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Sept ans après, Gore prend sa revanche sur Bush
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Sept ans après, Gore prend sa revanche sur Bush
Le prix Nobel de la Paix reçu vendredi par Al Gore prend l?apparence d?une revanche sur George Bush, dont la politique en matière d?environnement est critiquée dans le monde entier, et d?une consolation pour l?ancien vice-président démocrate, sept ans après sa défaite contestée lors de la présidentielle 2000.
A l?inverse, cette récompense est un camouflet pour l?actuel président républicain, qui a longtemps contesté la réalité même du réchauffement climatique et le lien entre ce phénomène et l?activité humaine.
?La distinction accordée par le comité Nobel au vice-président Gore ne rend que plus visible la vérité qui dérange le plus : le fait d?avoir choisi George Bush comme président a mis en danger la paix et la prospérité de la planète entière?, a estimé John Edwards, candidat démocrate à l?investiture de son parti pour la présidentielle de 2008.
Depuis que Bush est au pouvoir, c?est la deuxième fois que le prix Nobel de la Paix va à un démocrate de premier plan. En 2002, il avait été attribué à l'ancien président Jimmy Carter, salué à l?époque pour son engagement contre la guerre en Irak, alors encore au stade des préparatifs.
Al Gore, qui avait en 2000 remporté le plus de voix au plan national mais avait perdu la bataille du décompte des voix en Floride, peut aussi voir dans son prix Nobel la légitimation de ce qu?il a accompli depuis.
Après sa défaite, il s?est mué en militant de la cause environnementale, accumulant les conférences et contribuant au documentaire oscarisé en 2007 Une vérité qui dérange.
Aujourd'hui, il est adulé par de nombreux militants démocrates qui le supplient de se présenter à la prochaine présidentielle. Au fur et à mesure que la stature internationale de Gore s?accroissait, la crédibilité de Bush s?est émoussée du fait de l?engagement américain en Irak et d?autres dossiers, à la fois mondiaux et internes aux Etats-Unis.
Incité à suivre l?exemple
Le président américain doit aujourd?hui faire face à une majorité démocrate résolument hostile au Congrès, à des départs en cascade de ses proches conseillers et collaborateurs et à une cote de popularité qui dépasse à peine les 30 %.
Son action dans le domaine favori de Gore, les changements climatiques, ne lui a de même valu que très peu d?opinions favorables. Bush a notamment refusé de ratifier le protocole de Kyoto, pourtant signé en 1997 par les Etats-Unis, estimant que la limitation des émissions de gaz à effet de serre pénaliserait injustement l?industrie américaine face à l?Inde et la Chine.
Même en reconnaissant la responsabilité humaine dans le réchauffement climatique, il peine à s?attirer la confiance des écologistes, qui critiquent son refus d'accepter des objectifs communs de réduction des émissions. Bush privilégie l?option consistant pour les gouvernements à s?astreindre des objectifs volontaires, généralement moins contraignants.
Vendredi, la Maison-Blanche a félicité Al Gore et le GIEC, tandis que le président du comité Nobel précisait que la récompense ?n?était jamais destinée à critiquer qui que ce soit?.
Gore s?est lui-même fréquemment chargé de critiquer George Bush, qu?il a incité le mois dernier à suivre l?exemple de son prédécesseur républicain Ronald Reagan, lequel avait soutenu les efforts mondiaux de protection de la couche d?ozone.
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