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Sithanen en instance de démission

15 février 2007, 00:00

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Rama Sithanen a décidé de claquer la porte. Ce matin, il remettra au gouvernement sa démission comme vice-Premier ministre et ministre des Finances. C?est l?annonce officielle de la nomination de Rundheersing Bheenick comme gouverneur de la Banque centrale qui a précipité la décision du ministre sortant.

Cette démission est en fait l?épilogue d?un bras de fer qui dure depuis plusieurs semaines entre le ministre des Finances et le chef de gouvernement. Consulté par Navin Ramgoolam, Rama Sithanen avait exprimé son désaccord à propos du choix de Rundheersing Bheenick. Quand le couperet est finalement tombé hier après-midi, le ministre s?est senti poussé vers la sortie.

Le ?mauvais signal? du retour de Bheenick

Tout en reconnaissant les compétences techniques du nouveau gouverneur, Rama Sithanen avait fait savoir qu?il préfère voir confier le poste de gouverneur de la Banque centrale à une personnalité apolitique. De plus il avait rappelé ?les manquements à la moralité politique? que constitue, à ses yeux, une transaction qui est attribuée à Rundheersing Bheenick quand celui-ci occupait le poste de ministre des Finances en 1996. Il aurait alors transféré une somme de Rs 700 millions du ministère des Finances à la Banque centrale. Ce montant aurait dû être versé au Consolidated Fund mais avait été détourné sur un compte de la Banque centrale.

Rama Sithanen s?était alors insurgé contre ce qu?il qualifiait de ?déguisement? des revenus de l?Etat en profits de la Banque centrale. La man?uvre avait pour but ?d?augmenter artificiellement le déficit budgétaire et de créer l?impression que la gestion financière de l?ancien régime était catastrophique?. Rundheersing Bheenick était forcé à démissionner dans le sillage de ce scandale.

Rama Sithanen a fait savoir depuis quelque temps qu?il considérait le retour de Rundheersing Bheenick à un poste important comme un ?mauvais signal? à la nation et aux bailleurs de fonds. Ce n?est pas sa première confrontation avec le Premier ministre au sujet d?une nomination. Dans le passé, il avait objecté à des mouvements de personnel au sein d?institutions tombant sous sa tutelle mais ils lui étaient néanmoins imposés d?en haut.

Ses collègues se désolidarisent

Outre la cause immédiate de son départ, il est probable que l?environnement global dans lequel il opère a contribué à sa démission. Il a senti que ses collègues de parti se désolidarisent de lui en ces temps de difficultés sociales alors que le budget engage le gouvernement tout entier. Même le Premier ministre ne lui a exprimé qu?un soutien du bout des lèvres, ce qui n?a pas permis de désamorcer la crise qui se préparait.

L?apparente tiédeur du Premier ministre a encouragé des ?backbenchers? à monter au créneau pour afficher une franche hostilité aux mesures économiques préconisées par Rama Sithanen. Pas plus tard que mardi dernier, une aile radicale menée par Nita Deerpalsing sonnait la charge lors d?une réunion du groupe parlementaire du PTr.

Si le conflit entre Rama Sithanen et ses pairs aboutit aujourd?hui à une crise ouverte, d?autres dissensions ont existé au sein du gouvernement ces temps derniers, mais ont été dissimulées au public. Par exemple, il y a six mois, le vice-Premier ministre et ministre du Tourisme, Xavier Duval, avait démissionné du gouvernement pour exprimer son ras-le-bol. Il s?est ravisé peu de temps après. L?autre mal-aimé du gouvernement, le ministre de l?Agro-industrie, Arvin Boolell, a subi son chemin de croix lors de la réunion de mardi dernier. Dans tous ces cas, la pression et l?humiliation conduisent à l?exaspération de ceux concernés. La deuxième moitié du mandat de Navin Ramgoolam risque d?être bien tumultueuse.

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