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SES MÉTHODES

21 janvier 2006, 20:00

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lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

Hurrydeo Raddhoa a du flair et l?a démontré dans le cas d?Ouma Ujoodha. Trois ans après la disparition de la mère de famille, il a arrêté l?époux qui a finalement avoué, sur les conseils de son avocat, Zakir Mohamed, avoir tué sa femme et dissimulé son cadavre dans leur fosse septique à Bonne-Terre.

Par la suite, son équipe a brillé dans le meurtre de Nisha Veeranah. Yessoo, l?étudiant en médecine, a reconnu avoir assassiné sa femme et caché son corps dans une tombe au cimetière de St.-Martin.

Mais il y a le revers de la médaille. Raddhoa et ses hommes traînent une réputation de flics brutaux. Rama Valayden l?a déclaré en prime time à la télévision en début d?année.

Pour l?Attorney General, Raddhoa serait un flic parfait si on « minus B ». Le B étant le diminutif de brutalité. Au Parlement déjà , en octobre, Rashid Beebeejaun, alors Premier ministre suppléant a indiqué que cinq cas de brutalité ont été rapportés contre les hommes de cet officier depuis son retour à la Criminal Investigation Division (CID) de Curepipe, le 8 août 2005.

Il y a également le ruling rendu par le magistrat Benjamin Marie Joseph en mai, deux mois avant le retour en grâce de Raddhoa à la police. Ce magistrat de la cour intermédiaire a reconnu que les hommes à la CID de Curepipe, sous sa direction en 2000, ont passé à tabac Richard Larhubarbe lors de son arrestation.

C?était en 2000, dans le cadre de l?enquête sur le meurtre de Josiane Cheniard. Un suspect qui s?agenouille et implore le pardon et qui supplie la police d?écouter sa confession ? Le magistrat Joseph n?a pas gobé la version de Raddhoa.

Le suspect n?a pas été emmené au poste pour interrogatoire mais à différents endroits. On l?a même transporté chez lui pour prendre une douche et se changer?

Le mode opératoire ressemble à celui dénoncé par le suspect du meurtre de Vanessa Lagesse, Bernard Maigrot. Dans un procès en réclamation de Rs 150 millions qu?il intente au policier, l?ancien amant de la styliste dit avoir été embarqué le 23 avril 2001 pour le poste de Midlands qui n?était, alors, pas encore opérationnel.

Sur place, dit-il, il a été frappé à l?estomac et au sexe avant que l?on ne lui mette la tête dans un récipient d?eau. Dans sa plainte, Bernard Maigrot accuse Raddhoa d?avoir falsifié le Diary Book de la CID de Curepipe.

Ces sévices ont été évoqués l?année dernière lors de l?enquête préliminaire sur le meurtre de Vanessa Lagesse. Le rapport du Dr Satish Boolell faisant état de testicules gonflés et d?ecchymoses sur l?accusé a été produit.

Comme Maigrot, onze autres personnes interrogées dans l?affaire Lagesse, à l?instar de Maurice et Josiane Tostée ? la mère et le beau-père de la victime ? de même que Martine Desmarais n?oublieront jamais leur folle virée avec l?équipe de Raddhoa.

Après les proches de Vanessa Lagesse, des membres présumés de l?Escadron de la mort se sont plaints de brutalité. Cehl Meeah n?oublie pas non plus tout ce qu?on lui aurait fait subir.

Avec le retour de Raddhoa à la MCIT après les élections de juillet, les plaintes se sont succédé. En rouvrant l?enquête du hold-up de la MCB, outre Vinessen Subbaroyan, (voir plus haut), son frère, Vissen, et son père, Devananda, ont accusé la MCIT de les avoir torturés.

Admis à l?hôpital, victime d?une inflammation à l?oreille, Devananda dit avoir été soumis à une séance de questions-réponses à l?électricité. Dans cette même affaire, le chauffeur de taxi Saïd Lallmamode, en passant par le suspect Mithil Sotrooghan, disent avoir été forcés à faire des confessions sous contrainte.

Mode d?emploi : on leur a placé une cagoule sur la tête et ils ont goûté à la matraque. Sotrooghan alimente le récit de son calvaire en expliquant : « Zot inn bater pou pa less tras, zot ine poz lanuer lor mwa », tandis que Lallmamode affirme qu?on lui a refusé ses médicaments pour traiter son diabète deux jours durant.

La dernière plainte en date contre la MCIT vient d?Ashwin Ramgotee, neveu de Rajesh Ramlogun, qui déclare avoir été torturé sur son lit d?hôpital la semaine dernière. En présence de Raddhoa, dit-il, un policier a mis son doigt dans sa plaie et lui a donné des claques pour qu?il parle.

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