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Si le thé m?était conté
Du fond de la tasse, s?échappent des arômes classiques ou fruités et un goût particulier. Un nuage de lait, avec ou sans sucre, il n?en sera que plus savoureux ! On ne dit jamais non à ce breuvage devenu une tradition pour des milliers de personnes.
Le thé trouve son origine en Chine en 2737 avant J.-C. La légende veut qu?un jour, alors que l?empereur Shennong, qui ne buvait que de l?eau bouillie, par souci d?hygiène, se reposait à l?ombre d?un arbre sauvage, une brise fit tomber quelques feuilles dans sa tasse. Ce dernier fut émerveillé par le goût qui s?en dégagea. Et le thé était né !
Une autre légende, indienne cette fois-ci, attribue la découverte du thé au prince Bhodi-Dharma alors qu?il voyageait en Chine. Prêchant le bouddhisme, il fit le v?u de ne pas dormir pendant sept ans. Mais épuisé, il sombra dans un sommeil profond. Au réveil, furieux, il s?arracha les paupières et les enterra. Plus tard, il remarqua qu?au même endroit, un étrange arbuste avait poussé. Et en goûtant à ses feuilles, il s?aperçut qu?elles avaient la propriété de garder les yeux ouverts. Il en parla et on récolta les graines.
Au ixe siècle, le thé fut introduit au Japon et dans le monde arabe. L?Europe le découvrit grâce à la Compagnie des Indes orientales ? la Hollande en 1610, la France en 1636, l?Angleterre en 1650. L?histoire du thé fut aussi marquée par divers événements.
« Le 16 décembre 1773 eut lieu la célèbre Boston Tea Party au cours de laquelle des Américains, excédés par une taxe de 3 pence sur la livre de thé, se déguisèrent en Indiens pour jeter 342 cargaisons à l?eau. Ce fut le premier acte de la Guerre d?indépendance des États-Unis », raconte Azad Rojah, du musée du thé à Bois-Chéri. Et au xixe siècle, la reine Victoria instaura le célèbre five o?clock tea.
De nos jours, 15 000 tasses de thé environ sont consommées à la seconde dans le monde ! Les variétés sont nombreuses. Parmi les plus connues : le Darjeeling, thé renommé poussant dans l?ouest du Bengale, l?Assam, cultivé dans la vallée de Bhahmaputra en Inde, le Wulong, spécialement préparé dans le Sud de la Chine et à Taïwan).
À Maurice, la première fabrique fut fondée en 1886 par Corson. Six ans plus tard, ce fut autour de celle de Bois-Chéri. « On produit principalement du thé noir. Les feuilles sont triées, puis on passe au flétrissage, au roulage, au broyage, à la fermentation. C?est à cette étape que le thé va passer du vert à la semi-fermentation et au noir pendant une heure », explique Thierry Liu, Marketing Manager de Corson.
Ensuite place au séchage, au criblage, au tamisage et au stockage. Commence alors l?aromatisation du thé à la vanille ou aux fruits. La production de thé s?élève à environ 1 500 tonnes par an pour une consommation locale de 1 300 tonnes. « Nous exportons entre 28 à 30 % vers l?Europe, mais il y a des commandes que nous devons refuser car il faut privilégier la demande locale », précise Asvin Bokhoree, directeur de La Chartreuse.
Qu?est-ce qui fait la renommée du thé ? « Nous avons tous un peu des racines asiatiques. C?est une tradition qui se perpétue. Je me souviens de mes grands-parents prenant des fioles de thé dans leurs poches pour aller travailler. Cela leur permettait de rester en bonne santé », raconte notre interlocuteur.
Beaucoup de vertus au fond de la tasse
Les propriétés médicinales du thé sont de plus en plus évoquées. Les thés verts sont riches en vitamines et toniques. Le thé noir contient du manganèse, du zinc, du potassium, du magnésium. Il est riche en fluor et en polyphénoles qui aident le système immunitaire à lutter contre le cancer.
« Nous avons découvert, depuis quelques années, que les radicaux libres sont responsables de plusieurs complications telles que le diabète, l?hypertension, l?obésité, le cholestérol et le stress. Lorsque ces radicaux libres sont en excès, cela engendre des risques de maladies cardiovasculaires, de cancer. Des substances anti-oxydantes, comme le carotène, peuvent lutter contre ces radicaux libres. À Maurice, une étude démontre que le thé est également riche en anti-oxydants. Bien sûr il faut établir certains paramètres pour savoir comment il faut boire le thé ou le préparer par exemple, parce que sinon, l?anti-oxydant peut devenir pro-oxydant », explique le cardiologue Sunil Gunness.
Conscients de ces vertus, producteurs et scientifiques font également des recherches pour développer d?autres types de thé. Le Dr Theeshan Bahorun, responsable de la faculté de sciences à l?université de Maurice, qui chapeaute une deuxième étude, voit l?avenir du thé associé à plusieurs plantes médicinales : « Le thé sera davantage mélangé à des plantes comme le tulsi ou le béthel pour des propriétés médicinales. » Le thé n?est donc pas qu?une boisson réconfortante qui étanche la soif. Bien d?autres vertus se cachent au fond de la tasse !
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