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Sean Ramdin coupable d?outrage au juge Sik Yuen

7 juin 2006, 00:00

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Le procès de Sean Ramdin s?est poursuivi hier en cour intermédiaire. Vendredi déjà, il avait plaidé coupable des deux chefs d?accusation retenus contre lui : diffamation et l?envoi au bureau du Premier ministre, le 20 mars, d?un courrier contenant des propos outrageants à l?encontre du senior puisne judge (SPJ) Bernard Sik Yuen. À la barre, il a raconté les circonstances et les éléments de ses agissements, précisions qu?il n?avait pas confiées à la police. Ramdin a révélé qu?il détient une maîtrise en multimédia interactif, qu?il est un human interaction computer officer et qu?il est membre du conseil régional Harringey Council en Angleterre. Son travail consiste à analyser le comportement des enfants pour développer des sites Internet éducatifs.

Sean Ramdin a avoué qu?il a créé le site Internet www.Baroda.Us mais que, conscient après coup du tort qu?il a fait, il l?a désactivé. Toutefois, a-t-il déclaré, il ne peut neutraliser deux autres sites, toujours en activité, qui reprennent les propos de son propre site. Il a cependant promis de tout mettre en ?uvre pour les bloquer en utilisant ses codes à Londres, où il réside. Il a expliqué l?origine de ses déboires. Le comptable de son père aurait relevé des irrégularités dans son compte bancaire. Ce dernier aurait alors engagé une bataille juridique contre la banque pendant 12 ans mais il n?a pu, semble-t-il, récupérer l?argent perdu. En fin de compte, il aurait perdu sa maison.

Son père, raconte Sean Ramdin, n?avait pu honorer son engagement relatif à un emprunt de Rs 5 millions, contracté auprès de la banque Baroda. Sa santé se serait graduellement détériorée par la suite. Il lui aurait alors demandé son aide pour créer un site Internet. ? Il savait que je travaillais dans l?informatique. C?est lui qui a fourni le contenu du site, de même que les photos.? Les utilisateurs pouvaient aussi y laisser leurs propres commentaires.

?Plus il était joyeux, plus cela me rendait heureux. Je croyais qu?aider mon père était une bonne chose, mais j?ai été malavisé et j?ai été naïf. Je suis désolé. Jamais je n?aurais pensé que mes actes allaient blesser sa Seigneurie car j?étais momentanément aveuglé par mon père. J?ai réalisé que les allégations portées contre le SPJ étaient mal et que ce n?était pas bien de ternir sa réputation?, regrette Ramdin, en larmes. Appelé aussi à témoigner, le responsable de l?enquête, le chef inspecteur John Ramasawmy du Central Criminal Investigation Department a expliqué que le SPJ Sik Yuen a informé, par courrier, le commissaire de police de l?existence d?un site Internet contenant des éléments préjudiciables à son égard. La section informatique de la police a téléchargé, sur 72 pages, le contenu du site en question, lequel pouvait laisser croire que l?auteur était la banque Baroda.

Le témoin a aussi raconté que les préposés de la banque, interrogés par la police, ont nié qu?il s?agissait du site officiel de l?établissement. Depuis, dit-il, le site a été désactivé. Toutefois, deux autres sites sont toujours disponibles sur le Net et contiennent des allégations de Sean Ramdin contre le SPJ Sik Yuen.

Lors de sa plaidoirie, Me Siddhartha Hawoldar a soutenu que la lettre de Ramdin adressée au bureau du PM, ne relève pas d?une intention malveillante mais d?une demande pour une enquête à partir d?informations reçues par son client. Il s?est prononcé en faveur d?une amende au lieu d?une condamnation à la prison. L?avocat du parquet, Me Rajesh Ramloll, s?est, lui, dit convaincu que les faits reprochés à l?accusé constituent une attaque contre le service judiciaire quant à son intégrité. Il a ainsi requis une sentence en conformité avec la gravité du délit, rappelant que la loi prévoit une peine maximale de cinq ans de prison pour ce genre de méfait. La cour a jugé Sean Ramdin coupable. Mais les magistrats Nicolas Ohsan-Bellepeau et Shammen Hamuth Laulloo feront connaître demain la peine qu?ils infligeront à l?accusé.

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