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Seize bougies pour les gars de la marine

2 août 2003, 20:00

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Jeudi matin, très tôt, une déferlante blanche a gagné le Quai A. L?esprit est comme le ciel, encore brumeux, mais qu?importe ! Aujourd?hui est un jour pas comme les autres. Les garde-côtes s?apprêtent à fêter un anniversaire. En effet, en ce 24 juillet, la National Coast Guard (NCG) souffle ses seize bougies. Seize ans depuis que l?effectif qui se monte actuellement à 758 hommes, pratique la surveillance maritime, accomplit des sauvetages en mer, effectue des contrôles de pollution, lutte contre la contrebande et le trafic de drogue.

Bien sûr, les marins se sont mis sur leur trente et un pour l?occasion. Sanglés dans leur uniforme immaculé, la coupe au carré, la casquette bien vissée, on dirait des militaires. Droits comme un i, alignés de façon impeccable, le regard tendu vers l?avant, rien ni personne ne peut les faire broncher. On ne badine pas avec le cérémonial.

En face d?eux, sous une tente verte, de nombreuses personnalités et surtout des parents des garde-côtes, venus en foule pour marquer l?événement. Femmes et enfants, mères et pères ont les yeux rivés sur les troupes. Chacun essaie de repérer le sien. L?émotion est grande lorsque les tambours se mettent à battre et que les garde-côtes commencent la parade. Salut, garde-à-vous, demi-tour, arrêt, ces man?u-vres enthousiasment les spectateurs, surtout les petits garçons ? particulièrement admiratifs et sensibles au prestige de l?uniforme.

Derrière les rangs de garde-côtes, le décor est impressionnant. Le patrouil-leur Guardian est paré de drapeaux officiels, hauts en couleur, signes d?un événement important. Des voix au micro annoncent d?abord en anglais, puis en français qu?il faut se mettre debout lorsque les officiers qui tiennent des drapeaux colorés s?avancent sur le quai. Ces couleurs régimentaires ont une origine historique. Depuis des siècles, elles facilitent la distinction entre les unités et servent de signes de ralliement pendant une bataille navale.

Patrouilleurs et vedettes filent devant nous

Le commandant Hampiholi s?avance. Il est à la tête de la National Coast Guard. On n?attend plus que l?arrivée du commissaire de police. Pour nous faire patienter, deux charmantes voix nous expliquent le sens des armoiries de la NCG. « Ladies and gentlemen, sur les armoiries de la NCG, l?étoile et la clef symbolisent le rôle historique de Maurice dans l?océan Indien. Le sextant représente la navigation en mer. L?ancre est le symbole de la solidarité et de la réalité des marins. L?hippocampe signifie la vigueur, la vivacité et la beauté. »

Enfin, le commissaire de police, Ramanoj Gopalsing, apparaît. Il est accueilli par le commandant Hampiholi. Il passe les troupes en revue au rythme de By Land and Sea, que joue l?orchestre de la police placé sous la direction du Chief Inspector Lindsay Descubes. À la fin du défilé, il prononce un discours qui retrace les grands moments de la NCG. Sous les ordres de leurs officiers, les garde-côtes font le tour du quai au pas cadencé avant de rompre les rangs pour laisser la place à la deuxième partie de la cérémonie.

Show devant ! Après les hommes, c?est la flottille de la NCG qui entre en jeu. Les patrouilleurs et les vedettes filent devant nous, provoquant des remous dans la rade. Le Vigilant, le Rescuer, le Retriever, l?Observer, des navires dont le nom indique la fonction au cours d?opérations de surveil-lance, de protection de l?environnement, de secours etc.

L?Observer est venu renforcer la flotte mauricienne en avril 2001. Les trois canots gonflables à quil-le rigide (Reinforced Hull Inflatable Boats) servent aux sauvetages en mer. On utilise les bateaux du type Rover pour les patrouilles dans le port et le lagon. Deux autres canots pneumatiques permettent de transporter le personnel et de patrouiller dans la rade et près du rivage.

Les frissons sont au rendez-vous

Surprise ! Le vrombissement d?un hélicoptère se fait entendre. On assiste alors à un défilé aérien. Le Dornier, premier appareil de l?escadrille aéronavale, est arrivé à Maurice en juin 1990. Il est piloté par le Deputy Assistant Superinten-dant of Police Choonka, premier Mauricien qualifié pour être aux commandes de ce type d?appareil. L?hélicoptère Chetak effectue devant nous un exercice d?évacuation. Les frissons sont au rendez-vous lorsqu?au moyen d?un harnais, il récupère un homme tombé dans la mer qui doit être transporté à l?hôpital.

Pas de démonstration complète sans la Beach Bike Patrol, lancée en juin 2000. Ils sont 45 à patrouiller à bicyclette sur nos plages ? Grand-Baie, Mon-Choisy, Flic-en-Flac, Belle-Mare et Blue-Bay.

Ils assurent la protection des touristes et des Mauriciens. Deux d?entre eux simulent une opération de sauvetage.

La cérémonie tire déjà à sa fin. Mission accomplie pour ces hom-mes qui ont donné un bel aperçu de leur quotidien. Les invités se dirigent alors vers une autre tente où les attend une collation. Les garde-côtes au repos ? bien mérité ? et leurs proches immortalisent l?instant sur la pellicule. Ils vont se changer et reviennent habillés en civil tandis que d?autres vont continuer le service.

Corina JULIE

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