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Se souvenir des belles choses

10 décembre 2005, 20:00

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Se désintoxiquer de son ex. Qui n?y a jamais songé ? Et si un philtre d?oubli pouvait permettre de se reconstruire après une rupture ? Grâce à un scénario absolument déjanté et inédit, signé Charlie Kaufman et mis en scène par Michel Gondry, Eternal sunshine of the spotless mind, propose un pot-pourri de souvenirs amoureux et une incursion surréaliste dans la tête d?un homme encore amoureux de son ex. Clémentine (Kate Winslet) a décidé de quitter Joel (Jim Carrey) et le fait effacer de sa mémoire, grâce au procédé Lacuna. Pour surmonter cette trahison inattendue, Joel (Jim Carrey), en manque total d?elle, décide de faire comme elle et d?avoir également recours au procédé Lacuna. Plongé dans un sommeil comateux, son cerveau résiste et se révolte. Entre l?amour et la mort, l?amour et le vide, Joel va devoir choisir. Il comprend enfin pourquoi Clémentine est la femme de sa vie. Mais n?est-il pas trop tard ?

Michel Gondry mène sa barque à deux niveaux interactifs : à la surface du sommeil et dans les profondeurs du cerveau. Sous le crâne du patient, c?est la tempête, le tourbillon de la vie. De l?autre, la machine infernale décrypte la relation entre Joel et Clémentine.

Construction décalée

Joel est un homme taciturne et mélancolique. Clémentine est une jeune femme faussement bien dans sa peau. Pour conjurer son angoisse, elle a recours à une fantaisie. Elle alterne la couleur de ses cheveux, en se faisant pas moins d?une dizaine de colorations pendant les douze mois que dure son histoire avec Joel. Le couple passe ainsi de l?amour à l?usure, de la tendresse à l?exaspération mutuelle.

Affranchi de la chronologie, Eternal sunshine of the spotless mind, propose un voyage intérieur, dans le cerveau du héros, en créant l?illusion de tout ce qu?il a vécu avec sa belle, en se jouant des convenances visuelles. Pendant que les techniciens de service s?attèlent à effacer bout à bout, la mémoire de Joel, les trois étudiants -Mark Ruffalo, Elijah Wood et Kirsten Dunst- qui travaillent sur son cerveau, font la fête.

Fort d?une distribution de qualité, de ses trouvailles cinématographiques astucieuses et d?une construction totalement décalée, ce film est un beau bric-à-brac. Le titre du film est emprunté aux paroles du poète anglais Alexander Pope. Dans le film de Michel Gondry, le temps sert au contraire à retrouver le reflet intact de l?amour enfoui dans les plis et les replis de la mémoire. Mais le film est aussi une belle ode à l?amour, au désir, à travers un éclat de rire ou un geste de tendresse.

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