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Shakti Callikan : « Stop à la violence »
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Shakti Callikan : « Stop à la violence »
Une petite étape sur le long chemin de l?émancipation féminine. Mais une étape qui mérite d?être saluée. « Si les journaux rapportent des cas de violence domestique, combien d?autres encore sont tabassées mais se taisent ? » s?exclame, indignée, Shakti Callikan. La responsable de la campagne d?Amnesty International, «Stop à la violence», est catégorique : il faut se soucier de la façon dont on traite les victimes.
« Cette campagne va servir pour le long-terme. Beaucoup de travail doit être fait en terme de la prise en charge des victimes. On va soumettre un rapport qui fait l?état des lieux de la situation pour démontrer les lacunes du système et offrir des suggestions. » Shakti revient tout juste de ses études en France et déjà, à l?étranger, elle était bénévole pour la commission d?Amnesty International à Paris I. La jeune femme est convaincue que « le gouvernement devrait allouer un budget plus important pour les structures qui s?occupent des femmes. Il est fondamental que les policiers passent par une formation spéciale pour encadrer les femmes qui sont victimes de la violence chez elles ».
Les lois existantes, explique-t-elle, devraient être appliquées plus rigoureusement. « Il faut absolument que les Protection Orders soient respectés car, dans la pratique, les hommes n?ont pas peur de la loi et les femmes n?ont pas l?impression que la protection est réelle. »
GRANDE PREMIÈRE
Parlant des activités d?Amnesty, elle explique que « c?est une organisation qui se bat pour les droits de l?Homme dans le monde entier. La grande première de cette année est qu?Amnesty milite dans les pays où elle est implantée. » En effet, par peur des représailles contre ses activistes, l?association avait toujours comme philosophie de décrier les injustices à l?étranger. Par exemple, le sort des enfants au Sierra Leone. Et cette année, changement de politique. Ce qui n?est pas pour déplaire à Shakti. « Il faut donner aux gens l?opportunité de s?activer, de se battre », lance-t-elle.
« A Maurice, les gens ne semblent pas vraiment convaincus que les femmes sont égales aux hommes. Je ne demande pas à tout le monde d?être des militants chevronnés mais il est impératif que la société décide que ce problème est tellement grave qu?il mérite une politique de zéro tolérance. »
PLUS D?UN MILLIER D?EMPREINTES
« Stop à la Violence » , continuera à travers l?île jusqu?au 10 décembre. La semaine dernière, l?équipe était à l?Université de Maurice et hier, elle se trouvait au Caudan Waterfront.
Lors de la campagne à l?université de Maurice, les activistes d?Amnesty ont pu recueillir plus de 1200 empreintes de mains témoignant de la détermination des étudiants à mettre une fin au fléau de la violence domestique.
L?association va continuer avec son projet de mettre sur pied des clubs dans les écoles et les collèges afin d?y organiser des débats. Amnesty veut ainsi conscientiser les écoliers car « la violence se transmet de génération en génération et il faut casser ce cycle ».
Et Shakti précise que « les gens doivent comprendre que les changements de société passent par eux ». A bon entendeur?
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