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Sir Claude Noël : ?Le Sucre est incontestablement transparent?
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Sir Claude Noël : ?Le Sucre est incontestablement transparent?
Sir Claude Noël dénonce, à la fin de septembre 1981, les mesures envisagées par le gouvernement Ramgoolam pour atténuer le problème de manque de liquidités temporaire, affectant l?industrie sucrière. Ce répit ne fera qu?allonger temporairement la courroie, affirme-t-il. Cet assouplissement ne signifie nullement la solution durable à un problème permanent. Il ne fait que repousser la difficulté à plus tard s?il ne s?accompagne pas d?une augmentation durable de la profitabilité de ce secteur d?activités vital pour le pays. ?Assouplissement des liquidités sans augmentation de profitabilité veut dire augmentation des dettes et donc banqueroute à brève échéance.? En revanche, la suppression de la taxe de sortie sur le sucre, accompagnée de prêts à long terme (15 à 20 ans) à faible taux d?intérêt, aiderait considérablement à renflouer le Sucre et par conséquent l?ensemble de l?économie mauricienne.
Il s?en prend ensuite aux politiciens et fonctionnaires qui mettent en doute la véracité des comptes des propriétés sucrières. Ils contestent plus particulièrement le principe de l?amortissement sur la base du coût de remplacement. Ils veulent imposer au Sucre comme à toutes les activités économiques l?amortissement sur la valeur historique des équipements à l?acquisition. Sir Claude Noël donne, à ce propos, un exemple plus accessible aux profanes. Quelqu?un achète une ?Mini Minor?, en 1972, à Rs 20 000. Neuf ans après, en 1981, il veut en acheter une autre également neuve. Le coût est entre-temps passé à Rs 100 000. Avec l?amortissement à valeur historique, il ne dispose que de Rs 20 000 et ne peut donc acquérir une voiture neuve. Seul l?amortissement à valeur de remplacement lui permet de trouver la somme requise à cet effet. L?amortissement à valeur historique nous condamne à remplacer des équipements neufs par des équipements d?occasion.
Il cite M. Penning, membre de la commission économique Gorvin de 1947, ne manquant aucune occasion pour répéter aux responsables sucriers de l?époque : ?Vos usines sont des objets d?antiquité.? L?on sait que certaines d?entre elles fonctionnent avec des équipements centenaires ou presque.
La comptabilité des propriétés sucrières respecte une méthode établie et recommandée par la Chambre d?agriculture. Elle s?améliore au fil des années. Les chiffres sont vérifiés à plusieurs reprises par des experts-comptables. Des hauts fonctionnaires du ministère des Finances viennent continuellement à la Chambre d?agriculture pour vérifier la comptabilité des différentes propriétés sucrières. Ils n?ont jamais trouvé à redire sinon sur certains points d?ordre mineur et technique.
Sir Claude Noël omet de signaler ici que le gouvernement et la fonction publique disposent, sans restriction aucune, des comptes de Rose-Belle S.E., établissement sucrier d?Etat, pour prouver que le Sucre peut faire, en 1981, des profits justifiant une taxe de sortie de 23,6 %, siphonnant d?autant ses revenus bruts.
Politiciens et fonctionnaires soulèvent également les variations existantes dans le coût de production du sucre. Ils ne comprennent pas que certaines propriétés sucrières peuvent faire des profits quand d?autres font des pertes. Ils sous-estiment la multiplicité des micro-climats pouvant exister dans une île aussi exiguë que Maurice. Ces micro-climats provoquent même des variations du coût de production au sein d?une même propriété sucrière. Celle-ci doit ainsi tenir compte de ses plantations en zones humides et sèches, sur sol fertile ou rocailleux. Des sections peuvent ainsi produire 50 tonnes de cannes et davantage à l?arpent alors que d?autres, au cours de la même année, parviennent difficilement à atteindre 32 tonnes.
Il en va de même du côté des usines. Elles ont des capacités variant entre 150 000 et 800 000 tonnes de cannes à broyer. La capacité de broyage peut ainsi varier entre 60 et 260 tonnes de cannes à l?heure. La répartition des frais généraux ne peut être la même d?une usine à une autre.
Habilement, Sir Claude Noël cite ici le ministre des Finances, Sir Veerasamy Ringadoo, déclarant au Parlement : ?L?industrie sucrière mauricienne est gérée de façon très efficace. Nombreux sont ceux qui, à l?étranger, souhaiteraient que, dans leur pays, la production sucrière se fasse de façon aussi efficace. Elle fait l?admiration de plusieurs pays.? C?est peut-être la raison pour laquelle, il l?asphyxie de la sorte avec sa taxe de sortie démentielle.
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