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Situation : critique
par Aline GROËME-HARMON
? ?Qu?est-ce que vous faites dans la vie ? ?
? ?Critique d?art.?
Cela, c?est dans l?absolu. Nous sommes journalistes. En pleine phase critique. Repensant la manière de faire de la critique d?art. Parler avec le plus de justesse possible de chant, de danse, de sculpture. De toutes ces formes d?expressions qualifiées d?artistiques.
On ne s?improvise pas critique d?art. à la faveur des changements qui s?opèrent dans la plastique du quotidien, c?est l?art plastique au quotidien qu?il nous faut remodeler.
D?autres l?ont déjà dit avant nous. En dehors de l?université et de l?école des Beaux-Arts, nous pensons notamment au chargé de cours Hans Ramduth, qui en a fait sa spécialité, il n?existe pas de véritable critique d?art.
Une digression pour dire que Hans Ramduth a d?ailleurs eu l?idée de mettre en place un cours de formation destiné aux journalistes qui gagnent leur pain en faisant de la critique d?art. Ce n?est pas trop tard. Notre intérêt n?a pas faibli depuis le jour où vous avez esquissé devant nos yeux un projet pour donner plus d?outils à la profession.
Revenons à notre nombril (pas trop longtemps, promis). À nos armes qui s?appellent sensibilité, regard critique et appréciation mesurée. Revenons à ces interlocuteurs visiblement atteints dans leur chair par des critiques (est-ce donc à dire qu?elles étaient justes ?), qui pour se ?défendre?, renversent les tables sur nous.
Demandant quelle est notre légitimité comme critique. Réclamant presque de voir notre diplôme de critique. Quant ce n?est pas un diplôme d?école de Beaux-Arts, car comme tout le monde le sait, seuls ceux qui ont fréquenté une telle institution peut avoir la prétention de ?comprendre? les arts plastiques. Tout le monde sait que seul un journaliste qui aura moulé du béton, qui se sera fait des ampoules aux mains à force de se servir de marteaux et ciseaux, pourra saisir toutes les nuances de cette discipline. Et que tout autre papier écrit en dehors de ces conditions ne vaut pas le papier sur lequel il est imprimé.
Situation : critique. Notre situation, c?est la crise perpétuelle. Pénétrer dans des univers qui nous sont parfois totalement étrangers. Suivre une pensée créative dans des chemins balisés des deux côtés par des précipices. Décidément, on ne s?improvise pas critique d?art.
Et dire qu?il y a ceux qui nous envient de fréquenter assidûment théâtres et salles de concert. Qui envient notre « chance » de voir Cassiya ou Eric Triton en studio d?enregistrement. D?aller sur les plateaux de tournage où déambulent des stars bollywoodiennes. D?accord. Pas de misérabilisme. Bien sûr il y a des satisfactions à être dans ce créneau ( elles savent être grandes, muses merci). Sinon nous aurions changé de boulot.
Justement, repenser la critique d?art, c?est enfin comprendre que c?est plus qu?un travail. C?est un état d?esprit. Une alerte permanente. Une aptitude à franchir le fossé entre nuances et différences. Artiste ? politicien même combat. Personnages publics qui s?exposent à la critique. Comme eux, nous la voulons constructive. Sinon, nous n?aurions pas été crédibles. Vous ne nous auriez pas lu jusqu?au bout.
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