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Sithanen : ?Maurice a tardé à répondre aux défis de la globalisation?
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Sithanen : ?Maurice a tardé à répondre aux défis de la globalisation?
La restructuration de l?économie s?avère importante dans le contexte de la globalisation. C?est ce qu?a expliqué Rama Sithanen, vice- Premier ministre et ministre des Finances, hier, lors de son intervention à l?American Chamber of Commerce Business Lunch à Le Sirius au Labourdonnais Waterfront Hotel. ?Non seulement nous avons été lents mais aussi nous avons pris du retard pour répondre aux défis de la globalisation?, a-t-il dit.
Sous le thème Opening the Mauritian Economy-Challenges for the Business Community, il a mis l?accent sur les chocs économiques dans les secteurs sucre et textile et de la montée des prix pétroliers. Selon lui, Maurice ne peut plus compter sur les préférences commerciales.
Les entreprises opérant pour le marché local ne peuvent pas non plus compter sur les barrières tarifaires. Les tarifs douaniers baissent et continueront à baisser. Il faut que les entreprises locales s?adaptent très vite à ce nouvel environnement économique car dans les prochaines années, elles auront à concourir avec des pays comme l?Inde, le Kenya, l?Afrique du Sud et l?Egypte, entre autres.
?Il faut une rupture avec un modèle de développement économique qui a fait son temps. Nous avons à ouvrir notre économie. Nous le faisons déjà bien avec les différents secteurs économiques dont le tourisme mais notre niveau de Direct foreign investment (FDI) reste faible par rapport à Singapour, la Malaisie ou l?Afrique du Sud.? ?C?est pour cela, a ajouté Rama Sithanen, qu?il a fallu trouver des solutions pour attirer des investisseurs, d?autant plus que nous avons certains désavantages car Maurice est un petit pays. Nous avons besoin d?une plate-forme ouverte. Cette ouverture concerne les services financiers, la technologie de l?information et de la communication, le seafood, le développement foncier et l?ingénierie légère. C?est cette plate-forme que nous voulons vendre au monde extérieur.?
Un des défis majeurs est de faire bouger les ressources telles que la terre, la main-d??uvre, le capital, les finances et la technologie des secteurs qui ne sont plus compétitifs vers d?autres qui le seront davantage dans les années à venir. ?Il faut une flexibilité et une mobilité des ressources pour pouvoir restructurer l?économie. Nous avons créé un environnement propice pour attirer des investisseurs. Nous voulons que Maurice soit parmi les dix pays où il fait bon investir.?
Le ministre des Finances a ?rassuré? les entreprises locales que cette ouverture sur l?étranger ne se fait pas à leur détriment. Mais les entreprises produisant pour le marché local ne peuvent pas compter sur ce marché seulement. Pendant la période de transition économique, certaines compagnies vont y laisser des plumes tandis que d?autres vont prospérer, c?est inévitable. Il faut que les entreprises soient compétitives, efficientes et productives peu importe ce qui se passe au niveau de la politique monétaire.
?Il y a des pressions pour la protection des entreprises opérant pour le marché local mais les réformes doivent se faire de façon globale. Nous avons pris toutes les dispositions pour que les personnes au bas de l?échelle soient protégées. C?est le but de l?Empowerment Programme qui a été institué.? Ce programme offrira à ceux qui sont affectés par la globalisation et aux défavorisés la chance de pouvoir entrer sur le marché du travail.
Rs 160 milliards dans dix ans
Se disant ?pragmatique?, Rama Sithanen a souligné que le pays aura besoin de Rs 160 milliards d?investissement dans les prochains dix ans. Environ 50 % de ces investissements viendront du budget gouvernemental, du secteur privé et du FDI. Le reste viendra des traditionnels bailleurs de fonds comme l?Union européenne, la Banque mondiale, la Banque européenne d?investissement et la Banque africaine de développement, entre autres. Mais ces bailleurs de fonds imposent des conditions très dures pour les aides qu?ils accordent. Leur aide sera sollicitée pour les investissements dans les infrastructures, port et aéroport, entre autres.
Le ministre des Finances a aussi mis en exergue l?accord de partenariat économique, presque fina-lisé, avec l?Inde. Les discussions ont commencé sur cette même question avec le Pakistan. Il est prévu qu?un tel accord soit aussi signé avec la Chine.
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