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Signaux contrastés

6 avril 2004, 20:00

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Le champ économique continue à envoyer des messages mitigés, voire, a priori contradictoires. Le dernier sondage réalisé par Ipsos pour le compte du magazine ?Eco Austral? sur le moral des patrons l?illustre de manière on ne peut plus nette.

On peut effectivement l?interpréter de différente façon selon le point de vue où l?on se place, ou selon qu?on soit à l?hôtel du gouvernement, au Trésor ou à la Plantation House. Les plus optimistes retiendront que les chefs d?entreprises sont plus nombreux à vouloir recruter et qu?ils sont majoritairement confiants dans l?avenir de leur boîte.

Les plus pessimistes s?attarderont, eux, sur le fait que 44 % des patrons trouvent que la situation économique du pays se dégrade et qu?un chef d?entreprise sur trois est pessimiste pour l?économie nationale.

Confiant dans leur entreprise mais pessimiste par rapport à l?environnement macroéconomique; le ?mood? du patronat peut paraître ambigu mais il ne l?est pas. Les deux perceptions peuvent très bien cohabiter. Ce serait une erreur de ne retenir que les aspects positifs du sondage car il révèle, en fait, que les chefs d?entreprises ont confiance en leurs capacités gestionnaires mais que l?orientation de l?économie nationale leur paraît moins claire.

Le sondage Ipsos-?Eco Austral? démontre que 70 % des chefs d?entreprises sont optimistes quant aux résultats de leur business dans les mois à venir. Ce taux de confiance s?explique par plusieurs raisons.

Les patrons à la tête des entreprises sont les mieux placés pour connaître l?état de santé de leur activité. Ils sont les responsables directs de leurs entreprises et de leurs destinées. Etant les seuls maîtres à bord, ils savent ou doivent savoir naviguer pour mener l?entreprise à bon port. Ils savent ou doivent savoir ce qu?il convient de faire pour arriver à cet objectif.

Les chefs d?entreprises savent aussi quelles ont été les mesures prises pour améliorer la performance et à quel résultat s?attendre. Ils sont donc en mesure de se prononcer sur leur avenir. Et s?ils se disent majoritairement optimistes, c?est qu?ils sont confiants qu?ils ont fait ce qu?il fallait pour assurer l?avenir. Le ?corporate reengineering? dans lequel sont engagées bon nombre d?entreprises depuis quelques années semble commencer à donner des résultats.

En contraste, les patrons sont plus pessimistes concernant les perspectives de l?économie nationale pour les raisons opposées. Ils n?ont aucune influence sur la conduite de la politique économique. Ils semblent également ne pas avoir une grande visibilité de perspectives, même à court terme.

Les principaux paramètres macroéconomiques renvoient un bilan contrasté de l?état de santé de l?économie comme le constate la Chambre de commerce et d?industrie. La croissance repart, soutenue entre autres, par l?investissement de l?Etat, et l?inflation est en baisse. D?un autre côté, la zone franche régresse pour la deuxième année consécutive et, avec le secteur sucre, occasionne 12 000 pertes d?emplois. L?investissement privé se contracte.

La préoccupation majeure dans la conjoncture est de savoir comment stimuler l?investissement privé si nécessaire pour la création d?emplois afin de faire reculer le chômage. La question est d?autant plus vitale qu?il faut s?attendre à une chute drastique des investissements publics ? les grands chantiers ayant été complétés ? qui avaient pallié les insuffisances du privé. Le gouvernement fonde de grands espoirs sur l?hôtellerie pour prendre le relais mais il reste à savoir si les permis seront délivrés dans les temps.

De toute façon, multiplier le nombre de maçons n?est pas une stratégie de développement.

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