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Si To lé : Natty Jah a c?ur voix
Voilà un chanteur issu de la génération Kaya, qui ne fait pas du seggae, pour faire du seggae. Sans vouloir absolument lui redonner un autre souffle, Natty Jah a trouvé sa voie, son identité. Le deuxième disque, sorti la semaine dernière, au titre sans prétention de Si to lé, répond avec panache à l?effet de bombe qui a suivi la sortie de Vanité en 2003. Natty Jah gagne ses galons de chanteur inspiré. Texte fort, écriture appuyée, voix chaude et chaleureuse, même quand le texte est nostalgique. Natty Jah s?en donne à c?ur voix, le public va une fois encore faire chorus.
Ce deuxième disque, alors que le précédent fait toujours tant d?effets sur les ondes des radios, est pourtant bien différent du premier. Il se classe dans la continuité. Logique. Un Vanité bis n?aurait pas eu l?effet escompté. Si to lé, est à la fois un voyage intérieur, pour l?auteur, compositeur interprète, mais aussi pour celui qui l?écoute.
Le disque invite à la détente et suscite la réflexion. Natty Jah est le chantre de la «positive attitude», pas le gourou. Libre à nous de nous laisser toucher par son message. L?humaniste sort son album chez le même disquaire, Geda Music, et laisse des traces profondes.
Si to lé vivre en harmonie, il n?y a pas trente-six solutions. Ce n?est pas tant la force rebelle du seggae, mais plutôt la nostalgie du chant qui s?apparente à celui du poète. Le disque est court, mais le chant du poète s?y déploie avec grâce et facilité. Dans la voix, le sourire qui accompagne chaque note est salutaire.
L?accompagnement inspiré qui donne tantôt de la rondeur et tantôt des couleurs différentes, scelle la quasi perfection du disque. On ne se lasse pas.
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