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Selon le ?Washington Post?, les Etats-Unis planifiaient une guerre en Iran dès 2002

17 avril 2006, 00:00

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Lors que George W. Bush et le chef du Pentagone, Donald Rumsfeld, ont nié ces derniers jours que l?armée américaine travaillait à un plan d?intervention contre l?Iran, l?analyste militaire William Arkin révèle dans le Washington Post d?hier que divers scénarios sont à l?étude depuis 2002, et surtout 2003, soit avant même le début de la guerre en Irak. Auraient été envisagés des attaques au missile, une invasion terrestre et un déploiement naval pour contrôler le détroit d?Ormuz.

Citant les nombreux contacts noués depuis vingt ans au sein de l?armée, Willam Arkin indique que l?opération a été confiée en 2002 au général John Abizaid, entre-temps nommé chef du Commandement central américain (Centcom).

Le projet TIRANNT, un acronyme pour ?Theatre Iran Near Term? (théâtre iranien à l?approche de son échéance) aurait plus sérieusement démarré en mai 2003, lorsque les services de renseignement rassemblèrent toutes les données nécessaires à des scénarios de guerre en Iran.

<B>Neutraliser les armes</B>

Le plan incluait une analyse détaillée de l?arsenal de missiles de l?Iran et un plan d?attaque pour neutraliser les armes de destruction massive iraniennes, précise M. Arkin.

Les Américains et les Britanniques s?étaient préparés à l?opération en participant à un exercice militaire dans la mer Caspienne, selon l?analyste.

Depuis lors, ce plan a été actualisé en se servant d?informations recueillies en Irak, précise M. Arkin. Des plans d?attaque de la défense aérienne iranienne ont été élaborés, la défense côtière du pays étudiée, en même temps que des scénarios pour garder le contrôle du détroit d?Ormuz, par où transite le pétrole du Golfe.

Des projets visant à stabiliser le pays après la chute de la République islamique ont également été mis à l?étude, selon l?analyste.

<B>© 2006 Le Monde

(Distribué par The New

York Times Syndicate) </B>

APPEL À DÉMISSION

<B>Le général Myers prend la défense de Rumsfeld</B>

■ Les appels lancés par d?anciens généraux de l?armée américaine à la démission du secrétaire à la Défense Donald Rumsfeld sont inopportuns, a estimé samedi le général Richard Myers, ancien président de l?état-major interarmée. Six anciens généraux, auxquels s?est joint samedi Wesley Clark, l?ancien commandant des forces de l?Otan, ont réclamé la départ de Rumsfeld. Ces généraux en retraite, dont certains ont commandé des troupes en Irak, l?accusent d?arrogance et d?indifférence à l?avis des commandants opérant sur le terrain. ?Je ne pense pas qu?il nous appartienne, que nous soyions en uniforme ou retirés du cadre d?active, de prononcer pareils jugements. Ce n?est pas le rôle de l?armée?, a dit le général Myers sur la chaîne de télévision Fox News. ?Ils peuvent certainement le faire. C?est leur droit de le faire. Mais je pense que c?est inopportun.?Interrompant vendredi son week-end pascal, le président George Bush a réaffirmé son soutien à Rumsfeld en saluant sa ?direction énergique et constante.?,

Mais pour Wesley Clark, candidat des primaires démocrates en 2004, l?accusation portée par ces anciens généraux contre le patron du Pentagone est grave.

CONSÉQUENCES

<B>Prêt à riposter</B>

■ Deux anciens spécialistes du Conseil national de sécurité américain ont averti hier dans le ?New York Times? qu?une intervention militaire contre l?Iran serait plus dommageable aux intérêts américains que la guerre en Irak, et déboucherait sur ?un processus d?escalade?. Richard Clarke et Stevens Simon, chargés de coordonner la lutte contre le terrorisme sous les administrations Clinton et Bush, estiment que la République islamique pourrait s?attaquer aux installations pétrolifères et aux tankers, ce qui ferait bondir les prix du pétrole au-dessus des 80 dollars le baril. Elle pourrait aussi utiliser son réseau terroriste pour s?en prendre à des cibles américaines dans le monde entier, y compris aux Etats-Unis. ?L?Iran dispose de forces de loin supérieures à celle d?Al-Qaida?, et ?l?organisation terroriste libanaise du Hezbollah a une dimension mondiale et a été dans le passé un instrument de l?Iran?, relèvent les deux experts. Selon eux, l?Iran pourrait encore compliquer la situation en Irak.?La brigade Badr et d?autres milices chiites pourraient lancer une campagne plus meurtrière contre les troupes américaines et britanniques. Il y a tout lieu de croire que l?Iran est prêt à une riposte.?

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