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Sexe, drogue et... guacamole

12 mars 2007, 00:00

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... Ou pizza, ou hamburger, ou concombre. Selon une étude de l?Université Yale, la nourriture peut créer une aussi forte dépendance que la drogue ou le sexe.

Dans le cerveau humain, l?hormone principalement responsable de la faim touche les mêmes centres du plaisir que la marijuana ou la cocaïne, dit le Dr Tamas Horvath, directeur de la section de médecine comparée à l?Université Yale. ?Et quand on y pense, il est essentiel qu?on soit accro à la nourriture, dit le Dr Horvath. Sinon, on mourrait.?

L?étude, financée en partie par le Conseil de recherche en sciences naturelles et en génie du Canada, paraîtra aujourd?hui sur le site du Journal of Clinical Investigation.

Le Dr Horvath a découvert chez les rats que la ghréline ? une hormone sécrétée par l?estomac pour nous inciter à manger ? agit sur une partie du cerveau associée au plaisir.

Cette région cérébrale, l?aire tegmentale ventrale (ATV), se trouve au bas du cerveau et produit la dopamine. ?C?est la partie du cerveau responsable du désir pour à peu près tout : la nourriture, le sexe, la drogue?, dit le Dr Horvath, vétérinaire spécialiste du cerveau. ?Nous disons qu?une composante importante de l?alimentation est cette zone du cerveau associée aux récompenses.?

Quand Horvath et ses collègues ont ajouté de la ghréline à l?ATV du cerveau des rats, les rongeurs ont mangé davantage. Et quand ils ont injecté des produits chimiques qui entravent les récepteurs des cellules de l?ATV auxquelles la ghréline s?attache, les rongeurs mangeaient moins.

Le Dr Horvath dit qu?un mécanisme d?accoutumance se serait développé dans notre cerveau pour nous inciter à nous procurer de la nourriture. ?C?est moins vrai de nos jours, quand on n?a qu?à ouvrir le réfrigérateur, mais en tant qu?animaux, il faut que nous soyons motivés à sortir pour trouver de la nourriture, dit-il. Ce mécanisme de récompense nous rend donc plus aptes à survivre.?

La découverte pourrait mener à de nouveaux traitements pour l?alimentation compulsive, ou même pour combattre les fringales, dit le psychologue Alfonso Abizaid, de l?Université Carlton, qui a participé à l?étude. Il dit que la compréhension du mécanisme neurologique pourrait déboucher sur la mise au point de médicaments qui interfèrent avec celui-ci, ce qui ajouterait une arme de plus dans la lutte contre l?obésité.

Le Dr Horvath dit qu?une nouvelle pilule amaigrissante - le rimonabant, déjà utilisé en Europe comme traitement contre l?obésité ? agit sur l?ATV du cerveau.

Rémi Quirion, directeur scientifique des Instituts de recherche en santé du Canada, trouve l?étude ?intéressante? et dit qu?elle ajoute un élément important à notre compréhension de l?obésité. ?Bien sûr, ce n?est pas la seule cause de l?obésité, dit Quirion, spécialiste du cerveau à l?Université McGill. Mais c?est un morceau de plus dans le puzzle de la dépendance à la nourriture.?

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