poète, y est né. Aussi chante-t-il ses charmes. Ce jardin botanique avait séduit cet autre poète, Robert-Edward Hart, au point où le Dr. Eugène Laurent, maire de la ville, le nomma Jardin Robert-Edward Hart. D?autres trésors habitent Les Salines, telle la pagode Kwan Tee, la première de l?île.
Sait-on que le Pont Batterie était de la même famille que celui de Grande-Rivière-Nord-Ouest, tout de métal et suspendu ? L?Hôtel de Ville, connu en 1790, sous l?occupation française comme la municipalité de Port-Louis, est administré en 1791 par un Conseil des Notables, selon une loi promulguée par l?Assemblée nationale. Conseil qui connut sa dissolution en 1792.
Ce n?est qu?au XVIIIe siècle qu?il fut reconstitué sous la dénomination Conseil de Commune. Il fut aussi aboli le 18 février 1820. La présente corporation municipale date de 1850. Louis Léchelle fut proclamé premier maire de Port-Louis, par le gouverneur George Anderson. Le premier maire de la City, Dorsamy Moorghen, en août 1966 ; et le premier Lord-maire, Charles Gaëtan Duval, de 1971 à 1979. Le Maire actuel est Michel Gérard Nina.
L?on prolongerait bien des heures de ce voyage dans le temps, exploration plaisante de la mémoire, à suivre les transformations de la vie de tous ces bâtiments, lieux, et personnalités ! Le Champ de Mars, La Cathédrale St. Louis, la mosquée Al-Aaqsha, la première de l?île, la Gare du Nord, le Coolie Ghat? Merci Sobha.
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