Publicité
Shiwashnee, trois ans,n?a pas survécu
Par
Partager cet article
Shiwashnee, trois ans,n?a pas survécu
La liste des victimes de l?incendie de Circonstance, Saint-Pierre, s?est allongée cette semaine. La petite Shiwashnee, âgée de 3 ans, est morte de ses brûlures, mardi matin, alors qu?elle était hospitalisée au service des grands brûlés de l?hôpital Victoria, à Candos. Son jeune frère, Jayen (14 mois) et sa s?ur Nundini (4 ans) avaient déjà péri dans l?incendie qui avait ravagé leur maison, dans la nuit du 17 novembre dernier.
Leur père, Jaganaden Virahsawmy, qui avait été, dans un premier temps, accusé d?être à l?origine du sinistre, a été relâché sous caution, mercredi, après sa comparution devant le tribunal de Mapou.
C?est une lampe en terre cuite, restée allumée pendant la nuit, et placée sur une étagère mal fixée, qui aurait été à l?origine du drame. L?incendie s?est propagé à une vitesse fulgurante dans la chambre des enfants alors que tous dormaient.
Seules trois des cinq enfants ? Benita (8 ans), Darshinee (7 ans) et Shiwashnee ? ont pu s?enfuir. Portant de graves brûlures sur tout le corps, ces dernières avaient été admises d?urgence au service des grands brûlés de l?hôpital Victoria. L?examen post-mortem de Jayen et de Nundini, pratiqué par le docteur Sudesh Kumar Gungadin sur les deux premières victimes, avait révélé la présence de pétrole sur leurs vêtements.
<B>Brûlée sur l?ensemble du corps</B>
C?est cet élément troublant qui avait conduit la Major Crimes Investigation Team (MCIT) à arrêter le père des enfants, Vicky Virahsawmy. La MCIT devait affirmer le lendemain que le suspect était passé aux « aveux » et qu?il avait mis le feu à la chambre de ses enfants parce qu?il n?aurait plus supporté de les voir vivre dans la misère. Vicky est cependant revenu sur ses « aveux », déclarant avoir été victime de brutalités policières.
Shiwashnee, ainsi que ses deux autres s?urs, avaient été hospitalisées peu après avoir été évacuées de la maison en proie aux flammes. L?état de santé de Shiwashnee était jugé plus sérieux que les autres, puisqu?elle était brûlée sur l?ensemble du corps. L?autopsie, pratiquée par le docteur Sudesh Kumar Gungadin, Principal Police Medical Officer, a attribué la cause du décès à une septicémie. Les obsèques de la jeune victime ont eu lieu mardi, sous forte présence policière. Jaganaden avait en effet été autorisé à assister aux funérailles de sa fillette. C?est donc les menottes aux poignets qu?il est venu lui rendre un dernier hommage. Une foule importante, composée de proches et d?amis de la famille Virahsawmy, avait fait le déplacement à cette occasion.
Jaganaden a été relâché le lendemain, après avoir fourni une caution de Rs 300 000 et signé une reconnaissance de dette de Rs 1 million. Il a retenu les services de Mes Siddhartha Hawoldar et Devina Deonarane. Jaganaden maintient les accusations de brutalités policières dont il aurait été victime alors qu?il était en détention. Il allègue avoir été roué de coups par les policiers chargés de son interrogatoire. Les enquêteurs, a-t-il déclaré dans une déposition, l?auraient forcé à s?allonger nu sur une table avant de l?immobiliser. Un policier lui aurait par lui suite donné des coups sur la plante des pieds avec un morceau de bois. Et c?est pour mettre fin à ces « tortures », explique-t-il, qu?il aurait avoué être l?auteur de l?incendie qui tué trois de ses cinq enfants.
Ces allégations ont été réfutées par le surintendant de police Prem Raddhoa, responsable de la MCIT, qui affirme, quant à lui, que le deuxième exercice d?interrogatoire a été filmé.
Les proches de Jaganaden ont retenu les services du docteur Amah Charya Gujjalu, médecin légiste à la retraite exerçant désormais dans le privé. Le praticien avait tenté, une première fois, d?examiner Jaganaden, mais s?était vu signifier un refus par les membres de la MCIT. Il a pu examiner le père des enfants mercredi.
Publicité
Publicité
Les plus récents