Publicité
The Shield dépeint l?Amérique «incorrecte»
Par
Partager cet article
The Shield dépeint l?Amérique «incorrecte»
Située dans les quartiers chauds de Los Angeles, The Shield, fiction policière est un succès aux Etats-Unis. La première saison de la série est proposée aux abonnés de Canal+, les samedis à 21h00. De par son ultraréalisme, elle a révolutionné le genre et battu des records d?audience aux Etats-Unis.
Le public américain est soudain sorti de sa torpeur en mars 2002 en découvrant les treize premiers épisodes de The Shield. Michael Chiklis, dans le rôle du flic Vic Mackey, et sa bande d?enquêteurs «super ripoux» ont fait exploser l?audience, avec 4,8 millions de téléspectateurs dès la première saison. Alors que la plupart des annonceurs avaient, au départ, décidé de la boycotter en raison de sa réputation «sulfureuse», la série fut saluée à la fois par la presse, qui attribua un prix à Michael Chiklis, et les professionnels d?Hollywood, qui décernèrent à The Shield le Golden Globe de la meilleure série américaine.
Après avoir fait quelques apparitions dans des séries comme Miami Vice, La Loi de Los Angeles, Murphy Brown et Seinfeld, Michael Chiklis, aux faux airs de Bruce Willis, est propulsé au rang de vedette. Il reconnaît «avoir tout fait» pour obtenir ce rôle. «Le personnage de Vic Mackey casse toutes les conventions. Il bafoue les règles qu?il est censé faire respecter. Il peut être votre meilleur ami mais, en tant qu?ennemi, c?est l?enfer !», dit-il.
Violente, provocatrice, glauque, sombre, décalée et surtout politiquement incorrecte dans l?Amérique de George W. Bush, la série dépeint l?horreur de la vie quotidienne de Farmington District, le commissariat d?un quartier chaud de Los Angeles, véritable nid de flics pourris et corrompus.
A leur tête, Vic Mackey, chef de la brigade de choc - «the strike team» -, transgresse tous les codes de la moralité personnelle et professionnelle pour «nettoyer» à sa manière la jungle urbaine de Los Angeles. Pour lui, la fin justifie les moyens. Il manipule et maquille les faits pour se tirer d?affaire sous l??il désapprobateur, mais résigné, de son patron, le capitaine Aceveda.
Souvent à l?étroit dans les studios de Sony Pictures, où sont tournés la plupart des épisodes, les différents réalisateurs descendent souvent dans les rues de Los Angeles pour filmer quelques scènes «caméra à l?épaule». Michael Chiklis reconnaît improviser parfois les scènes pour les rendre plus réalistes. «Nous ne faisons pas dans la moralité, c?est l?un des aspects positifs de cette série,» confie l?acteur. «Depuis des années, nous avons été habitués à appréhender les fictions d?une certaine manière où le Bien triomphait du Mal. Or, avec le succès de certaines séries comme Les Sopranos, nous pouvons désormais présenter une vision plus ambiguë, plus réaliste des personnages.»
Shawn Ryan, producteur et créateur de la série, explique de son côté qu?il «n?a pas de tabous». «Les épisodes parlent de drogue, de prostitution, d?infanticides, d?assassinats, bref, de tout ce que les policiers de Los Angeles côtoient et traquent tous les jours. Une proximité qui, parfois, peut pousser certains à devenir eux-mêmes les criminels qu?ils pourchassent.»
L?équipe de scénaristes n?est d?ailleurs pas allée très loin pour créer les personnages de la série. The Shield s?inspire en effet d?un scandale qui, en 1999, a éclaboussé le Crash, un corps d?élite de la police de Los Angeles, le LAPD. A l?époque, l?enquête menée par le FBI avait mis en cause plusieurs dizaines de policiers du commissariat de Rampart, un quartier de la ville à forte majorité hispanique, pour tentative de meurtre, arrestations arbitraires, trafic de drogue et faux témoignages.
Daniel PSENNY
@ Le Monde 2004
distribué par The N. Y. Times Syndicate
Publicité
Publicité
Les plus récents